Quelque chose s’est produit loin des caméras de la LNH, mais suffisamment fort pour résonner jusqu’au bureau de Kent Hughes à Brossard.
Une prise de parole calculée.
Un message posé, mais lourd.
Et surtout, une sortie qui ne visait pas les partisans, mais bien les décideurs.
Lors d’une entrevue accordée au Journal de Montréal, en marge de sa présence au Tournoi international de hockey pee-wee de Québec, Max Pacioretty n’a pas simplement complimenté un jeune joueur.
Il a ouvert une porte. Et quand un ancien capitaine du Canadien ouvre une porte publiquement, ce n’est jamais banal.
Aujourd’hui entraîneur-adjoint avec l’Université du Michigan, Pacioretty se retrouve dans une position unique : témoin quotidien du développement d’un espoir clé du Canadien, tout en comprenant mieux que quiconque ce que représente Montréal, la pression, les attentes, et les décisions irréversibles.
Le joueur en question, cette fois, il faut le nommer clairement : Michael Hage.
Hage n’est plus seulement un projet séduisant sur papier.
Aux yeux de Pacioretty, il est déjà en train de se transformer en joueur prêt à encaisser ce que la LNH impose de plus exigeant.
« Il possède des habiletés individuelles uniques. Il peut faire des choses avec la rondelle que peu de joueurs dans le monde sont en mesure de faire », a affirmé Pacioretty.
Ce genre de phrase, dans le monde du hockey, ne sort pas à la légère.
Surtout quand elle provient d’un ancien capitaine du CH, aujourd’hui impliqué directement dans le développement du joueur, jour après jour, à Michigan.
Encore plus révélateur : Pacioretty insiste sur un aspect qui fait souvent trébucher les jeunes talents offensifs ...la constance, la rigueur, l’absence de soirées faciles.
Dans la conférence Big Ten, explique-t-il, personne ne peut se cacher. Et Michael Hage l’a compris rapidement.
C’est exactement le type de commentaire que les dirigeants du Canadien veulent entendre… et redoutent à la fois.
Parce qu’au même moment, à Montréal, les rumeurs s’intensifient.
La date limite approche.
Les appels se multiplient.
Les noms circulent.
Robert Thomas.
Des centres établis.
Des solutions immédiates.
Et au cœur de tout ça, un dilemme très clair : faut-il sacrifier un joueur comme Hage pour accélérer maintenant?
C’est ici que les propos de Pacioretty deviennent explosifs.
L’ancien capitaine ne parle pas seulement de talent.
Il parle de résilience. D’adversité. De maturité humaine.
Il rappelle que Michael Hage a traversé des épreuves majeures hors glace, notamment la perte subite de son père à l’été 2023.
Selon lui, ce genre de parcours forge un joueur autrement préparé pour les tempêtes qui attendent à Montréal.
Ce n’est pas un détail.
C’est un avertissement déguisé.
À ceux qui voient encore Hage comme une monnaie d’échange, Pacioretty répond indirectement : ce joueur est déjà bâti pour le prochain niveau. Mentalement. Émotionnellement. Hockeyment.
Et pendant que les rumeurs circulent, les chiffres, eux, continuent de grimper.
37 points en 28 matchs dans la NCAA.
Neuvième meilleur pointeur du circuit universitaire.
Une domination constante dans les matchs importants.
Une production confirmée au Championnat du monde junior.
Chaque performance renforce une vérité simple : la valeur de Michael Hage monte. Rapidement.
Et plus elle monte, plus la décision de Kent Hughes devient délicate.
Parce qu’un directeur général peut toujours expliquer une transaction.
Mais il doit aussi vivre avec ses conséquences.
Pacioretty, lui, n’a pas dit quoi faire.
Il a été beaucoup plus habile que ça. Il a rappelé le contexte. Il a décrit le joueur. Il a exposé le potentiel. Et il a laissé la balle dans le camp de la direction.
« Je pense qu’il connaîtra beaucoup de succès dans la LNH », a-t-il ajouté, sans détour.
À partir de là, le message est clair.
Michael Hage n’est plus seulement un espoir prometteur.
Il est devenu un test de cohérence pour la reconstruction du Canadien.
Accélérer maintenant, ou respecter la patience stratégique prônée depuis trois ans.
Les appels vont continuer.
Les offres vont s’empiler.
La pression va monter.
Mais une chose est certaine : Max Pacioretty n’a pas parlé dans le vide.
Il a placé Kent Hughes devant une décision que personne d’autre ne peut prendre à sa place.
Et à Montréal, ce genre de décision définit souvent une époque.
À suivre ...
