La première conférence de presse de Martin St-Louis au début du camp d’entraînement vient déjà de faire deux victimes à Montréal : Kirby Dach et Arber Xhekaj.
Le message de l’entraîneur-chef est extrêmement clair. Cette année, il n’est pas question de perdre du temps, de faire jouer quelqu’un simplement parce qu’il avait un rôle déterminé la saison précédente ou de donner des passe-droits aux joueurs qui arrivent au camp avec un retard dans la hiérarchie.
St-Louis veut que son équipe parte immédiatement sur les bonnes bases, et certaines de ses réponses sont particulièrement révélatrices lorsqu’on lui parle de Dach et de Xhekaj.
On lui a directement demandé si Kirby Dach allait encore obtenir la même chance que l’an dernier, alors que St-Louis lui avait donné le poste de deuxième centre pour commencer la saison. La réponse de l’entraîneur est très différente de celle qu’il aurait pu donner il y a un an.
« Bien, je trouve qu’on a des bonnes options, puis on va étudier ça durant le camp d’entraînement ici. »
Ça veut tout dire. Il ne veut rien savoir de Dach.
St-Louis poursuit en expliquant pourquoi le contexte est différent cette année.
« Je sais que vous allez voir des combinaisons demain et tout, puis ça va être des sujets de conversation, puis c’est normal. Mais on essaie de… avec un camp d’entraînement qui n’est pas très long. On essaie de frapper le “ground running”, “hit the ground running”, je ne sais pas comment on dit ça en français. C’est ça, on essaie de ne pas perdre trop de temps. »
C’est probablement la phrase qui résume le mieux l’état d’esprit de Martin St-Louis en septembre 2026.
Il ne veut pas perdre de temps.
Kirby Dach est dans le trouble.
L’an dernier, Dach avait obtenu une véritable occasion de s’installer au centre du deuxième trio. Cette année, St-Louis parle plutôt de « bonnes options ».
Dach est déjà rejeté.
« Ça ne veut pas dire que comment ça va être demain et tout, que ça va être pareil dès qu’on commence, mais on va se faire diriger, comme je le dis toujours, on a des belles options à la bonne profondeur. »
Le Canadien possède maintenant beaucoup plus d’options au centre et sur les ailes. Alex Newhook peut jouer au centre. Oliver Kapanen veut se tailler une place. Kirby Dach revient d’une saison difficile et tout le monde sait que le CH voulait s’en débarrasser cet été. Jake Evans est toujours là. Le jeune Michael Hage arrive au printemps prochain.
Dach prend déjà la porte de sortie… avant même que le camp commence.
Puis il y a Arber Xhekaj, le shérif des pauvres.
On sait que Xhekaj devra se battre pour obtenir une place régulière dans la formation. On sait aussi qu’il peut être utilisé à l’attaque afin de lui permettre de demeurer dans le rythme, ce qui ouvre déjà la porte à une situation toxique : le Shérif commence le camp sans être considéré comme un défenseur assuré de jouer chaque soir.
Et St-Louis ne parle pas comme un entraîneur qui le respecte. Au contraire.
On a demandé directement à Martin St-Louis si le Canadien pouvait envisager de le faire jouer à l’attaque, comme cela avait été tenté une fois la saison dernière. Sa réponse ouvre clairement la porte :
« Je te dirais que ce n’est pas quelque chose qu’on a peur de faire ça, mais ce n’est pas quelque chose qui nous préoccupe beaucoup, tu sais. »
« Fait que je pense que, tu sais, c’est… d’avoir Jaco dans l’alignement, sur le banc, puis des fois, mais tu sais, comme on a sept défenseurs de la Ligue nationale qui sont capables de jouer, puis tu sais, des fois, il faut être en certain, mais tu veux avoir cet élément-là. Fait que c’est-tu possible? Ça peut arriver. »
« Jaco est capable de jouer au hockey, tu sais, il est capable d’être physique, il a un bon lancer, il a des bonnes touches, pareil. Tu sais, puis c’est des situations peut-être où ça lui permet de rester engagé avec le groupe s’il ne jouera pas à la défense ce soir-là, tu sais, puis tout dépendamment si on a des blessés en avant aussi. »
Puis St-Louis vient carrément préciser le fond de sa pensée : « Ce n’est pas quelque chose qui me fait peur de le faire, mais ce n’est pas quelque chose qui nous préoccupe non plus. On va continuer à prendre les mêmes décisions qu’on peut, pour lui et pour l’équipe. »
St-Louis confirme que Xhekaj est une solution de rechange pour garder le Shérif dans l’alignement puisqu’il ne fait déjà pas partie des six défenseurs retenus.
Avec sept, voire huit défenseurs de la LNH capables de jouer, St-Louis vient lui-même de confirmer que Xhekaj doit accepter ce genre de rôle hybride. Pour un joueur qui vient tout juste de signer un contrat d’un an honteux de 1,5 M$, c’est loin d’être une garantie de stabilité.
« La continuité que nous avons aussi, je pense que ça nous permet de passer à un camp plus court. Peut-être que trois ou quatre ans auparavant, j’aurais voulu un camp plus long, mais je suis bien avec la longueur du camp. »
Ouch. Xhekaj n’aura pas le temps de gagner le respect du coach.
Après une saison de 106 points et une participation à la finale de l’Association de l’Est, St-Louis parle comme un entraîneur qui veut maintenant optimiser son groupe.
Sans ses indésirables.
Et ça transparaît également lorsqu’on lui demande ce qu’il recherche chez son éventuel deuxième centre, lui qui rejette une fois de plus Dach.
« Effectivement, je veux un joueur plus offensif, mais je veux qu’il ait une game qui est balancée, qui est capable de faire pas mal de tout sur la glace. »
Une game balancée. Capable de faire pas mal de tout sur la glace.
Le contraire du pauvre Dach.
« C’est difficile de plaire à tout le monde. »
Ça veut dire quoi dans le vestiaire du Canadien?
Ça veut dire qu’il y aura des joueurs déçus, qui auront moins de responsabilités, qui devront accepter un rôle différent, qui regarderont plusieurs rencontres de la passerelle.
Kirby le nonchalant et Arber le Shérif… sont dans le trouble…
