Série Montréal-Tampa Bay: Arber Xhekaj s'attend à un bain de sang

Série Montréal-Tampa Bay: Arber Xhekaj s'attend à un bain de sang

Par David Garel le 2026-04-08

Il y a des matchs qui ressemblent à des duels de saison régulière. Et il y a ceux qui annoncent quelque chose de beaucoup plus lourd. Entre les Canadiens de Montréal et le Lightning de Tampa Bay, on n’est plus dans le simple calendrier. On est dans un avant-goût de série, une montée de tension qui ne trompe personne.

Depuis quelques semaines, chaque affrontement entre ces deux équipes dérape. Pas nécessairement dans le chaos total, mais dans une accumulation de petits gestes, de coups d’épaule, de regards, de promesses silencieuses. Ce n’est plus du hockey propre. C’est du hockey de confrontation. Et tout indique que ça ne fait que commencer.

Les chiffres racontent déjà une histoire. Tampa est l’équipe la plus punie de la LNH. Montréal n’est pas loin derrière.

La violence de cette rivalité ne repose pas seulement sur une impression. Elle est mesurable, presque flagrante quand on regarde les chiffres.

Le Lightning de Tampa Bay domine toute la Ligue nationale avec 1116 minutes de pénalité, un total qui le place sur une trajectoire pour approcher des sommets historiques depuis le lock-out de 2012.

Juste derrière, on retrouve des équipes de la même division, comme les Bruins de Boston (966) et les Panthers de la Floride (904), preuve que la section Atlantique est devenue un véritable champ de bataille.

Les Canadiens de Montréal ne sont pas innocents non plus dans cette réalité, avec 772 minutes de pénalité, ce qui les place parmi les équipes les plus punies du circuit. Ce n’est pas un hasard. C’est le reflet d’un style qui change, d’une identité qui se forge dans la confrontation.

Et quand Montréal et Tampa se croisent, ça explose.

Les trois affrontements cette saison ont tous dégénéré à leur manière. Dans les deux premiers, il y a eu des combats en bonne et due forme. Dans le plus récent duel, aucun combat officiel… mais 31 pénalités mineures distribuées, une séquence complètement chaotique qui résume à elle seule la tension entre les deux équipes.

Même sans aligner une armée de bagarreurs traditionnels, Tampa impose une lourdeur constante. Ce n’est pas une question de gabarit (l’équipe affiche même un poids moyen inférieur à celui du Canadien), mais bien une question d’intention. Chaque présence fait mal. Chaque mise en échec est calculée pour faire mal.

Et Montréal commence à répondre.

Le Canadien frappe plus, s’implique davantage physiquement, accepte le jeu sale quand il le faut. Ce n’est plus une équipe qui subit. C’est une équipe qui entre dans la bataille, même si elle n’est pas encore parfaitement équipée pour la gagner.

C’est ça qui rend une éventuelle série entre les deux clubs aussi dangereuse.

Parce qu’on ne parle pas d’une opposition de styles.

On parle de deux équipes qui jouent déjà comme si les séries avaient commencé.

Et quand ces deux clubs se retrouvent, ça déborde presque systématiquement. Combats dans les premiers duels. Avalanche de pénalités dans le plus récent affrontement. Des mêlées après le sifflet. Des mises en échec qui ne passent pas inaperçues. Rien n’est laissé au hasard.

Mais ce qui rend la situation encore plus fascinante, c’est le contexte. Tout pointe vers une possible confrontation en séries éliminatoires. Et ça, les joueurs le sentent.

Arber Xhekaj ne l’a pas dit directement. Mais il n’a pas eu besoin de le faire.

« Notre division est la plus dure de la ligue, autant physiquement que pour l’allure du jeu. On dirait que tous les matchs sont des matchs de séries. »

Ce n’est pas une observation banale. C’est un message.

Parce que derrière ces mots-là, il y a une réalité qui s’installe : Montréal est en train de comprendre qu’il ne pourra pas gagner uniquement avec du talent. Et que face à une équipe comme Tampa, ça prend autre chose.

Ça prend du caractère. Ça prend de la dureté. Ça prend une capacité à encaisser… et à répondre.

Brendan Gallagher l’a dit à sa façon, avec l’expérience de quelqu’un qui a tout vu dans cette ligue :

« C’est du hockey pour grands garçons. Si tu as la chance de frapper un de leurs joueurs de talent, tu le fais. Parce qu’ils vont faire la même chose contre nous. »

C’est ça, le ton.

Et de l’autre côté, le Lightning n’est plus l’équipe finesse d’autrefois. Sous Jon Cooper, l’organisation a évolué. Elle a ajouté ce fameux « papier sablé ». Pas juste un joueur. Une mentalité complète. Une façon de jouer qui use, qui fatigue, qui épuise.

Martin St-Louis le voit très bien.

« Ils ont plus de papier sablé maintenant. Ce n’est pas un ou deux joueurs. C’est une mentalité. »

Et c’est exactement là que la série, si elle arrive, risque de basculer.

Parce que le Canadien, lui, est encore en construction. Encore jeune. Encore en apprentissage dans ce type de guerre.

Et dans ce contexte-là, un nom revient constamment dans les discussions, même quand il ne joue pas… Xhekaj.

Pas parce qu’il domine. Pas parce qu’il est indispensable dans le système actuel. Mais parce qu’il incarne quelque chose que cette équipe n’a pas toujours : la peur qu’il peut imposer à l’adversaire.

Sans jamais le dire clairement, le message est là. Quand le jeu se durcit, quand les coups montent, quand l’intimidation devient une arme… Montréal manque encore d’un certain profil.

Et c’est là que les comparaisons historiques reviennent.

À une autre époque, chaque équipe avait ses hommes forts. Des gars comme Bob Probert, Shane Churla, Basil McRae. Des joueurs qui changeaient la dynamique d’un match sans toucher à la rondelle.

Ce hockey-là n’existe plus vraiment.

Mais l’instinct, lui, n’a jamais disparu.

Et si la série Canadiens–Lightning devient réalité, il ne faudra pas s’attendre à du hockey esthétique. Il faudra s’attendre à du hockey tendu, physique, parfois laid… mais terriblement révélateur.

Parce qu’à ce moment-là, ce ne sera plus une question de talent.

Ce sera une question de survie.