Le hockey est parfois une question de timing... et de destin...
Et parfois… d’entêtement. À quelques jours de la date limite des transactions 2025, une bombe a failli secouer l’état-major du Canadien de Montréal : Jake Evans aurait pu être échangé aux Devils du New Jersey, et en retour, Kent Hughes aurait mis la main sur un des meilleurs amis d’Ivan Demidov, le Russe Arseny Gritsyuk.
Mais le destin, et un contrat de dernière minute, en a décidé autrement.
Selon ce qui circule, les Devils du New Jersey avaient formalisé une offre alléchante au Tricolore : Jake Evans contre un choix de 2e ronde et Arseny Gritsyuk, un attaquant russe prometteur de 24 ans évoluant toujours dans la KHL.
La proposition semblait taillée sur mesure pour le Canadien. Hughes a toujours été clair : il ne veut pas perdre des joueurs pour rien, et encore moins prolonger à gros prix ceux qui bloquent l’avenir.
Et pourtant… le vent a tourné. Jake Evans, en fin de contrat, a accepté une prolongation de 4 ans à 2,85 M$ par saison, jusqu’en 2029.
Un geste complètement inattendu, décidé à la dernière minute, qui a mis un terme définitif aux discussions avec les Devils.
Evans est resté.. Et Gritsyuk s’est éloigné.
Une occasion ratée… ou sacrifiée?
Ce qui rend cette transaction avortée encore plus frustrante, c’est le contexte entourant Ivan Demidov. Le jeune phénomène russe est déjà en feu à Montréal, et aucun autre Russe ne figure dans l’organisation.
Ni à Laval. Ni à Montréal. Personne. Pas un seul repère culturel, pas un seul compatriote pour l’aider dans l’adaptation.
Et pourtant, Gritsyuk et Demidov sont proches. Très proches. Sur la glace comme en dehors, leur relation aurait pu devenir une pierre angulaire du plan de développement du CH. Un duo naturel, intuitif et fusionnel.
Mais le Canadien a choisi une autre voie. Il a dit oui à Evans. Et non à Gritsyuk.
Un profil idéal… gaspillé?
Arseny Gritsyuk, 24 ans, est tout sauf un joueur de profondeur. Il possède un coup de patin explosif, une vision du jeu rempli de finesse, et surtout, des mains capables de feinter dans des espaces minuscules. Il est l’opposé total de Jake Evans, joueur honnête, mais limité offensivement.
« Il possède un excellent coup de patin et une bonne vision du jeu, mais il faudra voir s’il décide de venir en Amérique, » avait déclaré un recruteur russe. Un clin d’œil clair à son avenir potentiel dans la LNH.
Ça tombe bien pour les Devils. Il a signé un contrat d'un an et 925 000 dollars pour entamer son aventure dans la LNH. Et le jeune a le talent qui lui sort par les oreilles:
Montréal aurait pu être cette porte d’entrée. Tout était aligné. Il ne manquait qu’une signature. Mais cette signature est venue… de Jake Evans.
Il n'est pas le joueur le plus flamboyant de l’organisation, mais c’est un exemple parfait de stabilité, de loyauté et de conscience professionnelle.
Loin des projecteurs et des gros contrats, le centre de 29 ans a vécu la dernière fin de semaine comme un homme prêt à faire ses boîtes.
Son appartement était emballé, son avenir incertain, ses valises prêtes. Il croyait vraiment que son départ de Montréal était imminent. Et pourtant, au terme d’une série de réflexions personnelles et de discussions avec sa conjointe, c’est la simplicité, la sécurité et l’humain qui l’ont emporté.
« Tu te mets à réaliser qu’il se passe quelque chose de bien ici, que tu as des coéquipiers et un personnel formidables », a-t-il déclaré avec sincérité.
Son agent lui avait présenté des options, il savait qu’il pouvait peut-être gratter quelques centaines de milliers de dollars ailleurs. Mais il a choisi Montréal.
« J’ai probablement laissé de l’argent sur la table, mais je m’en fous. »
Cette citation résume tout. Evans n’est pas motivé par les chiffres, mais par l’équilibre de vie. Il joue un rôle important au sein du groupe : pas seulement comme centre défensif fiable, mais comme leader dans le vestiaire.
Son implication en désavantage numérique est exceptionnelle, son engagement est constant, et même Martin St-Louis l’a reconnu :
« Il a une excellente anticipation et un bon sang-froid. »
Son contrat de 11,4 M$ sur quatre ans est peut-être comparé à des peanuts, mais il reflète sa juste valeur dans un alignement où il est respecté et apprécié.
Il n’a pas obtenu de clause de non-échange, un choix stratégique de la direction, mais il a regagné quelque chose d’encore plus précieux : la certitude d’être à la bonne place. Et pour un gars comme Jake Evans, ça vaut toutes les clauses du monde.
D’après nos sources, l’organisation du CH hésitait. Pas sur le talent de Gritsyuk, mais sur le risque qu’il ne quitte jamais la Russie.
Mais Gritsyuk a toujours exprimé un intérêt pour l’Amérique du Nord. Sa signature le prouve.
Les Devils, eux, l’ont compris. Ils ont mis Gritsyuk sur la table, non pas parce qu’ils n’y croyaient plus, mais parce qu’ils savaient qu’il avait plus de valeur à Montréal qu’à Newark.
Et ils avaient besoin d’un centre défensif fiable. Ils ont manqué Scott Laughton. Ils n’avaient plus de plan B. Evans devenait leur cible.
Kent Hughes avait l’opportunité parfaite pour capitaliser.
Et il l’a laissée filer.
Le plus fou dans cette histoire, c’est que Jake Evans n’avait jamais eu autant de valeur. Il performait bien. Il était en santé. Il intéressait plusieurs équipes (Toronto, Los Angeles, Minnesota). Son profil était recherché pour les séries.
Et pourtant, le Canadien a choisi de le garder. À 2,85 M$ pour quatre ans, Evans reste à Montréal… mais à quel prix?
Il occupe maintenant un rôle qu’Owen Beck pourrait facilement combler à court terme. Il bloque le développement de jeunes. Et surtout, il a bloqué l’entrée d’un talent comme Gritsyuk, qui aurait pu tout changer pour Demidov.
On peut déjà imaginer la scène : Demidov et Gritsyuk, côte à côte dans le vestiaire, en train de décoder les consignes de Martin St-Louis, de rigoler ensemble pendant les trajets d’autobus, de créer une chimie russe sur la glace.
Mais non. Ce rêve est enterré. Le CH a dit non à Gritsyuk.
Il ne faut pas sous-estimer l’impact psychologique de cette décision. Demidov est jeune. Il débarque dans un marché médiatique brutal. Chaque regard, chaque geste sera scruté. Et il sera seul. Sans appui culturel. Sans coéquipier qui comprend sa langue, son monde, sa réalité.
La relation avec Gritsyuk aurait pu être son filet de sécurité. Son coussin. Son facteur de confiance.
En refusant cet échange, Hughes prend un pari dangereux. Il compte sur le courage de Demidov et sur son caractère.
Mais tous les talents ont besoin d’un mentor. Et ce cadre, Gritsyuk l’incarnait.
Montréal a préféré un centre défensif qu’on connaît déjà. Un joueur apprécié, certes. Mais qui ne changera jamais le destin de cette franchise.
Arseny Gritsyuk, lui, aurait pu changer la trajectoire de Demidov. Et possiblement celle du Canadien.
Kent Hughes a choisi la stabilité à court terme.
Reste à voir si ce choix va hanter Montréal pendant longtemps.