2175 dollars: les détenteurs des billets de saison sautent une coche contre Geoff Molson

2175 dollars: les détenteurs des billets de saison sautent une coche contre Geoff Molson

Par David Garel le 2026-04-17

Quelque chose est en train de casser à Montréal…

À quelques heures du début de la série entre les Canadiens de Montréal et le Lightning de Tampa Bay, la colère monte, mais pas contre un joueur (à part Kirby Dach) ou contre Martin St-Louis.

Elle vise directement le prix d’entrée au Centre Bell. Et cette fois, ce ne sont pas juste des commentaires sur les réseaux sociaux. Ce sont les détenteurs de billets de saison eux-mêmes qui décrochent.

Plus de 40 % des détenteurs de billets de saison du Canadiens de Montréal ont choisi de ne pas acheter leurs billets pour les séries éliminatoires.

Les prix, passant de 550 $ et 2,175 $ du billet, soulèvent des questions quant à la reconnaissance offerte à leur clientèle fidèle.

À cela s’ajoute une hausse tarifaire de 16 % annoncée pour la prochaine saison. Résultat : certains partisans envisagent désormais des alternatives. À titre d’exemple, un ami préfère se rendre à Tampa Bay pour voir son équipe favorite, une option qui s’avère, au final, plus abordable.

Les chiffres donnent le ton. Le billet le moins cher en revente tourne autour de 450 à 480 dollars. Dans les sections rouges?

Rien en bas de 1000 dollars, avant même d’ajouter les taxes. Pour une famille, pour un partisan moyen, c’est devenu complètement déconnecté de la réalité. On ne parle plus d’un luxe occasionnel. On parle d’un produit qui échappe à une bonne partie de la base qui a bâti cette organisation.

Le public est en furie.

Des calculs simples circulent déjà, et ils frappent fort.

Selon le journaliste Maxime Truman, Un billet bien placé à Tampa se trouve autour de 300 dollars canadiens. Un vol Montréal–Tampa? Environ 424 dollars. Une nuit d’hôtel quatre étoiles? 167 dollars. Total: à peu près 960 dollars pour voir un match des séries… en Floride, avec transport et hébergement inclus.

Pendant ce temps, une soirée équivalente au Centre Bell dépasse facilement les 1000 dollars… sans même compter le déplacement ou le stationnement.

Suivre le Canadien à l’étranger coûte moins cher que de le voir à la maison.

Ça frappe directement l’identité du club. Parce que le Canadien, ce n’est pas juste une équipe. C’est une institution populaire. Du moins, ça l’a toujours été.

Mais aujourd’hui, ce lien est fragilisé.

Quand plus de 40 % des détenteurs de billets de saison refusent d’acheter leurs sièges pour les séries à cause des prix, ce n’est pas un caprice. C’est un signal. Des gens qui ont payé, qui ont attendu, qui ont été fidèles pendant des années… choisissent de rester chez eux.

Et pendant ce temps, à Tampa, on commence à paniquer.

Des comptes influents liés au Lightning supplient leurs partisans de ne pas vendre leurs billets aux fans du Canadien.

Le message est clair: “Ils ne sont pas les bienvenus dans notre aréna.”

Mais le problème pour eux, c’est que la réalité économique joue contre eux. Les partisans montréalais voyagent. Ils l’ont toujours fait. Et là, ils ont une raison de plus de le faire.

Parce que c’est plus abordable.

Le scénario est presque ironique. À Montréal, on exclut une partie de sa propre base avec des prix hors de portée.

À Tampa, on redoute une invasion de ces mêmes partisans qui trouvent une alternative plus accessible. Résultat: une vague rouge en Floride pendant que certains sièges corporatifs restent froids au Centre Bell.

Ce n’est pas juste une question de billets. C’est une question de direction.

Jusqu’où tu peux pousser les prix avant de perdre ton monde? Jusqu’à quel point une organisation peut capitaliser sur sa popularité sans briser le lien avec ceux qui l’ont soutenue pendant des décennies?

Parce que les séries, à Montréal, ce n’est pas censé être un produit de luxe réservé à une élite.

C’est censé être un moment collectif appartenant au peuple.

Tellement triste...