Le Canadien prépare-t-il l’humiliation d’Arber Xhekaj?
Aïe, aïe, aïe. Poser la question, c’est y répondre.
Le timing est absolument terrible pour Arber Xhekaj.
Pendant que son dossier contractuel continue de traîner et que les négociations avec le Canadien de Montréal sont de plus en plus tendues, voilà qu’Owen Protz débarque officiellement au camp des recrues du Tricolore.
Du 11 au 15 septembre, Protz aura une occasion en or de se faire remarquer. Il affrontera les espoirs des Jets de Winnipeg et des Sénateurs d’Ottawa les 12 et 13 septembre au Centre Slush Puppie de Gatineau.
Owen Protz représente une menace directe pour Arber Xhekaj. On parle d’un véritable train qui te passe sur le corps sans avertissement :
Le Canadien ne le dira évidemment jamais publiquement. Kent Hughes ne sortira pas devant les caméras pour expliquer que la progression d’un jeune défenseur de 20 ans pourrait avoir une influence sur le dossier contractuel de Xhekaj.
Mais tout le monde le sait autour de la LNH : le futur shérif de Montréal n’est pas le pauvre Arber Xhekaj, mais bien le jeune Protz.
C’est chien.
Xhekaj a longtemps occupé une place unique.
Il était le Shérif.
Le protecteur.
Le joueur que personne ne voulait provoquer sans savoir qu’il risquait d’avoir à répondre de ses gestes quelques secondes plus tard.
Son parcours est devenu une légende à Montréal. Un joueur non repêché, passé par Costco, qui arrive au camp sans véritable garantie et qui réussit finalement à arracher un contrat grâce à son acharnement.
Cette histoire est exceptionnelle.
Mais une organisation ne donne pas des contrats en fonction de la beauté d’une histoire.
Elle regarde ce qui s’en vient.
Et ce qui s’en vient s’appelle Owen Protz.
Le problème, c’est que Protz va offrir au Canadien une version différente, plus complète et potentiellement plus intéressante du rôle que Xhekaj occupe actuellement.
Et c’est là que ça devient dangereux pour le Shérif.
Owen Protz possède un profil physique qui attire immédiatement l’attention. Il est imposant (6 pieds 2 et 207 livres), agressif et n’a absolument pas peur de la confrontation. Lorsqu’un adversaire dépasse les limites contre l’un de ses coéquipiers, Protz ne regarde pas ailleurs.
Il intervient.
Si tu t’en prends à son frère de chambre, il va te frapper comme s’il n’y avait plus de lendemain.
Et, lorsque nécessaire, il se bat, même si son adversaire est beaucoup plus gros et grand que lui :
Voilà pourquoi la comparaison avec Xhekaj devient inévitable.
Arber Xhekaj est devenu célèbre à Montréal en grande partie grâce à cette capacité à changer instantanément l’atmosphère d’un match. Une mise en échec. Une confrontation. Un combat.
Tout le monde savait qu’il était là.
Mais Owen Protz possède lui aussi cette présence.
Et plusieurs personnes qui suivent son développement sont convaincues que son plafond comme défenseur est 1000 fois supérieur.
C’est probablement ce qui devrait inquiéter Xhekaj le plus.
Protz ne veut pas seulement être un bagarreur ou un goon de luxe.
Arber Xhekaj n’a jamais pu convaincre Martin St-Louis qu’il était davantage qu’un simple homme fort.
Il a tenté de mieux contrôler son agressivité. Il a appris à jouer avec plus de discipline et à être plus fiable défensivement. Mais au final, il a perdu son identité.
Et son jeu comporte encore tellement de limites.
Son entraîneur le méprise.
Martin St-Louis a déjà réduit son utilisation au point de l’envoyer dans les gradins pendant les séries.
Pire encore, Xhekaj s’est retrouvé au bout du banc lors de certains matchs serrés. Parfois, il jouait à peine plus d’une minute.
Owen Protz arrive alors dans le portrait.
Protz possède la violence, la robustesse, le courage, mais son développement défensif intrigue également énormément.
Il ne s’agit pas simplement d’un défenseur qui cherche constamment la prochaine mise en échec spectaculaire.
Il peut fermer son côté, récupérer la rondelle, interrompre les jeux.
Il peut utiliser son physique sans nécessairement se sortir complètement de sa position comme le pauvre shérif.
Son potentiel commence à créer un problème extrêmement intéressant pour le Canadien qui tente de sous-payer Xhekaj à la table des négociations en ce moment.
Selon ce qui circule, le Canadien utilise Protz comme levier.
Kent Hughes veut donner 1,5 M$ par année à Xhekaj, car il ne voudra jamais payer 2 M$ et plus pour conserver un joueur dont le rôle sera reproduit par un jeune défenseur qui lui est déjà supérieur niveau hockey.
C’est brutal pour Xhekaj.
Mais c’est ainsi que Kent Hughes fonctionne.
Le camp des recrues arrive à un moment absolument parfait pour le DG.
Ou absolument catastrophique pour Xhekaj.
Pour Owen Protz, c’est une occasion exceptionnelle.
Il sera entouré de jeunes joueurs qui tentent tous de prouver quelque chose, dont Tyler Thorpe et Luke Mittelstadt. Plusieurs espoirs du Canadien tenteront de faire une bonne impression avant le véritable camp.
Mais tous les regards seront dirigés vers Protz.
S’il devient la vedette du camp des recrues, la pression sur Xhekaj va exploser.
Le Canadien possède déjà son prochain shérif.
Dans tes dents, Arber…
