Parmi tous les espoirs du Canadien de Montréal, Vinzenz Rohrer est probablement l’un des noms dont on parle le moins. Et pourtant, le petit attaquant autrichien est en train de faire exactement ce qu’il doit faire en Suisse : prendre de la confiance, jouer un rôle important et produire.
Rohrer connaît un début de saison complètement dément avec l’EV Zug. Après deux matchs, il totalise déjà six points, dont deux buts et quatre passes, alors qu’il n’avait récolté que 12 points en 41 rencontres la saison dernière avec les Lions de Zurich.
Il est en feu, comme en témoigne son dernier match de 3 points où il enflamme la glace avec des passes soulevées, des mains de feu et du talent à revendre:
Le changement de ville est important : à Zurich, il évoluait dans une équipe beaucoup plus riche en profondeur, alors qu’à Zoug, il devrait bénéficier d’un rôle beaucoup plus important.
Et ça paraît déjà.
Rohrer n’est plus simplement un jeune espoir qui tente de trouver sa place dans une formation suisse. Il est en train de devenir un joueur qu’on remarque. Il possède cette vitesse, cette intelligence et cette capacité à créer des jeux qui peuvent rapidement faire de lui un élément très intéressant pour le Canadien.
Il avait commencé l'année comme Superman. Son tout premier match de l'année avait déjà créé la commotion:
6 points en 2 matchs. Et il faut regarder son nouveau contrat pour comprendre pourquoi son choix de retourner en Suisse est parfaitement logique.
Le gars n’allait quand même pas accepter de jouer dans les mineures à Laval pour 82 500 $.
Selon les informations rapportées au sujet de son entente avec l’EV Zug, Rohrer toucherait entre 750 000 et 800 000 francs suisses par saison, soit environ 900 000 $ US. On parle donc d’un salaire qui est plus de dix fois supérieur à ce qu’il aurait pu gagner dans la Ligue américaine.
Pendant que plusieurs jeunes joueurs doivent accepter le salaire de la LAH et vivre le quotidien des mineures en attendant leur chance, Rohrer est en Suisse, dans une excellente ligue, avec un rôle important et un contrat de millionnaire pour un joueur de 21 ans.
Le Canadien lui a donné son feu vert pour poursuivre son développement en Europe plutôt que de l’envoyer au Rocket de Laval. Et financièrement, le choix était évident. Il ne s’agit pas d’un joueur qui abandonne son rêve de jouer dans la LNH. Il choisit simplement une route différente pour y arriver.
Et pour l’instant, cette route fonctionne.
Rohrer avait connu une saison beaucoup plus discrète à Zurich, avec seulement quatre buts et huit passes en 41 matchs. Il faut toutefois replacer cette production dans son contexte. Il jouait dans une équipe où son rôle était différent, et il avait moins de responsabilités offensives.
À Zoug, le portrait change complètement.
Il joue davantage.
Il touche davantage à la rondelle.
Il est davantage impliqué offensivement.
Et il produit.
Il y a aussi Tomas Tatar dans l’équation. Le vétéran slovaque évolue lui aussi avec Zoug et connaît également un début de saison productif. Les deux joueurs pourraient être utilisés ensemble, Rohrer à droite et Tatar à gauche. Tatar compte lui aussi six points jusqu’ici, dont quatre buts et deux passes.
Imaginez l’expérience que peut aller chercher Rohrer en jouant avec un vétéran de cette trempe.
Et ce qui est encore plus intéressant, c’est que Rohrer ne vient pas de nulle part.
Le Canadien l’a sélectionné au troisième tour du repêchage de 2022. Après son passage avec les 67’s d’Ottawa, il est retourné en Suisse et a continué son développement avec les Lions de Zurich. Il a remporté deux championnats avec l’organisation et a également connu de bons moments avec l’Autriche sur la scène internationale.
Montréal croyait suffisamment en lui pour lui offrir son contrat d’entrée en 2025.
Puis il y a eu cette étrange aventure en Amérique du Nord.
Rohrer n’a disputé qu’un seul match de saison régulière avec le Rocket de Laval la saison dernière, avant de participer à cinq rencontres éliminatoires. Son arrivée en Amérique du Nord est survenue extrêmement tard, puisque les Lions de Zurich ont été éliminés le 12 avril et que Montréal l’a prêté au Rocket le 15 avril.
Son échantillon était donc minuscule.
Il n’a jamais véritablement eu la chance de s’installer.
Et quelques mois plus tard, il repartait en Suisse avec un contrat de trois ans... et des millions de dollars garantis.
On parle d’un espoir qui était presque sorti du radar médiatique de Montréal.
Pendant que tout le monde parle d’Ivan Demidov, Michael Hage, Alexander Zharovsky, Jacob Fowler, Florian Xhekaj, David Reinbacher et des autres jeunes qui attirent les projecteurs, Rohrer est tranquillement en train de faire ses affaires en Suisse.
Et là, il commence à faire du bruit.
Sa magnifique passe soulevée du revers vers son coéquipier montre exactement le genre de talent qu’il possède. Ce n’est pas seulement un joueur qui patine vite et qui travaille fort. Il peut faire des jeux créatifs, il peut manipuler la rondelle et il possède une certaine finesse offensive.
Il est encore loin d’être assuré de devenir un joueur régulier de la LNH.
Mais à 21 ans, ce n’est certainement pas le moment de l’oublier.
Et c’est peut-être justement la meilleure chose qui pouvait lui arriver.
Pendant que les espoirs du CH se battent pour attirer l’attention dans une formation qui n'a aucun poste à offrir, le petit Autrichien est en train de brûler la Ligue nationale suisse.
Pour pratiquement 3 millions de dollars US étalés sur 3 ans.
Du génie...
