Chris Kreider est déjà caché… et ça commence à inquiéter.
On nous avait vendu Chris Kreider comme un véritable coup de circuit. Une signature à faible risque, un vétéran d’expérience capable d’apporter du poids, de la présence devant le filet et encore suffisamment de talent pour jouer avec Nick Suzuki et Cole Caufield.
Mais après un seul match préparatoire, le Canadien semble déjà vouloir le mettre au repos.
Kreider ne sera pas à Trois-Rivières ce soir pour affronter les Sénateurs. Les quatre plus vieux vétérans ne joueront pas (Phillip Danaul, Mike Matheson et Josh Anderson sont aussi absents), ce qui peut évidemment s’expliquer par la gestion des effectifs en présaison. Mais dans le cas de Kreider, difficile de ne pas faire le lien avec cette première sortie qui n’a absolument pas rassuré.
Voici la formation qui affrontera les Sénateur à Trois-Rivières (voir la suite de l'article après l'alignement):

Le problème n’est pas qu’il ait terminé son premier match sans point.
Le problème, c’est l’impression générale laissée sur la glace.
Kreider avait l’air lent. Lourd. En retard. Il avait de la difficulté à suivre certaines séquences et, pendant de longues périodes, on avait l’impression qu’il était simplement incapable de suivre le rythme imposé par les autres joueurs.
Et ça, contre une formation de Toronto digne de la ligue américaine, voire de la ECHL, tellement les Leafs avaient envoyé des "no-name".
Il a joué 17 min 05 s et n’a obtenu qu’un tir au but dans sa première rencontre avec Montréal.
Oui, il y a eu de belles choses.
Sa magnifique passe transversale vers Caufield aurait pu lui donner une mention d’aide si le tir n’avait pas frappé le poteau. Il possède encore cette vision et cette capacité à faire une passe qui peut changer complètement une séquence.
Mais c’est justement ça qui est inquiétant.
Il peut encore avoir un éclair de génie, mais est-ce qu’il peut encore suivre une rencontre pendant 60 minutes?
C’est la question.
Martin St-Louis a évidemment tenté de calmer le jeu après cette première sortie. Le discours était celui qu’on attend d’un entraîneur qui vient d’accueillir un nouveau joueur : adaptation, nouveaux coéquipiers, nouveau système, nouveau rôle. Il faut lui laisser du temps.
Parfait.
Mais aujourd’hui, Kreider ne sera même pas en uniforme.
Et pendant qu’il récupère, le Canadien va donner des minutes à d’autres joueurs qui se battent pour leur poste. Zachary Bolduc, Kirby Dach, Alexandre Texier, Florian Xhekaj, David Reinbacher, Adam Engström, Arber Xhekaj et Jayden Struble jouent gros ce soir.
Kreider n’a rien à prouver pour conserver sa place dans l’organisation. Mais il doit prouver qu’il peut encore être un joueur important dans cette formation.
Sinon, on va avoir envie de prononcer le nom de... Patrik Laine...
Si le Canadien veut réellement utiliser Kreider dans le top-6, il faut qu’il puisse suivre le rythme de Suzuki et Caufield. Il faut qu’il puisse récupérer les rondelles, gagner ses batailles et arriver devant le filet avec suffisamment d’explosivité pour être dangereux.
Sinon, son rôle risque de changer très rapidement... vers la section des plombiers ou des vétérans finis...
Montréal possède déjà tellement de joueurs qui peuvent prendre des minutes de profondeur. Ce que le Canadien est allé chercher avec Kreider, c’est justement quelque chose de différent : son expérience, son gabarit, son jeu près du filet, sa capacité à marquer et son vécu dans les matchs importants.
Si ses jambes ne suivent plus, une bonne partie de la valeur de cette acquisition disparaît.
Il ne faut évidemment pas déclarer Kreider fini après un match préparatoire.
Mais il ne faut pas non plus fermer les yeux sur ce qu’on a vu.
Kreider est déjà sur le côté.
Après une première impression catastrophique, le timing fait forcément jaser.
Et il faut se rappeler que Kreider n’arrive pas ici sans aucune question autour de lui. Il a 35 ans. Il a été libéré par Anaheim avant de signer à Montréal. Le Canadien savait donc parfaitement qu’il achetait un joueur vieillissant avec un historique impressionnant, mais dont le meilleur niveau appartient probablement au passé.
Pour l’instant, le moteur tousse.
Si Kreider frappe réellement un mur, Montréal ne pourra pas simplement compter sur son nom, son expérience ou ses souvenirs des belles années.
Le hockey ne fonctionne pas comme ça.
Et le Canadien vient peut-être déjà de comprendre qu’il faudra gérer Chris Kreider avec énormément de précaution.
Le coup de circuit est peut-être encore possible. Mais après une seule présence au bâton, disons qu’il vient de se faire retirer sur trois prises.
