La défaite d'hier fut atroce.
Mais l'entrevue de Phil Danault fut encore pire. On a eu droit à un malaise monumental.
Après une humiliation de 4-0 contre les Hurricanes de la Caroline, après une soirée où les Canadiens de Montréal se sont fait complètement dominer dans leur propre amphithéâtre, où les partisans ont fini par scander « Shoot the puck » tellement le spectacle devenait frustrant, un journaliste québécois a trouvé le moyen de poser ce qui est peut-être la question la plus insignifiante de l’année.
Une question sur… la fête de Jakub Dobeš.
Dans un vestiaire où tout le monde avait l’air vidé, où les joueurs avaient le regard d’une équipe qui venait de comprendre qu’elle était peut-être en train de voir sa saison glisser entre ses doigts, quelqu’un a vraiment demandé à Danault :
« C’était la fête de Dobey aujourd’hui… comment tu te sens pour lui? »
Le malaise. Total.
Même Danault, le plu poli des joueurs, avait l’air de se demander d'où sortait ce journaliste amateur.
Sa réponse disait tout, sans même avoir besoin d’en rajouter.
« La fête à Dobey... Moi aussi, j’en ai déjà perdu des matchs à ma fête. »
Voici l'extrait vidéo tellement ridicule:
Tu viens de perdre un match de finale d’association. Tu te fais complètement marcher dessus à domicile. Ton équipe tire de l’arrière 3-1 dans la série. Et on te demande pratiquement si tu te sens mal d’avoir gâché l’anniversaire du gardien.
Pendant que certaines questions étaient honteuse, au moins, plusieurs joueurs ont affronté la musique avec honnêteté.
Lane Hutson n’a pas tourné autour du pot.
« C’était un match de m...», a-t-il admis sans détour.
Nick Suzuki, lui, avait le regard d’un capitaine qui savait très bien que son équipe venait d’être dominée. Il a reconnu que les Canadiens de Montréal n’avaient tout simplement « pas répondu à l’appel », admettant que le groupe devait être meilleur individuellement, meilleur dans les batailles à un contre un, meilleur dans l’exécution.
Même Jakub Dobeš, le seul joueur qui donnait pratiquement une chance aux Canadiens de Montréal de rester dans le match, refusait de se cacher.
« Je dois être meilleur », a-t-il dit.
Le gardien qui venait de recevoir près de 40 tirs, laissé seul pendant de longues séquences, prenait quand même une part du blâme.
Pendant ce temps, la question qui faisait jaser dans le corridor n’était même pas tactique.
Ce n’était pas sur Martin St-Louis, sur l’absence d’Arber Xhekaj ou sur Brendan Gallagher laissé de côté.
C’était une question sur un gâteau de fête.
Il y a des moments où une conférence de presse devient presque plus malaisante que le match lui-même.
Misère.
