C’est terminé pour Arber Xhekaj: son cauchemar tourne mal

C’est terminé pour Arber Xhekaj: son cauchemar tourne mal

David Garel
Le 2026-05-21

Le message est impossible à ignorer. À un certain point, les gestes parlent plus fort que les conférences de presse, plus fort que les explications prudentes, plus fort que les éternels « on croit en lui » qu’on répète devant les micros.

En ce moment, tout ce que vit Arber Xhekaj à Montréal ressemble de plus en plus à la chronique d’une rupture annoncée.

Il faut arrêter de faire semblant qu’on ne voit rien.

Quand un défenseur joue une minute 52 dans un match numéro sept, un vrai match de survie, un match où chaque présence compte, ce n’est déjà pas banal.

C’est un message immense. Martin St-Louis venait essentiellement de dire au monde entier qu’au moment le plus important de la saison, il ne faisait pas confiance à Xhekaj.

1:52.

Même pas deux minutes.

Un défenseur qui passe plus de temps à ouvrir la porte du banc qu’à jouer, ça ne ressemble pas à un morceau important d’un projet. Ça ressemble à un joueur qu’on protège à peine dans la vitrine, ou à un joueur qu’on ne sait plus comment utiliser.

Pourtant, malgré ça, malgré l’humiliation sportive d’un match numéro sept où il a pratiquement regardé le hockey plus qu’il ne l’a joué, plusieurs se disaient encore une chose : peut-être que le premier match de la nouvelle série contre les Hurricanes allait tout changer.

Peut-être que Martin St-Louis allait revenir avec un peu de gros bon sens. Peut-être qu’on avait compris que cette équipe a besoin d’un défenseur intimidant, d’un gars qui change le ton émotionnel d’un match, d’un joueur qui fait lever le Centre Bell dès qu’il frappe quelqu’un.

Mais non.

Après avoir été humilié en réchauffant le banc, Xhekaj se retrouve avec les extras.

Encore une fois, le message est tellement sans pitié pour le pauvre défenseur et sa famille.

Encore une fois, on le regarde patiner à part pendant que d’autres prennent les vraies répétitions.

Et là, il devient difficile de prétendre qu’il ne se passe rien.

Un entraîneur peut dire bien des choses devant les caméras. Il peut parler de compétition interne. Il peut parler de matchups. Il peut parler de rythme ou de mobilité. Mais dans le hockey, les joueurs savent lire entre les lignes. Les agents aussi. Les familles aussi.

Quand tu joues au yoyo avec un gars pendant des mois, quand tu le fais entrer, sortir, revenir, disparaître, quand tu le limites à un rôle marginal, puis qu’au moment crucial tu l’écartes presque complètement, le joueur finit par comprendre.

Et la famille aussi.

On le sait déjà, il y a eu des signes de frustration autour du clan Xhekaj. Pas besoin d’être un génie pour sentir un malaise.

Quand tu vois un joueur populaire, adoré des partisans, sacrifié encore et encore malgré ce qu’il apporte émotionnellement au groupe, ça finit par laisser des traces.

Le débat n’est même plus de savoir si Arber Xhekaj est parfait.

Il ne l’est pas.

Oui, il prend parfois de mauvaises décisions. Oui, son positionnement peut être inégal. Oui, il joue avec beaucoup d’émotion, ce qui peut le mettre dans le trouble face aux arbitres.

Mais depuis quand un jeune défenseur robuste se développe assis dans les gradins? Depuis quand tu bâtis un joueur intimidant en lui rappelant constamment qu’il est optionnel?

On peut aimer ou non son style. On peut croire que Jayden Struble offre plus de stabilité contre la rapidité des Canes. On peut préférer un défenseur plus calme. C’est un débat de hockey légitime.

Mais ce qui devient impossible à nier, c’est le signal envoyé.

Ce signal...sent dangereusement la fin.

À un moment donné, Kent Hughes devra prendre une décision. Xhekaj ne restera pas éternellement un 6e ou 7e défenseur émotionnel qu’on utilise seulement pour avoir le rôle de piquet sur le banc, de porteur d'eau ou de mascotte dans les gradins.

Sa valeur reste élevée dans la Ligue nationale. Des équipes paieraient cher pour un défenseur de 6 pieds 4 pouces, 240 livres, intimidant, capable de jeter les gants, aimé du vestiaire, adoré des partisans et encore jeune.

Le genre de joueur que plusieurs formations protègent jalousement.

À Montréal, pourtant, on agit comme s’il était un moins que rien.

Voilà pourquoi il risque d'avoir des offres hostiles cet été.

Si Martin St-Louis ne lui fait toujours pas confiance quand ça compte vraiment, une question commence à devenir impossible à éviter : pourquoi le garder?

En ce moment, tout indique qu’on s’approche d’un point de rupture. Le joueur doit être tanné. Le clan doit être tanné. Les partisans commencent à être tannés du mauvais traitement qu'on lui inflige.

Surtout, le hockey a une mémoire.

Un gars qui joue 1:52 dans un match numéro sept, puis qui se retrouve encore avec les extras au début de la série suivante, ça ne ressemble pas à un simple choix stratégique.

Ça ressemble à un avertissement... la première étape avant une transaction estivale.

Kent Hughes devra échaner Xhekaj... avant la première offre hostile...