Qui aurait cru, il y a quelques mois à peine, que Christian Dvorak serait propulsé au cœur du top 6 d’une équipe de la LNH?
Et pourtant, voilà l’ancien centre du Canadien de Montréal projeté à la position de deuxième centre des Flyers de Philadelphie, aux côtés de Trevor Zegras et du puissant Owen Tippett. Une configuration pour le moins surprenante… mais qui en dit long sur l’intention de Rick Tocchet, nouvel entraîneur des Flyers.
Selon les trios proposés par DailyFaceoff, le plan est clair : on sépare Matvei Michkov et Zegras, deux jeunes au style flamboyant, pour équilibrer l’attaque.
Tocchet l’a dit dans un balado : il ne veut pas que les deux prodiges (ou joueurs "soft" selon leurs détracteurs) se nuisent.
Surtout après les déclarations de Matvei Michkov comme quoi il détestait le "dump and chase":
« Je préfère transporter la rondelle sous contrôle, faire une passe propre et entrer en zone avec possession. Si tu la dumpes, tu dois aller te battre pour la récupérer…
D’abord, il n’y a aucune garantie que tu vas la reprendre. Ensuite, c’est un hockey épuisant. Tu brûles tellement d’énergie à te battre pour la rondelle qu’il ne t’en reste plus pour l’attaque. »
Le coach a répondu sans détour :
« Tant mieux. Mais faut que tu sois responsable derrière. Si tu veux garder la rondelle, tu dois la protéger. Et si tu la perds, tu dois être le premier à revenir. »
C’est exactement pour cette raison qu’il a choisi de les séparer. Tocchet veut que chacun d’eux soit encadré par un joueur fiable, capable de couvrir les erreurs, de soutenir le repli et d’imposer une structure.
C’est là que Christian Dvorak entre en jeu. Il ne changera pas Zegras, mais il va l’équilibrer. Il ne jouera pas la vedette, mais il va assurer les arrières. C’est tout ce que Tocchet demande.
Dvorak devient alors le bon soldat. Celui qui, malgré son salaire élevé et ses critiques passées, sait faire fonctionner un trio.
Mais ce n’est pas tout : Dvorak aura aussi du temps sur la deuxième vague d’avantage numérique, un privilège rare pour un joueur considéré par plusieurs comme un vétéran en déclin.
Ce n’est plus le Dvorak relégué au quatrième trio ou "pris" en désavantage numérique : c’est un joueur à qui on donne une nouvelle chance de briller. Et cette fois, il compte bien la saisir.
« Je me sentais vraiment à l’aise d’aller à Philly. J’ai toujours aimé jouer ici. Je sentais qu’ils me voulaient beaucoup, ce qui a joué un grand rôle dans ma décision. »
Il n’en fallait pas plus pour ranimer les espoirs… et les rumeurs.
Christian Dvorak ne cache pas ses ambitions. Il a signé pour un an. Il veut relancer sa carrière. Et il le sait : s’il connaît une bonne saison, il peut espérer décrocher un contrat à long terme. Mais pas nécessairement à Philadelphie.
Déjà, Yahoo Sports évoque son nom comme cible potentielle à la prochaine date limite des transactions. Et pour cause : les Flyers ne sont pas attendus en séries. Ils sont jeunes, en reconstruction, et Dvorak ne cadre pas dans le portrait à long terme.
Un vétéran à 5,4 M$, joueur autonome à la fin de la saison… c’est une cible de choix pour les équipes prétendantes.
Et parmi elles, une fait beaucoup jaser : le Canadien de Montréal.
Oui, le même CH qui l’a laissé partir sans faire d’offre concrète. Le même Kent Hughes qui avait été critiqué pour l’avoir laissé aller sans filet de sécurité au centre.
Et voilà que la rumeur d’un retour de Dvorak comme joueur de location circule déjà dans les coulisses. Si le CH se bat pour une place en séries et que ses problèmes au centre persistent, pourquoi ne pas ramener un joueur fiable, bon au cercle, et familier avec l’environnement?
Évidemment, Philadelphie devrait retenir une partie de son salaire, mais l’option existe. Et les rumeurs ne font que commencer.
On l’avait enterré trop vite. On l’avait oublié. Pire : on l’avait ridiculisé.
À Montréal, Christian Dvorak a traîné l’étiquette du remplaçant raté de Phillip Danault, du joueur fragile, du centre invisible qui gagnait trop cher pour ce qu’il donnait.
4,45 M$ par saison, pour un rendement qui n’a jamais convaincu. Et un style de vie qui a fait jaser.
À en croire les échos venus du Centre Bell, Dvorak partageait un luxueux penthouse montréalais avec Cole Caufield, et plusieurs influenceuses locales pourraient en témoigner.
Des sorties nocturnes qui ont fait le bonheur des balados et des comptes Instagram spécialisés.
Mais voilà que le silence du CH à son égard a été interprété comme une trahison personnelle. Aucun mot pour le défendre.
Aucune prise de position pour calmer les critiques. Et selon plusieurs sources, c’est ce silence qui a convaincu Dvorak de tourner la page définitivement sur Montréal.
« Dans la deuxième moitié de saison et en séries, je me sentais à mon mieux physiquement. J’aimais la façon dont je jouais.Je me sens bien physiquement et je pense que je pourrais élever mon jeu d’un cran. »
Ce n’est pas le même Dvorak qui se présente à Philadelphie. C’est un joueur blessé dans son orgueil, prêt à prouver qu’il mérite mieux qu’une réputation de fêtard ou de joueur paresseux.
Il l’a montré en fin de saison dernière : 15 points en 23 matchs, 55,8 % de réussite aux mises en jeu. Il veut rebondir. Et il veut gagner.
« Je pense que nous pouvons faire quelque chose de semblable à Philly cette année. »
Et si Daniel Brière avait eu raison?
Quand le DG du CH a offert 5,4 millions de dollars à Christian Dvorak pour une seule saison, les critiques ont fusé de toutes parts. On l’a traité de naïf. D’incohérent. De gaspilleur.
Mais aujourd’hui, la donne a changé.
Car Brière n’a pas offert un contrat à long terme. Il a pris un pari intelligent sur un joueur en mission. Un joueur qui connaît Rick Tocchet, qui a déjà performé sous ses ordres en Arizona.
On parle d'un joueur qui peut servir de tampon entre les jeunes flamboyants et les vétérans comme Sean Couturier. Un joueur qui, en pleine forme, peut dominer le cercle et tuer des pénalités comme peu dans la ligue.
Ce n’est peut-être pas une erreur de gestion. C’est peut-être une vision claire de la valeur d’un vétéran en mission, dans une saison-pont, dans un vestiaire instable.
Et surtout, si Dvorak performe, les Flyers pourraient récupérer un choix de 2e ou 3e ronde à la date limite. Une plus-value instantanée. Un pari à faible risque, haut rendement.
La morale?
Christian Dvorak n’a jamais été aussi motivé de sa carrière. Son statut de joueur autonome. Sa réputation ternie. Sa volonté de faire oublier Montréal. Son entraîneur qui croit en lui. Et un DG, Daniel Brière, qui lui a offert une planche de salut.
Est-ce que ce sera suffisant?
Seul le temps le dira. Mais une chose est sûre : le Dvorak 2025-2026 n’est plus celui que les fans du CH ont connu. Il a le feu sacré. Il a la haine dans les yeux.
Et il veut prouver que, parfois, il suffit d’une seule saison pour tout changer.