Bagarre contre un monstre de 7 pieds 1 : Zachary Bolduc  au pied du mur

Bagarre contre un monstre de 7 pieds 1 : Zachary Bolduc au pied du mur

André Soueidan
Le 2026-09-13

Une vidéo d’un jeune Québécois qui accepte de se battre devant un joueur de 7 pieds 1 pouce fait parler dans le monde du hockey.

Mais à Montréal, cette scène soulève une question beaucoup plus intéressante : est-ce exactement ce genre de caractère qui manque encore à Zachary Bolduc?

La séquence s’est déroulée samedi soir, lors d’un match préparatoire entre les espoirs des Kings de Los Angeles et ceux des Sharks de San Jose.

Alexander Karmanov, un défenseur de 7 pieds 1 pouce et 280 livres, venait de frapper solidement un joueur des Kings alors qu’il transportait la rondelle vers le territoire adverse.

Une mêlée a rapidement éclaté autour du joueur laissé au sol, et Liam Lefebvre n’a pas attendu longtemps avant de prendre ses responsabilités.

L’ancien des Saguenéens de Chicoutimi a laissé tomber les gants devant Karmanov.

Le Québécois savait très bien ce qui se trouvait devant lui.

Un adversaire de cette taille ne ressemble pas exactement au client idéal pour une première danse dans un camp des recrues.

Pourtant, Lefebvre a avancé, a accepté le défi et s’est débrouillé honorablement dans une situation qui aurait certainement fait hésiter plusieurs joueurs.

Ce n’est pas nécessairement le combat lui-même qui mérite toute l’attention. C’est la décision de le livrer.

Lefebvre a vu son coéquipier se faire malmener, puis il a choisi de répondre.

Ce genre de geste ne garantit pas une place dans la LNH, mais il révèle quelque chose sur un joueur. Une identité. Une limite qu’il est prêt à repousser.

Une façon de dire qu’il ne veut pas être simplement présent sur la glace, mais qu’il veut aussi laisser une trace.

C’est précisément ce qui ramène Zachary Bolduc dans la conversation.

Le jeune attaquant québécois n’a toujours pas signé son nouveau contrat avec le Canadien, et les négociations traînent depuis le début de l’été.

Plus le temps passe, plus une question revient : dans quelle catégorie de joueur Bolduc veut-il être placé?

Son agent et Kent Hughes doivent forcément tenter de répondre à cette question avant de s’entendre sur un salaire et une durée.

Bolduc possède des qualités évidentes. Il peut marquer, il possède un bon tir, il peut utiliser son gabarit pour déranger devant le filet et il n’hésite pas à distribuer quelques coups d’épaule lorsqu’une occasion se présente.

Toutefois, son profil n’est pas encore assez défini pour qu’on sache exactement ce qu’il deviendra dans l’alignement du Canadien.

Est-ce un attaquant de deuxième trio capable de jouer aux côtés d’Ivan Demidov? Est-ce un joueur de soutien qui peut produire à l’occasion? Est-ce un spécialiste de l’avantage numérique? Un attaquant de puissance? Un joueur capable de tuer des pénalités?

Pour l’instant, plusieurs de ces réponses demeurent incertaines.

Bolduc n’est pas reconnu comme un grand spécialiste du désavantage numérique.

Il n’est pas celui qu’on imagine immédiatement jeter les gants pour défendre un coéquipier.

Il peut frapper, mais il ne fait pas encore de cette dimension une véritable marque de commerce.

Il peut déranger, mais il ne possède pas encore cette réputation qui fait réfléchir l’adversaire avant même la mise au jeu.

C’est ici que la vidéo de Lefebvre devient intéressante pour lui. Bolduc n’a pas besoin de devenir un bagarreur invétéré ni de provoquer chaque joueur adverse.

Il doit plutôt trouver ce qui le rendra indispensable.

S’il veut éventuellement remplacer un joueur comme Josh Anderson dans le rôle d’un attaquant imposant, capable de créer de l’espace, de protéger ses coéquipiers et de rendre la vie difficile aux défenseurs adverses, il devra développer une identité beaucoup plus claire.

Anderson n’est pas seulement évalué sur ses buts et ses points.

Sa valeur repose aussi sur son impact physique, sa capacité à transporter la rondelle, son courage dans les zones dangereuses et la menace qu’il représente lorsqu’il décide d’utiliser son corps.

Pour devenir son éventuel successeur, Bolduc devra démontrer qu’il peut offrir quelque chose de semblable, mais à sa manière.

Martin St-Louis doit pouvoir regarder Bolduc et savoir exactement ce qu’il apporte lorsqu’il l’envoie sur la glace dans un match serré.

Pour le moment, le Canadien voit un jeune attaquant talentueux, mais encore en construction.

C’est peut-être cette incertitude qui complique les négociations.

Son agent peut croire que son potentiel mérite déjà une importante récompense, tandis que Hughes cherche à déterminer à quel type de joueur il aura réellement affaire.

La scène de Lefebvre ne règle évidemment pas le dossier contractuel de Bolduc.

Elle lui rappelle toutefois une chose essentielle : dans la LNH, le talent attire l’attention, mais une identité forte permet de devenir difficile à remplacer.

Zachary Bolduc n’a pas besoin de copier Liam Lefebvre. Il doit simplement trouver son propre côté méchant… puis avoir le courage de l’imposer.

À suivre…