Stéphane Waite peut aller se coucher en petite boule dans son lit.
David Savard vient de épondre à l'ancien coach de Carey Price de la façon la plus claire... et la plus directe possible...
Ouch.
Hier, Waite avait provoqué une onde de choc chez les partisans des Canadiens de Montréal en s’attaquant frontalement à Jakub Dobeš. L’ancien entraîneur des gardiens du CH n’y était pas allé avec le dos de la cuillère, affirmant que le jeune gardien allait beaucoup trop loin dans son attitude.
« Il y a une ligne entre être confiant et être baveux. Cette ligne-là, il ne faut pas la traverser. À un moment donné, ça va te revenir dans la face », lançait Waite sur les ondes de RDS.
Ce n’était même que le début.
Waite remettait en question la façon dont Dobeš vit émotionnellement les matchs, lui reprochant ses provocations envers le banc des Sabres, ses réactions après les sifflets et son côté démonstratif.
« Il y a probablement des coéquipiers qui n’aiment pas ça. Parce qu’à un moment donné, ça crée des étincelles et ça met de l’huile sur le feu. Comme joueur, c’est toi qui dois aller éteindre les incendies. Ce n’est pas Dobeš qui va aller se battre. Ce sont ses coéquipiers qui vont devoir aller à la guerre pour lui. »
Waite ajoutait même qu’il trouvait le gardien trop théâtral.
« Aussitôt qu’il se fait frôler, il tombe comme si on venait de lui rentrer dedans. À un moment donné, les arbitres vont arrêter de te croire. Quand ça va être vrai, tu ne seras plus crédible. »
Puis il en rajoutait d'un ton encore plus méprisant.
« Garder les buts, c’est déjà assez compliqué. Commencer à jouer ces jeux-là, à un moment donné, ça devient lourd dans ta tête. »
« Un gardien de but ne peut pas traverser cette ligne-là. Tu deviens trop vulnérable et tu donnes énormément de motivation à l’adversaire. »
« Tu es un jeune gardien dans la ligue. Commence pas ça. »
Le problème?
Quelques heures plus tard, David Savard est pratiquement venu démolir toute cette théorie.
Dans sa chronique publiée dans La Presse, l’ancien défenseur des Canadiens, qui a côtoyé Dobeš au quotidien, explique exactement le contraire de Waite.
Et il n’y a aucune ambiguïté dans son message.
« Cette émotion, c’est exactement ce dont il a besoin pour bien jouer », explique Savard.
Pas “malgré” ses émotions.
Grâce à elles.
Voilà toute la différence.
Savard raconte qu’au sein de l’équipe, tout le monde a rapidement compris une chose avec Dobeš : plus ça brasse, plus il embarque émotionnellement dans un match, meilleur il devient.
Quand un joueur essaie de le déranger devant son filet? Il adore ça.
Quand ça pousse après les sifflets? Ça le nourrit.
Quand un gars comme Beck Malenstyn lui rentre pratiquement dedans? Ça ne le sort pas de sa game.
Ça l’y plonge encore plus.
« Il adore ça. Ça lui permet d’être dans son match », explique Savard.
Et c’est là que Waite se fait répondre du tac au tac.
Selon Savard, certains gardiens veulent rester dans leur bulle. Certains préfèrent ignorer le chaos autour du filet.
Dobeš est l’opposé.
« Il n’a pas peur de se défendre lui-même », souligne Savard.
Savard n'a pas accepté que Waite clame que les coéquipiers du gardien étaient irrités par ses agissement.
Dans le vestiaire, personne n’a peur que Dobeš dépasse les bornes ou fasse perdre le contrôle au groupe. Au contraire.
« Ses coéquipiers savent qu’il sera à son mieux dans ces circonstances », réplique-t-il, ajoutant que le gardien inspire énormément de confiance à l’équipe lorsqu’il joue avec cette intensité.
Une autre façon très claire de répondre au commentaire de Waite selon lequel certains coéquipiers seraient « tannés » de son attitude.
Waite lui-même invoquait Carey Price et Patrick Roy pour comparer... et rabaisser Dobes.
« Carey Price pouvait être cocky, mais de la bonne façon. »
« Patrick Roy faisait un clin d’œil, jouait avec les gars, mais il n’allait pas défier le banc adverse. »
Sauf que Savard semble envoyer un message très simple : Dobeš n’a pas besoin d’être Carey Price ni Patrick Roy.
Il a besoin d’être Jakub Dobeš.
Et jusqu’ici, ça fonctionne.
Pendant que Waite critiquait ses émotions, Dobeš venait encore de signer une performance dominante contre les Sabres de Buffalo. Il faisait lever le Centre Bell, frustrait complètement l’adversaire et devenait, encore une fois, le centre de toutes les discussions dans cette série.
Au fond, David Savard vient peut-être de résumer le dossier mieux que tout le monde.
Le problème de Dobeš, ce n’est pas qu’il soit trop émotif.
Le problème pour Buffalo, c’est qu’un Dobeš émotif est peut-être la version la plus dangereuse de lui-même.
Au final, David Savard a remis Stéphane Waite à sa place... et espérons que l'ancien coach des gardiens du CH tourne sa langue sept fois avant de parler à l'avenir.
La réputation de Waite est salie à jamais.
Déjà que sa sortie de lundi avait explosé sur les réseaux sociaux, où plusieurs partisans lui reprochaient d’attaquer inutilement le gardien chouchou du Québec en plein parcours éliminatoire, voilà maintenant qu’un gars qui connaît réellement Jakub Dobeš de l’intérieur vient pratiquement dire le contraire de tout ce qu’il avançait.
Sans le mépris de Waite.
Simplement avec des faits.
Dans la vie, la classe l'emporte toujours sur les mauvaises langues...
