Transaction d'Alexis Lafrenière: un comportement inacceptable du DG des Rangers

Transaction d'Alexis Lafrenière: un comportement inacceptable du DG des Rangers

Par David Garel le 2026-01-22

Le dossier Alexis Lafrenière est chaud brûlant à New York.

Alexis Lafrenière pensait avoir relancé sa saison lors du Winter Classic. Une prestation solide, engagée, inspirée, exactement ce qu’on attend d’un ancien premier choix au total.

Mais depuis ce moment‑là, la réalité l’a rattrapé brutalement. Cinq points en huit matchs. Un différentiel de moins sept. Et surtout, cette impression persistante qu’à New York, il s'enfonce devant nos yeux.

Lafrenière est pourtant officiellement engagé pour longtemps. Il en est à la première année d’un contrat de sept saisons, d’une valeur moyenne de 7,45 millions de dollars par année.

Un contrat qui, sur papier, devait sceller son statut de pilier. Mais en pratique, il ne le protège pas. Aucune clause de non‑échange avant l’été 2027. D’ici là, tout est possible.

Et à New York, on commence sérieusement à regarder les options.

Parce qu’échanger Lafrenière, ce ne serait pas une transaction comme les autres. Ce serait un aveu lourd de sens.

Celui d’admettre que l’organisation a échoué, encore une fois, avec un choix de premier plan. Kaapo Kakko, Vitali Kravtsov, Lias Andersson… la liste est longue, douloureuse, et Lafrenière en est désormais conscient. Il sait ce que représente son nom dans cette ville. Il sait aussi ce que signifie être le prochain sur la liste.

Le contexte ne l’aide pas. Les Rangers ont officiellement annoncé un « réoutillage ». Le mot est poli, mais le message est clair : des changements arrivent.

Le directeur général a parlé au groupe. Il a rencontré certains leaders individuellement. Mais Lafrenière, lui, n’a pas eu droit à cette discussion. Pas de rencontre en tête‑à‑tête. Pas de message direct sur son avenir. Et dans la LNH, ce silence est souvent plus inquiétant que les rumeurs.

Chris Drury a tout simplement refusé de le rencontrer, que ce soit pour l'avertir d'une future transaction, le mettre au courant ou le rassurer face aux rumeurs. Quel comportement inacceptable.

Lafrenière, fidèle à lui‑même, reste professionnel. Il dit vouloir rester. Il dit donner 100 %. Il parle d’un bon groupe. Mais il n’est pas naïf. Il sait que quand une saison dérape, les décisions suivent. Que le vestiaire change. Que les amis partent. Que le « business » finit toujours par rattraper l’humain.

C’est là que la logique hockey entre en jeu.

Si les Rangers décident de bouger Alexis Lafrenière, ils ne le feront pas pour des choix lointains ou des projets flous. Ils chercheront un échange de type nouveau départ contre nouveau départ. Exactement comme ce qu’on a vu récemment avec Dylan Cozens et Josh Norris. Deux jeunes joueurs talentueux, mais coincés dans un environnement devenu toxique pour leur développement. Deux organisations qui ont accepté que parfois, changer le décor est la seule façon de relancer une carrière.

À New York, on sait très bien que la valeur de Lafrenière n’a jamais été aussi basse. Le vendre maintenant, c’est risqué. Mais le garder sans conviction, c’est encore pire. Et c’est pour ça que l’option d’un échange hockey‑pour‑hockey commence à circuler de plus en plus sérieusement.

Ce que les Rangers cherchent est clair : de la jeunesse prête à jouer, de la structure, de la vitesse, et idéalement un joueur capable de s’insérer rapidement dans leur alignement, pas dans cinq ans. Ils veulent des pièces qui collent à leur nouveau discours : énergie, engagement, mentalité gagnante.

Et c’est exactement là que Montréal entre dans la discussion.

Pas parce que le Canadien est désespéré. Mais parce qu’il a des actifs qui correspondent à ce type de transaction.

Zachary Bolduc, par exemple, est souvent mentionné. Un jeune attaquant, responsable, avec un moteur, mais qui peine encore à s’imposer comme un joueur offensif constant dans la LNH.

Seul, Bolduc ne suffit pas. Personne ne le prétend. Mais dans un package réfléchi, il devient une pièce intéressante.

La réalité, c’est qu’un échange Lafrenière‑Bolduc serait le point de départ, pas la finalité. Il faudrait ajouter. Un autre jeune ou un choix élevé au repêchage.

Parce que malgré tout, Lafrenière reste un ailier de 24 ans, avec de l’expérience en séries, un pedigree unique, et un plafond qui n’a pas disparu du jour au lendemain.

À Montréal, l’argument est simple : le contexte serait radicalement différent. Moins toxique. Moins hostile. Un encadrement plus patient. Un rôle mieux défini. Et surtout, une organisation qui n’a pas brûlé ses jeunes à répétition.

Le Canadien n’aurait pas besoin que Lafrenière devienne immédiatement une supervedette. Il aurait besoin qu’il redevienne un joueur confiant, impliqué, libéré.

À New York, en revanche, la pression est constante. Chaque présence est disséquée. Chaque erreur amplifiée. Et quand un joueur devient le symbole d’échecs passés, il traîne un poids presque impossible à enlever.

C’est pour ça que l’idée d’un échange à la Cozens‑Norris fait autant de sens. Pas parce que Lafrenière est fini. Mais parce que parfois, une carrière a besoin d’un choc contrôlé pour repartir.

Les Rangers le savent. Lafrenière le sait. Et le Canadien, lui, observe attentivement.

Parce que si New York décide vraiment de tourner la page, il ne s’agira pas d’un geste de panique. Ce sera une décision froide, stratégique.

Et Montréal devra être prêt. Pas pour voler un joueur. Mais pour proposer le bon échange, au bon moment, dans un marché où les fenêtres se referment aussi vite qu’elles s’ouvrent.

Une chose est certaine : Alexis Lafrenière n’est plus intouchable. Et quand un ancien premier choix au total entre dans cette zone grise, l’histoire de la LNH nous a appris une chose : le dénouement arrive toujours plus vite qu’on le pense.