Réputation entachée: Mathieu Darche dans le trouble

Réputation entachée: Mathieu Darche dans le trouble

Par David Garel le 2026-03-18

Mathieu Darche s’enfonce.

Il y a quelque chose qui ne tient plus debout dans la logique du DG.

D’un côté, il échange Noah Dobson, un défenseur droitier numéro un de 26 ans, contre des choix de milieu de première ronde et Emil Heineman.

Il sélectionne alors Victor Eklund et Kashawn Aitcheson.

Deux bons espoirs? Oui.

Mais deux joueurs de concession? Non.

Eklund projette comme un ailier utile, talentueux, mais pas un joueur élite qui change une organisation. Aitcheson? Un défenseur physique, au Hockey IQ déficient, qui a connu un championnat mondial junior horrible, exposant ses limites défensives à haut niveau. On est loin d’un futur pilier.

Deux espoirs corrects… mais loin d’être des joueurs de concession. Aujourd’hui, ni l’un ni l’autre ne projette comme un joueur élite. Et plus le temps avance, plus cet échange ressemble à un pari raté.

Et de l’autre côté?

À la date limite, Darche paie le gros prix pour Brayden Schenn.

Un centre de 34 ans.

12 buts, 28 points.

Contrat lourd à 6,5 millions.

Et surtout… loin d’être un joueur qui change le destin d’une équipe.

Le prix? Jonathan Drouin, un choix de première ronde en 2026, un choix de troisième ronde… et un espoir gardien.

Pour une équipe qui n’est même pas une prétendante à la Coupe Stanley.

C’est là que ça devient difficile à suivre.

Parce que la logique du marché est claire : les acheteurs paient cher à la date limite. Très cher. Même pour des vétérans en déclin. Et Darche, lui, embarque là-dedans… après avoir vendu Dobson à rabais quelques mois plus tôt.

Et son explication? « Avec un gardien comme Ilya Sorokin, tout peut arriver. »

On a déjà entendu ça.

Marc Bergevin. Carey Price. Même discours. Même illusion que tout est possible si ton gardien vole des séries.

Sauf qu’ici, ce n’est pas 2021.

Ce n’est pas une équipe surprise.

Ce n’est pas une équipe construite pour un run.

C’est une équipe entre deux chaises… qui agit comme si elle était prête à gagner.

Résultat?

Darche donne des actifs importants pour un vétéran de 34 ans… après avoir échangé un pilier défensif de 26 ans.

C’est exactement l’inverse d’une construction logique.

Et plus les comparaisons sortent, que ce soit avec le prix demandé pour Robert Thomas ou les transactions à la date limite, plus une chose devient évidente :

Noah Dobson n’a pas été échangé à sa vraie valeur.

Alors comment expliquer qu’un défenseur droitier numéro un comme Dobson ait été échangé pour un retour aussi modeste?

La réponse n’est pas uniquement hockey.

Elle est interne.

Parce que derrière cette transaction, il y avait une pression réelle. Une fracture. Un conflit de vision.

Patrick Roy.

L’arrivée de Roy a changé la dynamique. Son exigence, son style direct, son intolérance pour certains comportements… et surtout, son manque de connexion avec Dobson ont créé une tension évidente.

Ce n’était pas un fit naturel. Et dans ce genre de situation, la valeur d’un joueur peut rapidement se détériorer à l’interne.

Quand un entraîneur perd confiance, quand il ne croit plus pouvoir gagner avec un joueur, le message finit toujours par se rendre au bureau du directeur général.

Et à partir de là, ce n’est plus une négociation de force.

C’est une sortie de crise.

Dobson voulait un nouveau départ.

L’organisation voulait tourner la page.

Et Darche a composé avec cette réalité.

Mais composer avec une situation… ce n’est pas la même chose que maximiser un actif.

Parce qu’aujourd’hui, Darche réalise son erreur.

Il a échangé Dobson à un prix réduit, dans un contexte tendu.

Il paie le plein prix du marché pour un vétéran de 34 ans.

Et il justifie tout ça avec un argument déjà entendu : le gardien peut tout changer.

On a déjà vu ce film.

Parfois ça marche.

Souvent, ça casse.

Et pendant ce temps, à Montréal, Dobson joue, produit, stabilise.

Et surtout… il rappelle, soir après soir, ce qu’est réellement un défenseur numéro un dans la LNH moderne.

Ce n’est pas juste l’échange qui pose problème.

C’est tout ce qui vient après.

Parce que chaque transaction, chaque choix, chaque justification de Darche ramène inévitablement à cette question :

Comment un joueur de ce calibre a-t-il pu partir pour si peu?

Et comment peut-on entreprendre une reconstruction... pour devenir acheter à la date limite des transactions quelques mois après

Sa réputation était blanche comme neige... mais elle commence à être entachée...