Et si la plus grosse histoire de l’été à Montréal n’était pas Connor McDavid?
Et si la vraie histoire, c’était Kent Hughes et Jeff Gorton?
Depuis quelques jours, quelque chose d’étrange se produit autour des Canadiens de Montréal.
Chaque jour ou presque, une nouvelle rumeur relie Connor McDavid au Tricolore.
Une visite à Montréal.
Une présence au Grand Prix.
Des discussions avec Nick Suzuki.
Un intérêt supposé pour le marché montréalais.
Une admiration pour la progression de l’équipe.
Visite de maisons à Westmount et Brossard.
Puis voilà maintenant qu’un agent influent affirme à Renaud Lavoie qu’il surveillerait davantage Connor McDavid que Sidney Crosby dans le dossier montréalais.
Et soudainement, la conversation change.
Pendant des mois, tout le monde parlait de Sidney Crosby.
Aujourd’hui, Crosby disparaît presque complètement du portrait.
Le nouveau rêve s’appelle Connor McDavid.
Ce qui intrigue davantage, c’est que ni Kent Hughes ni Jeff Gorton n’ont tenté d’éteindre l’incendie.
Au contraire.
Lors de leur bilan de fin de saison, les deux dirigeants ont répondu à une multitude de questions sur l’avenir de l’organisation, sur le besoin d’ajouter un joueur d’impact, sur leur volonté d’être agressifs.
Jamais ils n’ont ressenti le besoin de fermer complètement la porte à Connor McDavid. D'habitude, il se jettent tête première pour éliminer les rumeurs qui explosent.
Et depuis quelques semaines, le nom de Connor McDavid est partout au Québec. Au point de se demander si ce n'est pas les dirigeants qui ont fait couler l'information.
Dans tous les cas, ils laissent couler la rumeur avec le sourire.
Évidemment, cela ne veut pas dire que McDavid est en route vers Montréal.
Personne ne peut affirmer cela.
Mais dans le hockey moderne, les organisations comprennent parfaitement la valeur des messages.
Elles comprennent la valeur des perceptions.
Elles comprennent aussi l’importance d’être présentes dans l’esprit d’un joueur bien avant qu’il ait à prendre une décision.
Et c’est là que plusieurs commencent à se poser une question fascinante.
Le Canadien laisse-t-il volontairement vivre cette rumeur?
Pas pour aujourd’hui.
Pas pour demain.
Pour dans un an.
Pour dans deux ans.
Pour le moment où Connor McDavid regardera ses options.
Car si un jour le capitaine des Oilers d’Edmonton décide qu’il a besoin d’un nouveau défi, Montréal veut absolument faire partie du groupe de tête.
Le Canadien veut être une destination crédible, attirante et qui ne fait plus peur.
Une destination où McDavid pourrait gagner.
Et lorsqu’on regarde la construction actuelle de l’équipe, on comprend rapidement pourquoi certains rêvent déjà.
Nick Suzuki, Ivan Demidov, Juraj, Slafkovsky, Lane Hutson, Noah Dobson, Alexander Zharovsky.
Un noyau jeune, en progression et qui pourrait être prêt à gagner exactement au moment où McDavid approchera de la prochaine grande décision de sa carrière.
On ne nomme pas Cole Caufield et Michael Hage... vous allez comprendre pourquoi plus loin dans ce texte.
Car cette réflexion entraîne aussi une conséquence beaucoup moins confortable.
Si le Canadien croit réellement qu’une fenêtre McDavid pourrait s’ouvrir dans les prochaines années, certaines pièces de l’organisation deviennent soudainement beaucoup plus vulnérables.
On ne parle pas d’une transaction ordinaire, mais bien du meilleur joueur de la planète.
On parle d’un extraterrestre qui transforme instantanément une organisation.
On parle d’un joueur pour lequel le prix deviendrait complètement irrationnel.
Depuis des semaines, plusieurs observateurs répètent qu’un joueur comme Robert Thomas coûterait déjà l’équivalent de trois choix de 1re ronde.
Alors imaginez Connor McDavid.
À ce moment-là, les discussions ne commenceraient probablement même pas sans des noms comme Cole Caufield, Michael Hage et trois premiers choix selon Mathias Brunet.
C’est précisément ce qui rend toute cette histoire aussi fascinante.
Parce que même si aucune transaction n’est imminente, même si McDavid demeure un joueur des Oilers aujourd’hui, le simple fait que son nom circule autant change déjà la façon dont les partisans regardent l’avenir.
Chaque décision de Kent Hughes est maintenant analysée sous une autre lumière.
Chaque espoir devient une monnaie d’échange potentielle.
Chaque choix de repêchage prend une nouvelle valeur.
Et pendant que tout le monde débat du deuxième centre que le Canadien pourrait acquérir cet été, une autre hypothèse continue tranquillement de gagner du terrain.
Peut-être que le véritable coup de circuit que vise l’organisation ne se trouve pas sur le marché actuel.
Peut-être que Kent Hughes et Jeff Gorton regardent déjà beaucoup plus loin.
Peut-être qu’ils savent qu’une occasion unique pourrait éventuellement se présenter.
Et si c’est réellement le cas, ils ont tout intérêt à ce que Connor McDavid entende parler de Montréal encore et encore.
Jusqu’au jour où il devra lui-même décider où il veut écrire le prochain chapitre de sa carrière.
