La nouvelle est tombée comme une bombe en plein cœur de Montréal, ville déjà secouée par le chaos des gardiens : Elliotte Friedman, la voix la plus fiable du pays, affirme que Jesper Wallstedt est officiellement disponible.
Le mot est lâché, la porte est entrouverte, et soudain, un jeune prodige de 23 ans, 6 pieds 3, 214 livres, un monstre technique et mental avec un taux d’efficacité de ,914 et une moyenne de 2,66 en 21 matchs, devient l’objet de convoitise de toutes les équipes qui rêvent d’un avenir stable devant le filet.
Douze victoires, quatre blanchissages, une courbe de progression qui frôle l’indécent : Wallstedt n’est pas juste bon, il est celui que toutes les organisations cherchent depuis dix ans: un numéro un naturel, un gardien construit pour avaler une équipe entière.
Filip Gustavsson est l'homme de Bill Guerin. À 27 ans, avec un contrat massif de 6,8 M$ par saison jusqu’en 2031, le Suédois est le gardien autour duquel Bill Guerin a décidé que son club gagnerait maintenant.
Minnesota ne peut pas garder deux numéros un. Pas à ce stade de leur cycle compétitif, pas après avoir déjà sacrifié Buium, Rossi, Öhgren et un choix de première ronde pour mettre leur fenêtre de victoire à tout de suite. (pour Quinn Hughes)
Et quand Friedman dit :
« Le Wild tentera d’obtenir un centre, et la pièce qu’ils utiliseront… c’est probablement lui », ce n’est pas une rumeur. C’est un coup de tonnerre.
Parce que dans une ligue où les jeunes gardiens dominants sont rarissimes, Minnesota vient d’admettre que le prix à payer pour compléter son top-6 offensif pourrait être ce joyau-là. On parle ici d’un geste qui change la trajectoire d’une franchise.
Et Montréal n’a jamais été aussi positionné pour foncer.
Parce que si Jacob Fowler a tout le talent du monde, si son mental impressionne, si son historique universitaire annonce un avenir brillant, la réalité demeure que dans la LNH moderne, un gardien de 6 pieds 1 est automatiquement scruté, contesté, analysé sous tous les angles.
Fowler est maintenant listé à 6 pieds 2, mais on nous dit qu'en réalité, il mesure 6 pieds 1.
Les mêmes débats reviennent, les mêmes inquiétudes, les mêmes critiques sur sa présence dans le filet. Le CH croit en lui, mais Wallstedt, lui, arrive avec le gabarit complet, la technique parfaite, la maturité physique absolue, le corps déjà prêt pour 60 matchs par saison.
Un Fowler à 6 pieds 3, 214 livres, déjà développé, déjà dominant. C’est le genre de comparatif qui fait réfléchir une direction, même convaincue d’avoir trouvé son homme.
Alors la vraie question surgit : est-ce que Montréal ose payer le prix du prodige?
Parce que ce prix-là sera violent. Minnesota veut gagner maintenant. Kaprizov arrive dans la fleur de l’âge. Bill Guérin a payé la lune pour Quinn Hughes. Le Wild n’acceptera pas de demi-mesures.
Il faudra offrir un vrai morceau : Oliver Kapanen, qui explose cette saison et qui représente déjà un centre top-6 crédible dans les deux sens de la patinoire, pourrait devenir le point de départ.
Mais le Wild exigera davantage. Un autre espoir A. Un choix de premier tour pour récupérer celui sacrifié dans la transaction de Quinn Hughes. Peut-être même un jeune ailier établi dans le top-9.
Mais Guerin n’a pas bougé ciel et terre pour Quinn Hughes afin de faire un autre échange qui ne comporte pas un centre qui peut l'aider maintenant.
Et Montréal devra se poser la question qui finit toujours par définir les grandes organisations : est-ce qu’on sacrifie une partie de notre présent et de notre futur au centre pour acquérir un joueur qui pourrait, littéralement, changer la structure entière de notre alignement pour les dix prochaines années?
Est-ce que tu fais assez confiance au développement de Michael Hage et Alexander Zharovsky (qui joue au centre dans la KHL) pour sacrifier Kapanen?
Parce que Wallstedt pourrait devenir, du jour au lendemain, ce que Price a été en 2007. Le pilier qui change toute la perception d’une équipe.
Le gardien qui stabilise une défense jeune, explosive mais encore vulnérable. Celui qui accompagne Hutson, Dobson, Guhle dans leur ascension. Celui qui donne à Suzuki et Caufield une fenêtre réelle de gagner.
Mais pour convaincre le Wild de lâcher Wallstedt, Montréal ne pourra pas se contenter de proposer un patch salarial à la Patrik Laine, un joueur secondaire ou un contrat qui n’a plus d’impact avec Oliver Kapanen.
Ce genre de joueur ne se donne pas. Ce genre de joueur s’arrache. Et il faudra être prêt à arracher une partie de l’avenir pour obtenir un joueur qui, lui, crée l’avenir.
Et pendant que tout ça mijote, c’est Jakub Dobeš qui affrontera Vegas, un rôle presque cruel compte tenu de la conjoncture : le filet brûle, Montembeault s’effondre, Fowler attend son tour à Laval, l’urgence explose… et lui doit improviser comme pare-chocs humain.
Personne ne voit en Dobeš une solution permanente. Personne, dans l’organisation, ne peut sérieusement croire qu’un gardien à ,887 changera la trajectoire de la saison.
Et si Elliotte Friedman dit que la porte est entrouverte pour Wallstedt, ce n’est pas le moment de regarder par la fenêtre.
C’est le moment de la défoncer.
