Tension Montréal-Chicago: Kent Hughes remet le DG des Blackhawks à sa place

Tension Montréal-Chicago: Kent Hughes remet le DG des Blackhawks à sa place

Par David Garel le 2026-02-12

À Chicago, la reconstruction devait tranquillement prendre forme autour de Connor Bedard. Aujourd’hui, elle ressemble plutôt à un champ de ruines.

Dix points derrière la dernière place donnant accès aux séries, privés temporairement de leur meilleur joueu plus tôt cette saison, coincés dans un entre-deux où les espoirs n’explosent pas et où les choix récents inquiètent, les Blackhawks de Chicago vivent une saison qui cristallise toutes les frustrations accumulées depuis des années.

Et au cœur de cette colère noire, un nom revient sans cesse, comme un refrain impossible à faire taire : Ivan Demidov.

Chicago ne se remettra pas de l’avoir laissé passer.

L’erreur qui définit une reconstruction.

Le directeur général Kyle Davidson est aujourd’hui dans l’eau chaude jusqu’au cou. Son choix du repêchage 2024, celui de sélectionner Artyom Levshunov au deuxième rang plutôt que Demidov, est en train de devenir l’erreur honteuse de son mandat.

Pendant que Demidov, repêché par les Canadiens de Montréal, fait déjà lever les foules et est décrit par plusieurs comme un prodige la LNH, Levshunov peine à suivre le rythme nord-américain.

Son adaptation est laborieuse, sa confiance fragile, son impact presque invisible. On parlait d’un défenseur capable de stabiliser une brigade bleue ; on voit pour l’instant un jeune dépassé par la vitesse, hésitant dans ses lectures, incapable d’imposer sa présence.

Davidson a commis l’erreur classique : prioriser un besoin organisationnel au détriment du talent brut.

Il voulait solidifier sa défense. Il a laissé filer un joueur capable de transformer une franchise.

Chicago se retrouve avec un défenseur en apprentissage… pendant que Montréal jubile avec un prodige offensif.

La situation globale des Blackhawks est cruelle. Leur troisième choix en 2025, Anton Frondell, est encore en Suède. Frank Nazar, après un départ prometteur, est retombé au neutre. Sam Rinzel et Kevin Korchinski poursuivent leur développement dans la Ligue américaine alors qu’ils approcheront la mi-vingtaine. Bedard, lui, porte déjà beaucoup trop lourd sur ses épaules.

Et malgré tout ça, malgré cette impression de stagnation, Chicago devance encore Winnipeg, Calgary, St. Louis et Vancouver au classement. Ce qui rend la chose encore plus amère : ils auraient pu être tellement plus loin dans leur reconstruction.

Ils auraient pu bâtir autour d’un duo Bedard-Demidov.

Ils ont choisi autre chose.

Demidov, la gifle permanente...

Chaque but du Russe..

Chaque feinte.

Chaque présence électrisante.

Tout ça est vécu comme une gifle à Chicago.

Les partisans voient passer les faits saillants et se demandent comment Davidson a pu rater ça. Comment un DG peut regarder ce joueur, son patinage explosif, sa vision du jeu, son sang-froid, et décider que ce n’est pas le meilleur choix disponible.

Plusieurs analystes affirment déjà que Demidov est l’un des meilleurs joueurs de la LNH. Certains vont plus loin : ils parlent d’un potentiel joueur générationnel.

Et pendant ce temps, Levshunov tente simplement de survivre à ses présences dans la LNH.

À Chicago, la patience est finie.

La presse locale est cinglante. Les partisans réclament des comptes. Sur les réseaux sociaux, les commentaires sont sans appel : on parle d’« erreur de carrière », de « repêchage saboté », de « reconstruction compromise ».

Davidson est désormais sur la sellette. Plusieurs estiment que s’il n’y a pas de progrès significatifs rapidement, son poste pourrait être en jeu.

Parce que ce n’est pas seulement Levshunov qu’on juge.

C’est toute la vision.

Et cette vision, aujourd’hui, semble avoir raté l’essentiel : le talent comme fondation absolue.

Et pendant que Chicago s’enlise… Montréal avance.

À l’inverse, à Montréal, l’ambiance est à l’euphorie contrôlée. Demidov est déjà la coqueluche des partisans. Son attitude professionnelle, son charisme, son désir constant de s’améliorer en font un chouchou du vestiaire autant que des médias.

Pour Kent Hughes, c’est le scénario parfait.

Il a misé sur le talent pur. Il a profité de l’hésitation de Chicago. Et aujourd’hui, ce choix est perçu comme un coup de maître.

Hughes n’a pas tenté d’être plus intelligent que le hockey. Il a simplement repêché le meilleur joueur disponible.

Et ce faisant, il vient peut-être de gagner plusieurs années d’avance dans la reconstruction du CH.

Ce dossier est aussi une revanche personnelle.

Souvenez-vous : en 2022, Montréal avait été critiqué pour avoir acquis Kirby Dach dans une transaction impliquant notamment Frank Nazar. À l’époque, plusieurs observateurs jugeaient que Chicago avait gagné cet échange.

Aujourd’hui ?

Nazar plafonne. Dach n'est pas un élément central du projet montréalais, mais on raconte que le CH pourrait l'utiliser pour obrenir Vincent Trocheck ou Nazem Kadri.

Bref, si le CH arrive à obtenir un centre top-6 en sacrifiant Dach, plus personne ne pensera à Nazar. La fenêtre du CH s'ouvre maintenant et ce... pour les 10 prochaines année.

Et Hughes regarde Chicago s’enfoncer dans ses propres décisions.

Ajoutez à ça le fait que Davidson vient maintenant de répéter exactement le même type d’erreur que Montréal avait commise un an plus tôt avec Reinbacher-Michkov, choisir un défenseur à la place d’un attaquant d’élite, et vous obtenez la revanche parfaite.

La différence : Hughes, lui, vient de se racheter de façon spectaculaire avec Demidov.

Davidson, non. Voilà pourquoi le DG du CH a remis son rival de Chicago à sa place.

Levshunov est prisonnier d’une comparaison impossible

Pour Artyom Levshunov, la situation est intenable.

Comme David Reinbacher à Montréal, il est désormais « le gars pris à la place de Demidov ». Peu importe ce qu’il fera, il sera comparé. Chaque erreur sera amplifiée. Chaque match discret sera analysé à la loupe.

Il est condamné à devenir un défenseur de premier plan simplement pour justifier sa sélection.

Et ça, c’est un poids énorme pour un joueur de 20 ans.

À Chicago, on commence à comprendre l’ampleur du problème. Ce n’est pas juste un mauvais choix. C’est une décision qui pourrait définir toute une décennie.

Demidov aurait pu être le partenaire parfait de Bedard. Le moteur offensif d’une nouvelle ère. Le joueur autour duquel vendre des billets, bâtir une identité, relancer une ville.

À la place, les Blackhawks ont un défenseur en développement… et une base partisane en colère.

Une erreur que leurs partisans ne pardonneront pas.

Une erreur qui pourrait coûter le poste d’un DG.

Et une erreur qui, pendant de longues années, reviendra hanter chaque match, chaque saison, chaque tentative de reconstruction.

Surtout le pire.