Scène pénible pour Michel Bergeron: TVA Sports coupe ses commentaires

Scène pénible pour Michel Bergeron: TVA Sports coupe ses commentaires

Par David Garel le 2026-01-22

Pauvre Michel Bergeron : le point de non-retour est atteint

Il y a des moments dans une carrière médiatique où la question n’est plus de savoir si quelque chose cloche, mais jusqu’où on peut encore faire semblant que tout va bien.

Avec Michel Bergeron, ce moment-là vient d’être franchi.

Ce qui s’est produit récemment en ondes n’est plus un simple malaise passager, ni un dérapage isolé qu’on peut balayer du revers de la main en parlant de passion ou de caractère.

La situation a atteint un point de non-retour. Et le fait que TVA Sports ait dû désactiver les commentaires sur ses plateformes et sur YouTube en dit long sur l’ampleur du problème.

Quand une chaîne sportive en vient à fermer l’espace de discussion autour d’un de ses analystes, ce n’est jamais anodin. Ce n’est pas une décision prise à la légère. C’est un signal d’alarme.

Les commentaires étaient devenus trop cinglants. Trop nombreux. Trop lourds à modérer. Et surtout, ils visaient tous la même chose : le malaise grandissant autour de Michel Bergeron en ondes.

On ne parle plus d’opinion, mais de capacité

Soyons clairs : ce n’est plus une question d’être d’accord ou non avec Michel Bergeron.
Ce n’est plus une question de savoir s’il a raison ou tort sur Samuel Montembeault, Jakub Dobeš ou la gestion du filet.

Le problème est ailleurs.

Le problème, c’est la difficulté croissante à s’exprimer, à terminer ses phrases, à structurer une pensée complète sans aide.

Ses phrases meurent, suspendues dans le vide, pendant qu’il gesticule des mains, cherche ses mots, s’essouffle… et que c’est Élisabeth Rancourt qui doit terminer son idée à sa place.

Ce n’est pas un débat d’experts.

C’est une réalité télévisuelle.

Et elle est inconfortable pour tout le monde : pour le public, pour ses collègues, pour la production… et pour lui.

À TVA Sports, on le sait. On le voit. Et on agit.

On ne l’expose plus comme avant.

On réduit ses interventions à des segments de deux minutes, minutés, encadrés, pour éviter qu’il se perde, qu’il s’emballe, qu’il s’épuise en direct. On limite les échanges longs. On coupe avant que ça dérape.

Elizabeth Rancourt parle très fort et très lentement, avec des gests de la main, pour qu'il comprenne bien ce qu'elle dit.

Et malgré ces précautions, malgré cet encadrement, le malaise persiste. Il déborde même hors de l’écran, jusque dans les sections commentaires, devenues impossibles à gérer. Assez pour que la chaîne choisisse la seule option restante : fermer le robinet.

Quand on en est rendu là, ce n’est plus un ajustement temporaire. C’est une mesure de protection. Pour la marque. Pour l’émission. Et, oui, aussi pour l’homme.

Pendant longtemps, Michel Bergeron a été protégé par son personnage.

Le Tigre.

L’homme intense.

Le coach qui ne filtrait rien.

Mais aujourd’hui, ce bouclier ne fonctionne plus. Ce qu’on voyait autrefois comme du feu est perçu comme de la confusion. Ce qui passait pour de la passion ressemble de plus en plus à de l’agitation. Et ce qui faisait sourire avant inquiète maintenant.

Ce n’est pas manquer de respect que de le dire.

C’est refuser de continuer à faire semblant.

Le vrai drame : ce n’est plus le hockey.

Le plus troublant dans tout ça, ce n’est même pas ce qu’il dit sur le Canadien.

C’est comment il le dit.

Les silences.

Les phrases incomplètes.

La respiration courte.

Les regards qui cherchent de l’aide sur le plateau.

À ce stade-ci, ce n’est plus l’analyse du jeu qui est jugée par le public, mais l’état de l’analyste lui-même. Et c’est précisément pour ça que les commentaires deviennent si durs. Parce que les gens ne commentent plus le hockey. Ils commentent un malaise humain.

Et une chaîne de télé ne peut pas laisser ça dégénérer indéfiniment.

Quand une entreprise médiatique réduit drastiquement le temps d’antenne d’un analyste, encadre ses interventions au maximum, désactive les commentaires pour éviter un dérapage public, ce n’est plus une zone grise.

Michel Bergeron est rendu à un point où chaque apparition crée plus de problèmes qu’elle n’en règle. Où la discussion n’est plus sur le fond, mais sur la forme. Où la question n’est plus « qu’est-ce qu’il pense du Canadien », mais « est-ce qu’il devrait encore être là ».

Et ça, pour un homme qui a passé sa vie à contrôler le jeu, à diriger, à imposer son rythme… c’est probablement la situation la plus difficile à accepter.

Michel Bergeron mérite le respect pour ce qu’il a été.

Mais le respect, parfois, c’est aussi savoir dire : ça suffit.

Pas par cruauté.

Pas par mépris.

Mais parce que continuer ainsi ne protège plus personne. Ni le public. Ni la chaîne. Ni lui.

Et quand une organisation commence à fermer les commentaires pour étouffer le malaise, c’est que le message est déjà trop fort pour être ignoré.

Le point de non-retour est atteint.

La suite, maintenant, ne dépend plus du hockey. Elle dépend du courage de prendre une décision difficile... mais nécessaire.