Sortie publique de Nick Suzuki: il vise le DG du Wild

Sortie publique de Nick Suzuki: il vise le DG du Wild

Par David Garel le 2026-01-31

Nick Suzuki n’a pas tourné autour du pot. Cette fois, le capitaine du Canadien de Montréal a décidé de sortir du cadre feutré des réponses convenues pour dire tout haut ce que bien des joueurs, des partisans et des observateurs pensent tout bas depuis l’annonce de la formation américaine pour les Jeux olympiques.

Laisser Cole Caufield de côté, ce n’est pas une simple décision hockey. C’est une erreur. Et Suzuki l’a dit sans filtre.

En entrevue avec TSN, Nick Suzuki n’a pas utilisé la langue de bois qu’on attend souvent d’un leader soucieux de ne froisser personne.

Il a parlé comme un coéquipier, comme un ami, mais surtout comme un joueur de la LNH qui comprend ce que représente réellement la capacité de marquer des buts à ce niveau.

« Comme coéquipier et comme ami, je pense que c’est clairement un raté de leur part, a-t-il lancé. Tant mieux si ça aide mon équipe à aller plus loin. C’est un joueur spécial. Il trouve toujours une façon de marquer. Et marquer, c’est la chose la plus difficile à faire dans la LNH. »

Vous pouvez parler de robustesse, de structure, de système, de “checking hockey” tant que vous voulez… mais quand vous laissez à la maison un des meilleurs finisseurs de la planète, vous prenez un risque énorme.

Suzuki ne s’est pas attaqué à un homme directement, mais tout le monde a compris à qui il s’adressait. Le message vise directement Bill Guerin, l’architecte de Team USA, et sa vision rigide d’un hockey olympique où la production offensive semble devenir secondaire.

Ce qui rend la sortie de Suzuki encore plus forte, c’est le contexte. Il ne parle pas d’un joueur marginal. Il parle de Cole Caufield, un attaquant qui, saison après saison, prouve qu’il possède ce que peu de joueurs ont : un instinct de marqueur pur.

Un joueur capable de transformer une demi-chance en but. Un joueur qui, dans un tournoi court comme les Jeux olympiques, peut faire basculer un match (et une médaille d'or) en une seule présence.

Il faut aussi rappeler le contexte qui colle encore à la peau de Cole Caufield dans certains cercles de Team USA. Lors du Championnat du monde 2024 à Prague.

Les États-Unis avaient été éliminés prématurément, et dans l’après-coup, le tournoi a laissé un goût amer chez certains dirigeants américains.

Officiellement, on parlait de rendement collectif. Officieusement, le nom de Caufield est rapidement devenu associé à àa controverse.

À Prague, des rumeurs ont aussi circulé sur la vie hors glace de Caufield pendant le tournoi : sorties nocturnes, présence de femmes à l’hôtel, comportement jugé trop léger pour un événement international senior.

Rien d’illégal, rien d’exceptionnel pour un joueur de 23 ans, et surtout rien de confirmé publiquement. Mais dans l’univers très fermé des équipes nationales, ces perceptions comptent parfois autant que les performances.

Aux yeux de Guerin, ces histoires auraient contribué à figer l’image d’un joueur perçu comme électrisant offensivement, mais pas assez “aligné” avec la culture de sacrifice et de rigidité qu’il veut imposer à Team USA. Depuis, malgré l’évolution évidente de Caufield, cette lecture semble ne jamais avoir été réévaluée.

Suzuki le sait mieux que quiconque. Caufield n'est plus le "party boy" d'anta. Surtout, il joue avec lui. Il voit au quotidien ce que Caufield apporte, même lorsque la rondelle ne rentre pas. L’attention qu’il attire. L’espace qu’il crée. La peur qu’il installe chez les défenseurs adverses. Et surtout, cette faculté presque insolente de marquer quand tout semble bloqué. Quand les systèmes tiennent. Quand l’espace disparaît.

En disant que l’absence de Caufield est « un raté », Suzuki ne protège pas seulement son coéquipier. Il remet en question une philosophie.

Celle qui consiste à croire qu’on peut gagner sans élite offensive, tant que le groupe “travaille fort”. Or, l’histoire du hockey international est claire : les médailles d’or se gagnent souvent grâce à un but. Un seul. Et ce but-là vient presque toujours d’un joueur capable de faire ce que les autres ne peuvent pas faire.

Le plus frappant dans cette sortie publique, c’est qu’elle vient d’un capitaine reconnu pour son calme et sa retenue.

Suzuki n’est pas un joueur qui parle pour rien dire. S’il choisit d’intervenir, c’est que le sujet le touche profondément. Et il le touche aussi parce que, derrière Caufield, il y a une forme d’injustice qui commence à irriter le vestiaire du Canadien.

Le sentiment qu’un joueur est jugé non pas sur ce qu’il fait sur la glace aujourd’hui, mais sur une perception figée du passé.

Suzuki n’a pas besoin de nommer Guerin pour que le message soit cinglant. Il sait que ses paroles feront le tour des médias. Il sait qu’elles seront reprises, analysées, débattues. Et il sait surtout qu’elles donnent une voix à Caufield, qui, lui, répond de la seule façon qu’il connaît : en marquant des buts.

La solidatrité dans les vestiaire nous donne des frisson dans le dos. Suzuki envoie un signal clair : ici, on protège les nôtres. On reconnaît la valeur réelle des joueurs, pas celle dictée par des critères idéologiques.

Et si Team USA pense pouvoir se passer d’un marqueur de cette trempe, Suzuki est parfaitement à l’aise avec l’idée que cette décision puisse profiter… au Canadien de Montréal.

La phrase est presque cruelle, mais elle est honnête : « Espérons que ça aide mon équipe à aller plus loin. » Autrement dit, si vous laissez à la maison un joueur qui change l’allure d’un match, d’autres en récolteront les bénéfices.

Nick Suzuki qui attaque le DG du Wild... on aura tout vu...