Entraînement étrange à Brossard: Martin St-Louis inquiète

Entraînement étrange à Brossard: Martin St-Louis inquiète

Par David Garel le 2026-04-17

À deux jours du début de la série contre le Lightning de Tampa Bay, l’entraînement du Canadiens de Montréal a fait lever bien des sourcils, et pas pour les bonnes raisons.

Sur la glace à Brossard, tout le monde ou presque était de retour. (Nick Suzuki, Kaiden Guhle et Jacob Fowler ont patiné)

Mais ce n’est pas la présence des joueurs qui a retenu l’attention. C’est la manière.

Un mini-match à trois contre trois, en espace restreint, à ce moment précis de la saison.

Hum Ce type d’exercice peut se défendre. Ça travaille la créativité, la rapidité d’exécution, les réflexes. Mais à la veille des séries éliminatoires, contre une équipe lourde, expérimentée, structurée comme Tampa Bay, ça passe mal.

Voir Alexandre Texier sortir ses mains du dimanche, comme si on était à la patinoire du coin, nous inquiète en vue du premier affrontement contre Tampa Bay... qui sera une véritable guerre sur la glace...

D’un côté, un adversaire reconnu pour sa rigueur, son jeu physique, sa capacité à fermer le centre de la glace. De l’autre, un entraînement qui donne l’impression d’un hockey d’été, loin de l’intensité et des batailles de territoire qu’on va voir dès la première mise au jeu.

Et c’est là que le malaise s’installe autour de Martin St-Louis.

Lui-même avait admis vouloir apprendre de l’an dernier, vouloir mieux préparer son groupe pour les séries, mieux comprendre ce que ça exige.

Or, ce qu’on voit en ce moment donne l’impression inverse. Une préparation plus légère, plus “skill-based”, alors que tout indique que la série va se jouer dans les coins, devant les filets, dans le trafic lourd. Ce n’est pas avec du trois contre trois que tu simules Corey Perry dans ta cuisine.

Parce que pendant que Montréal joue en espace ouvert à l’entraînement, Tampa, lui, prépare exactement l’inverse : fermer le jeu, frapper, imposer son rythme.

Et comme si ce n’était pas suffisant, la composition des trios vient ajouter une autre couche de frustration.

Les combinaisons observées :

Caufield - Suzuki - Slafkovsky

Texier - Newhook - Demidov

Anderson - Danault - Evans

Bolduc - Kapanen - Dach

Matheson - Guhle

Hutson - Carrier

Reinbacher - Engstrom

Struble - Xhekaj

Et à l’écart, en rotation limitée : Joe Veleno, Brendan Gallagher et Patrik Laine.

C’est là que ça brasse.

Parce que Veleno, dans les dernières semaines, a offert quelque chose de concret : de l’intensité, une présence défensive fiable, une capacité à jouer des minutes honnêtes sans te mettre dans le trouble.

Rien de spectaculaire, mais exactement le type de profil qui devient précieux en séries. Et pourtant, il se retrouve exclu au profit de Kirby Dach, dont l’impact reste nuisible malgré les occasions répétées.

Le débat n’est même plus subtil. Il devient frontal.

Pourquoi Dach, encore? Pourquoi cette confiance maintenue alors que d’autres poussent? Pourquoi un joueur comme Veleno se retrouve derrière dans la hiérarchie?

Ce n’est pas seulement une question de production. C’est une question d’identité.

Et ce que plusieurs reprochent aujourd’hui à St-Louis, ce n’est pas seulement ses choix. C’est le message que ces choix envoient.

Une équipe qui entre en séries devrait resserrer son jeu, envoyer des signaux clairs sur l’effort, sur la responsabilité, sur la capacité à gagner des batailles. Là, on voit plutôt une gestion qui semble encore chercher des réponses au lieu de s’appuyer sur ce qui fonctionne.

Le plus inquiétant, c’est le timing.

Tu peux expérimenter en novembre. Tu peux tester des combinaisons en février. Mais à la veille d’affronter une machine comme Tampa Bay, chaque décision, chaque détail, chaque répétition compte. Et en ce moment, il y a un décalage entre le type de hockey qui s’en vient et ce que le Canadien semble préparer.

C’est pour ça que cet entraînement fait autant jaser.

Parce qu’il ne s’agit pas juste d’un exercice à trois contre trois.

Il s’agit d’un symptôme: le CH est une bonne petite équipe de saison régulière. Son coach est excellent pour le développement.

Mais est-il le bon candidat alors que la fenêtre s'ouvre pour la Coupe Stanley? Rien n'est moins sûr.