Triste scène à Brossard: Patrik Laine perd sa dignité

Triste scène à Brossard: Patrik Laine perd sa dignité

Par David Garel le 2026-03-18

La scène est difficile à regarder. Et elle résume, à elle seule, tout le malaise qui entoure Patrik Laine à Montréal.

À l’entraînement, pendant que le groupe tourne, pendant que les systèmes sont travaillés, pendant que les unités spéciales prennent forme… lui est assis. Le long de la bande. Immobile. Spectateur.

Pas quelques secondes.

Pas un court moment entre deux exercices.

Non.

Pratiquement l'entraînement au complet.

Pendant ce temps-là, Martin St-Louis discute longuement avec sa première unité d’avantage numérique. Les ajustements sont précis. Les échanges sont constants. On corrige les détails, on place les joueurs, on répète les entrées de zone.

C’est du vrai hockey.

C’est du concret.

C’est là que ça se passe.

Et Laine regarde... dans le vide...

Pour un joueur comme lui, c’est encore plus cruel. Parce que s’il y a bien un endroit où il pourrait encore aider une équipe, c’est justement là : sur le jeu de puissance. Comme spécialiste. Comme tireur. Comme option ponctuelle.

Il ne demande même plus un rôle complet.

Il ne demande plus un trio.

Il voudrait juste jouer comme spécialiste du power play.

Mais même ça, on ne lui donne pas.

La deuxième vague embarque ensuite. Gallagher, Newhook, Kapanen, Bolduc, Dobson. Le groupe tourne, les répétitions s’enchaînent.

Et encore une fois, Laine n’en fait pas partie.

Il reste en marge.

Encore.

Dès que la glace se libère pour quelques minutes, il va prendre des tirs sur réception, espérant que Martin St-Louis le remarque.

Mais à chaque fois, il est seul au monde.

La scène envoie un message brutal : il est non seulement un indésirable. Il est devenu un fantôme.

Et pourtant, officiellement, rien n’a changé.

Son nom est toujours sur la liste des blessés. (mensonge)

On continue de parler de gestion.

On continue d’éviter le sujet.

Plus le temps passe, plus l’image devient lourde.

Parce qu’il y a aussi l’aspect physique qui commence à ressortir. Laine prends du poids à vue d'oeil. Gras de visage, ventre mou... ça se voit.

C’est normal. Un joueur qui ne joue pas, qui n’a pas de rythme de match, qui vit dans cette incertitude constante… ça se voit. Le corps change. Le timing disparaît. L’intensité baisse.

Et ça alimente encore plus la perception négative.

Il ne joue pas, il perd du rythme, il paraît moins prêt, on a encore moins envie de le faire jouer.

Pendant ce temps, le reste de l’équipe avance.

Les jeunes prennent leur place.

Les trios se solidifient.

Les unités spéciales se construisent sans lui.

Et lui reste figé dans un entre-deux impossible.

Ce qui rend la scène encore plus triste, c’est qu’on voit clairement qu’il aimerait être là. Pas en touriste. Pas en passager.

Juste comme joueur.

Mais aujourd’hui, à Montréal, Patrik Laine n’est plus traité comme un joueur de hockey.

Il est traité comme un problème à gérer.

Comme un homme qui a perdu sa dignité.

Silencieux.

Gênant.

Et profondément inhumain.