Difficile d’imaginer scénario plus absurde à la veille du jour de l’An.
Passer du sommet de la Ligue nationale à une plongée dans les bas-fonds en moins d’un an, c’est exactement ce que vivent les Jets de Winnipeg.
Une équipe qui avait terminé première de toute la LNH la saison dernière avec 116 points, aujourd’hui sous la barre de .500 après 37 matchs.
Quinze victoires. Dix-huit défaites. Quatre revers en bris d'égalité.
Trente-quatre points. Sept points hors du portrait des séries. Vingt points derrière le Wild du Minnesota.
Ça ne devrait tout simplement pas arriver.
La blessure de Connor Hellebuyck a exposé une réalité brutale : cette équipe est bâtie sur une seule colonne vertébrale.
Quand elle craque, tout s’écroule.
Défensive fébrile.
Attaque inconstante.
Identité floue.
Et surtout, aucune marge de manœuvre dans une division centrale devenue impitoyable.
À ce rythme-là, Winnipeg ne sera pas acheteur à la date limite.
Winnipeg sera vendeur.
Pas une vente spectaculaire, pas une explosion nucléaire, mais une liquidation tranquille.
Celle des équipes qui comprennent que la fenêtre se referme plus vite que prévu.
Et quand une liquidation s’annonce, Kent Hughes écoute toujours.
Le marché ne sera pas glamour, mais il sera fertile pour les aubaines.
Des vétérans qui avancent sur les dernières jambes, des contrats à court terme, des pièces qui n’entrent plus dans la vision à moyen terme.
Gustav Nyquist, 36 ans, agent libre à la fin de la saison. Du leadership, oui, mais les jambes ne suivent plus.
Jonathan Toews, 37 ans, trois buts, sept passes. Le respect est immense, l’impact réel beaucoup moins.
Tanner Pearson, 33 ans, profil interchangeable dans une ligue déjà pleine de joueurs de soutien.
Rien de tout ça ne change la trajectoire du Canadien de Montréal.
Mais un nom ressort du lot. Un nom qui fait lever la tête quand on regarde la situation défensive du CH.
Logan Stanley.
Six pieds sept. Deux cent trente et une livres. Gaucher. Vingt-sept ans.
Agent libre à venir.
Un géant qui ne coûtera pas cher, qui n’aura pas besoin d’un rôle offensif, et qui peut simplement venir stabiliser un poste qui, à Montréal, tourne en rond depuis trop longtemps.
Parce que la réalité est là : à gauche, ça brasse sans arrêt.
Jayden Struble, Arber Xhekaj, Adam Engström… trois profils, un seul siège stable.
Un soir sur deux, quelqu’un saute.
Un soir sur deux, quelqu’un force le jeu.
Un soir sur deux, quelqu’un sort de sa chaise.
Stanley n’est pas une solution miracle.
Mais c’est exactement le genre de pièce que Kent Hughes affectionne : un pari mesuré, une aubaine de marché aux puces, un corps capable d’absorber des minutes, de fermer le jeu simple, et de laisser les autres respirer.
Sacrifier un Struble pour ce type de transaction? Les yeux fermés. Demain matin. Sans hésiter.
Parce que pendant que Winnipeg se demande comment elle a pu passer de favorite au trophée du Président à aspirante à Gavin McKenna, Montréal avance autrement.
Sans panique. Sans précipitation. Mais avec l’œil ouvert quand une porte s’entrouvre ailleurs.
La vente de liquidation n’est peut-être pas officielle à Winnipeg.
Mais les étiquettes de prix commencent déjà à apparaître.
Et Kent Hughes sait exactement où regarder pour trouver une aubaine.
À suivre ...
