Transaction Montréal-San Jose: Marc-Édouard Vlasic voit rouge

Transaction Montréal-San Jose: Marc-Édouard Vlasic voit rouge

Par David Garel le 2025-08-29

Marc-Édouard Vlasic, c’est 1323 matchs dans la LNH, 19 saisons de loyauté inébranlable envers les Sharks de San Jose.

Un monstre défensif qui a bloqué 2165 tirs, gagné l’or olympique avec Équipe Canada, et incarné pendant des années l’un des meilleurs défenseurs défensifs de sa génération.

Et pourtant, son départ des Sharks n’a rien eu de digne. Pas d’hommage, pas de conférence de presse larmoyante. Juste un rachat brutal, survenu après qu’on lui eut affirmé en réunion de fin de saison qu’on voulait encore de lui comme mentor. Vlasic l’a dit lui-même :

« Ils m’ont dit avoir aimé mon rôle de mentor pour les jeunes. Ils m'ont dit qu'on veut ça l’année prochaine. Dans ma tête, je revenais. »

Deux mois plus tard, on l’a racheté. Sans élégance. Sans avertissement.

Et voilà que la rumeur s’amplifie : les Sharks, en quête d’un contrat mort pour atteindre le plancher salarial, pourraient absorber celui de Carey Price.

Un contrat dont les assurances paient déjà une énorme partie du 2 M$ restant après que le gardien reçu son bonus de 5,5 M$ lundi, et la pilule devient encore plus facile à avaler.

Autrement dit : un contrat lourd sur papier (10,5 M$ de cap hit), mais "soft" dans les faits.

Ouch. Pour San Jose, Price est plus utile que Vlasic. Plus intéressant. Plus « bankable » comptablement parlant. Et ça, pour Vlasic, c’est l’humiliation suprême. Être remplacé non pas par un jeune plein d’avenir, mais par un salaire fantôme.

Vlasic tente de nous faire croire que c'est lui qui voulait partir. Mais personne ne le croit.

Ce qui choque le plus, c’est la réaction publique du défenseur après son rachat. Loin de tourner la page avec dignité, il a lancé des phrases qui en disent long sur sa rancœur :

« Avoir refait ce que j’ai fait cette année, ça ne me tentait pas. »

Et surtout :

« Je vais le mettre dans les dents aux Sharks. »

À travers ces mots, on n’entend pas l’énergie d’un vétéran qui veut rebondir. On entend plutôt la colère noire d’un homme humilié.

Lui qui croyait encore à son rôle de mentor s’est retrouvé sur le trottoir, et sa promesse de revanche sonne davantage comme une tentative désespérée de sauver la face.

Le malaise est évident. Les partisans, les journalistes, même certains ex-coéquipiers ont vu dans ces déclarations non pas la combativité d’un champion, mais le désespoir d’un joueur qui refuse d’accepter la réalité : il n’était même plus assez bon pour la pire équipe de la ligue.

Pendant que Vlasic s’accroche à l’illusion d’atteindre 1500 matchs dans la LNH, les Sharks avancent. Et vite.

Avec Macklin Celebrini, Will Smith, Sam Dickinson, Michael Misa et compagnie, San Jose a lancé une reconstruction énergique. Vlasic n’a pas de place dans ce projet.

Pire : il symbolise exactement ce qu’ils veulent effacer, un vétéran lent, usé, payé trop cher.

Et maintenant, on lui préfère… Carey Price. Ou plutôt, le contrat de Carey Price. Un joueur fini, mais une valeur comptable précieuse.

Vlasic affirme qu’il est soulagé. Qu’il est libre. Qu’il veut jouer encore 177 matchs pour atteindre la barre des 1500. Mais tout le monde voit bien que ce sont des illusions. Si les Sharks, l’équipe la plus faible de la LNH, n’ont plus voulu de lui, qui voudra de lui ailleurs ?

Ce qui rend la situation si explosive, c’est le symbole. En accueillant Carey Price après avoir racheté Vlasic, San Jose enverrait un message clair :

« Dans tes dents!»

Et ça, pour un joueur aussi orgueilleux, c’est catastrophique. C’est une humiliation publique, un affront sans précédent.

Marc-Édouard Vlasic a eu une grande carrière. Mais elle se termine dans l’amertume, les rancunes et la colère.. Son club formateur le jette sans cérémonie. Et son remplaçant symbolique n’est même pas un joueur… mais le contrat mort d’un gardien légendaire.

C’est peut-être la plus grande tragédie sportive de l’été : voir un vétéran respecté s’accrocher à des illusions, pendant que le monde entier, Sharks, médias, partisans, tourne la page sans lui.

Marc-Édouard Vlasic sera papa cet hiver. Une nouvelle qui, dans n’importe quel autre contexte, viendrait adoucir toutes les blessures d’ego et les cicatrices d’une carrière bousculée.

C’est un moment de bonheur intime, une renaissance personnelle, une raison suffisante pour tourner la page en douceur et profiter enfin de la vie loin des projecteurs avec sa douce, Frédérique Guay.

Et pourtant, l’ancien leader des Sharks refuse obstinément de parler retraite. Il attend un PTO (un contrat d’essai professionnel) quelque part dans la ligue. Comme s’il avait encore besoin de prouver qu’il pouvait tenir tête à la vitesse d’une LNH qui n’a plus besoin de lui.

Il y a quelque chose de profondément triste dans cette acharnement. Vlasic a a un avenir assuré, que ce soit derrière un micro ou auprès de sa famille.

Et pourtant, il s’accroche à l’illusion qu’un club va l’appeler, qu’on va lui offrir un essai de quelques semaines au camp d’entraînement.

Comme si l’affront d’un rachat n’avait pas suffi, il s’expose maintenant au risque ultime : celui de mendier une dernière chance et de l’obtenir uniquement par pitié.

La vérité, c’est qu’à 38 ans, avec deux saisons écourtées et un rachat brutal, il n’a plus rien à prouver. S’il était sage, il annoncerait sa retraite, célébrerait ses accomplissements et se consacrerait pleinement à sa nouvelle vie de père.

Mais Vlasic s’entête. Et c’est peut-être ce qui rend ce chapitre encore plus douloureux : voir un guerrier qui a tout donné refuser de lâcher prise, incapable d’admettre que la partie est terminée.

Trop d'orgueil... trop d'ego...