Transaction Montréal-St Louis-Calgary-New York: Oliver Kapanen répond

Transaction Montréal-St Louis-Calgary-New York: Oliver Kapanen répond

Par David Garel le 2026-02-21

Il aura fallu attendre le match pour la médaille de bronze pour qu’Oliver Kapanen puisse enfin respirer.

Et surtout, pour qu’il brise le silence.

Après deux matchs complets passés au bout du banc, traité comme un figurant par le coach Antti Pennanen, le jeune centre du Canadiens de Montréal a finalement été propulsé directement sur le premier trio finlandais, à la droite de Sebastian Aho et Artturi Lehkonen, pour remplacer Mikko Rantanen, blessé.

De zéro minute à premier trio.

De l’ombre totale à la lumière la plus intense.

Et qu’est-ce qu’il a fait?

Il a été l’un des meilleurs joueurs finlandais sur la glace.

Deux poteaux.

Des présences lourdes.

De la vitesse.

De l’intelligence.

Du courage.

Bref, exactement ce qu’il aurait dû apporter depuis le début du tournoi.

« J’étais frais et dispos. On a eu de bons entraînements, donc j’ai pu toucher à la rondelle, mais ce n’était pas comme jouer. Ce soir, je pouvais tout donner, c’était seulement un match. »

Cette phrase-là résume tout.

Pendant deux rencontres, Kapanen a dû avaler sa frustration, rester prêt mentalement, regarder les autres jouer pendant que son pays manquait de punch offensif. Il n’a pas crié. Il n’a pas fait de vague. Il a attendu.

Et quand on lui a enfin donné une vraie chance, il a répondu.

Avec classe.

Avec maturité.

Avec professionnalisme.

Même Joel Armia, pourtant utilisé à sa place plus tôt dans le tournoi, l’a reconnu sans détour après le match :

« Ce soir, ils ont été notre meilleur trio, et de loin. Ils ont donné le ton. Kapanen est un excellent joueur. Il est intelligent, il peut marquer. Vous le savez à Montréal, il a montré tout ça. »

Même son gardien, Juuse Saros, n’en revenait pas :

« Il a été très impressionnant, surtout qu’il n’avait pas joué depuis deux semaines. Il a tiré deux fois sur le poteau, il aurait mérité un but. »

Voilà.

Tout est là.

Un joueur laissé de côté pendant 17 jours, jeté dans la mêlée sans transition, et qui devient instantanément un moteur offensif.

Et pourtant, ce même joueur avait été cloué au banc pendant deux matchs complets, sans même une présence.

Kapanen n’a pas attaqué son entraîneur frontalement, mais il n’a pas caché non plus à quel point cette situation était lourde :

« Tu commences à avoir faim, tu réfléchis beaucoup. Tu essaies de rester prêt, mais si tu dois embarquer, c’est sûr que ce sera difficile. »

C’est ça, la réalité d’un 13e attaquant utilisé comme décoration.

Il a même glissé, pince-sans-rire, que ça lui rappelait ses premières années chez les pros en Finlande.

Une façon élégante de dire : je connais ça, mais ce n’est pas normal.

Malgré tout, la Finlande repart avec le bronze.

Un pays de 5,5 millions d’habitants qui termine encore une fois sur le podium olympique.

Cinq podiums en six Olympiques avec joueurs de la LNH.

Prenons une seconde pour mesurer ça.

Cinq millions et demi.

C’est à peu près la grande région de Miami.

Et pourtant, année après année, ils produisent des Barkov, Aho, Rantanen, Lehkonen… et maintenant Kapanen.

Pendant ce temps, au Québec, on est plus du double… et on cherche encore nos centres d’impact.

Il y a une vraie leçon là-dedans.

Une leçon de développement.

Une leçon de culture hockey.

Une leçon d’humilité.

Hockey Québec devrait sérieusement aller passer quelques semaines à Helsinki.

Et pendant que Kapanen faisait taire les doutes sur la glace, son nom continuait de circuler dans les bureaux des DG.

Les Blues de Saint-Louis ont sondé Montréal dans un scénario impliquant Jordan Kyrou.

Les Flames de Calgary ont tenté de l’inclure dans les discussions pour Nazem Kadri.

Même les Rangers de New York ont regardé son profil dans un cadre exploratoire autour de Vincent Trocheck.

La réponse du Canadien?

Non.

Claire.

Ferme.

Oliver Kapanen n’est pas disponible.

Il est à Montréal pour rester.

Parce qu’un joueur capable d’encaisser ce genre d’humiliation, de rester professionnel, puis de livrer une performance de ce calibre sur la plus grande scène du hockey mondial, ça ne se remplace pas facilement.

Il repart de Milan avec une médaille de bronze.

Mais surtout, il repart avec le respect de tout son vestiaire.

Et avec un message clair envoyé à son entraîneur :

Tu aurais dû me faire jouer depuis le début.

Ce tournoi olympique aura été chaotique pour lui.

Mais Oliver Kapanen en sort grandi.

Et à Montréal, on vient de comprendre une chose très importante :

Ce kid-là est bâti pour durer... et rester avec le CH pour les 10 à 15 prochaines années...