Ça chauffe à Montréal.
Et cette fois, le silence en dit peut-être beaucoup plus que les mots.
Arber Xhekaj est toujours sans contrat. Zachary Bolduc aussi. Le camp approche. Et pour la première fois depuis le début de cette saga, l’agent d’Arber Xhekaj ne veut plus commenter les négociations avec le Canadien de Montréal.
Le clan Xhekaj ne reproche plus simplement au Canadien de ne pas offrir assez d’argent. On parle maintenant de la façon dont Kent Hughes mène la négociation.
Brian Bartlett a laissé entendre que la stratégie du Canadien était particulièrement agressive, voire « sale ». Le problème, selon le clan du défenseur, est que Montréal utiliserait contre Xhekaj une situation que l’organisation aurait elle-même créée : Martin St-Louis ne lui donne pas suffisamment de responsabilités, puis Kent Hughes utilise ce manque de responsabilités pour expliquer pourquoi Xhekaj ne mérite pas le salaire qu’il réclame.
On considère que Hughes tente de faire baisser artificiellement la valeur de son client en s’appuyant sur une utilisation décidée par l’organisation elle-même. C’est une attaque directe contre la stratégie du DG.
Aujourd’hui?
Plus rien.
Bartlett ne veut plus divulguer quoi que ce soit.
Et ce changement de ton survient après que le clan Xhekaj a commencé à dénoncer la façon dont Kent Hughes mène cette négociation.
Quelque chose s’est brisé.
Au départ, le message était : tout va bien, les deux camps discutent, Xhekaj aime Montréal.
Maintenant, le message est : aucun commentaire.
Et ce silence arrive alors que le dossier est devenu extrêmement public.
Selon les informations qui circulent depuis plusieurs semaines, le Canadien voudrait maintenir Xhekaj dans une fourchette située autour de 1,7 à 2,1 millions de dollars par saison, tandis que le clan du défenseur viserait plutôt entre 2,5 et 3 millions.
L’écart n’est pas énorme à l’échelle de la LNH.
Mais il est devenu énorme dans cette négociation.
Parce que derrière les chiffres, il y a maintenant une question beaucoup plus délicate : quelle valeur le Canadien accorde-t-il réellement à Arber Xhekaj?
Le « shérif » considère qu’il possède une valeur particulière.
Il mesure 6 pieds 4 pouces.
Il est extrêmement physique.
Il possède une dimension intimidante que très peu de défenseurs peuvent offrir.
Il est capable de jeter les gants.
Il protège ses coéquipiers.
Il apporte une identité à une équipe qui n’a pas énormément de joueurs capables de jouer ce rôle.
Et surtout, il est encore jeune.
Mais le Canadien possède son propre argument.
Le temps de glace.
Martin St-Louis n’a jamais traité Xhekaj comme un défenseur établi du top six. Il y a eu des séquences où le défenseur a complètement disparu de la formation. En séries, son utilisation a été honteuse, même si le CH se faisait brasser.
Alors Kent Hughes peut regarder son agent et dire :
« Tu veux être payé comme un joueur important. Notre entraîneur te méprise. »
C’est une arme de négociation tellement puissante.
Mais le clan Xhekaj peut retourner exactement le même argument.
« Comment voulez-vous qu’il démontre sa valeur si vous ne lui donnez pas la possibilité de la démontrer? »
Cette négociation devient explosive.
C’est un cercle vicieux.
Le 15 septembre approche.
Après cette date, certaines possibilités contractuelles changent, notamment la possibilité de conclure une nouvelle entente de huit ans. À partir du 16 septembre, les bonis à la signature seront également limités à 60 % du contrat.
Xhekaj n’est évidemment pas sur le point de signer une entente de huit ans avec Montréal.
Mais son statut pourrait devenir intéressant dans une autre situation.
La fameuse transaction.
Xhekaj est encore autonome avec compensation.
Une équipe qui l’acquerrait pourrait négocier directement son contrat.
C’est précisément pourquoi son nom peut continuer à circuler dans les discussions entourant le Canadien.
Et ce n’est pas seulement Xhekaj.
Zachary Bolduc est lui aussi toujours sans contrat.
Pierre McGuire et Stu Cowan ont déjà soulevé l’idée que les deux dossiers puissent être liés à la stratégie globale de Kent Hughes. Cowan a notamment évoqué la possibilité qu’un directeur général garde volontairement ses RFA non signés afin de conserver une flexibilité maximale avant une transaction.
Un agent qui disait récemment que les discussions étaient positives et qu’il n’y avait aucune panique ne veut maintenant plus rien révéler.
La preuve que Xhekaj quittera Montréal?
Ça va péter.
Xhekaj demeure tellement populaire dans le vestiaire.
Geoff Molson a déjà parlé de son importance pour l’organisation.
Nick Suzuki a également réitéré que le défenseur est une pièce importante du groupe.
Même Stéphane Robidas s’est montré confiant quant à l’avenir du défenseur à Montréal, affirmant récemment que Xhekaj est fier de jouer pour le Canadien et qu’il veut aider l’équipe à gagner.
Le vestiaire veut le « shérif ».
La direction le traite comme un moins que rien.
Son agent ne veut maintenant plus parler.
Après les accusations concernant la manière dont le dossier est négocié, le silence est devenu la nouvelle arme.
Ce dossier... pue au nez...
Le Canadien attend toujours son prix.
Et Kent Hughes, lui, garde toujours une autre carte dans sa manche.
Le téléphone.
