Pierre Houde n’est pas du genre à répondre aux critiques. Depuis plus de 35 ans, il a traversé les modes, les controverses, les changements de génération et les guerres de réseaux sans jamais embarquer dans les batailles publiques. C’est justement ce qui rend ses plus récentes déclarations aussi frappantes.
Lorsqu’Alexandre Tétreault du FM93 a décidé de remettre publiquement en question ses performances, au point de pratiquement le traiter de sénile, le débat a rapidement dépassé le simple cadre du hockey.
« J’ai rarement vu autant de critiques dirigées vers Pierre Houde. Mauvais pointage, mauvais noms, longs délais de réaction… Ce n’était pas sa meilleure soirée. Sa voix demeure emblématique, mais je ne sais pas quelle sera la suite pour lui et RDS?! »

Le commentaire a provoqué une véritable tempête. On aurait dit que le journaliste "no-name" du Québec exigeait que Houde parte à la retraite forcée.
D’un côté, plusieurs partisans ont défendu Pierre Houde avec une loyauté presque viscérale. De l’autre, certains ont admis remarquer certaines erreurs plus fréquentes qu’auparavant.
Puis le débat a dérapé.
Sur les réseaux sociaux, certains sont allés beaucoup plus loin que Tétreault lui-même. On ne parlait plus d’une mauvaise soirée ou d’une séquence difficile. On commençait à évoquer son âge. Sa mémoire. Sa capacité à continuer. Certains allaient même jusqu’à sous-entendre des problèmes cognitifs.
D'autres n'ont pas accepté qu'on s'attaque à une légende vivante:

C’est là que les récentes confidences de Pierre Houde prennent une dimension particulière.
Parce que sans nommer personne, sans attaquer personne et sans régler de comptes, il a répondu à sa façon.
Une réponse calme. Une réponse digne. Mais une réponse extrêmement claire.
À 68 ans, Pierre Houde affirme à Mathias Brunet qu’il ne voit toujours pas la fin.
« Je suis du bon côté de la génétique, mon père est décédé à presque 97 ans. J’ai une très bonne résistance, et la mémoire. Et surtout, j’ai encore la passion. »
La mémoire.
Wow.
Dans le contexte actuel, le mot résonne particulièrement fort.
Alors que certains remettent en question sa capacité à continuer, lui affirme exactement le contraire.
Non seulement il affirme avoir encore la mémoire, il clame avoir encore l’énergie, la passion et le désir.
« Je suis heureux en avion, je dors bien dans les hôtels, je traîne mes vêtements d’entraînement, et il y a une volonté pour RDS qu’on continue. Pourquoi arrêter ? »
Cette dernière question est probablement la plus cinglante envers le pauvre journaliste de Québec qui priait pour que RDS le congédie.
Pourquoi arrêter?
Parce qu’il a 68 ans?
Parce qu’il a connu une soirée plus difficile?
Parce que certaines personnes sur les réseaux sociaux ont décidé que le temps était venu?
Pierre Houde leur répond dans les dents.
Plus les années avancent, plus on découvre un homme qui demeure animé par la même passion qu’à ses débuts.
Cette passion transparaît d’ailleurs lorsqu’il parle encore aujourd’hui du deuil professionnel qu’il vit chaque printemps lorsque les séries éliminatoires commencent.
« Ce n’est pas comme si j’étais un lion en cage, mais ça suscite une certaine émotion. »
Même après douze ans, soit depuis que TVA Sports a "volé" les droits nationaux.
Même après plus d’une décennie à regarder les séries de l’extérieur.
La blessure est encore là.
« Je n’en veux à personne, je ne jalouse personne, on a perdu les droits nationaux il y a 12 ans et si on les a perdus, c’est qu’un réseau les a obtenus de plein droit, légitimement. »
Puis arrive cette image extraordinaire qui résume tout ce que représente encore le hockey pour lui.
« Je suis pilote d’avion, et c’est comme si tu amenais l’avion en finale, mais que tu n’avais pas le droit de l’atterrir. Tu te prives de ton plus beau moment. C’est ce qu’il y a de plus valorisant à titre de pilote. »
Voilà peut-être la véritable réponse à tous ceux qui s’interrogent sur son avenir.
Un homme qui parle encore du hockey avec cette émotion aussi intense n’est pas un homme qui a abandonné.
Un homme qui souffre encore de ne pas raconter les séries après douze ans n’est pas un homme qui a perdu sa passion.
Et un homme qui affirme encore posséder « une très bonne résistance, et la mémoire » n’est certainement pas quelqu’un qui accepte qu’on écrive la fin de son histoire à sa place.
Alexandre Tétreault a raison sur un point : personne n’est à l’abri du temps.
Même les légendes.
Mais Pierre Houde vient de rappeler quelque chose d’important à tout le monde.
La décision de quitter n'appartient pas aux réseaux sociaux.
Elle n'appartient pas aux chroniqueurs obscurs de Québec.
Elle appartient encore à Pierre Houde.
Et visiblement, il n’a pas l’intention de ranger son micro demain matin.
Vlan... dans les dents...
