David Savard fait trembler Montréal.
L'ancien défenseur du CH compare Lane Hutson à... Kobe Bryant.
Ils comparent... leur mentalité...
La mentalité "Mamba".
Savard a tout vu dans la LNH. Une Coupe Stanley. Des vestiaires remplis de vedettes. Des jeunes qui avaient du talent à revendre mais qui n’étaient pas prêts à souffrir pour devenir grands.
Et pourtant, quand il regarde Hutson, ce qui le frappe le plus, ce n’est même pas le talent brut.
C’est l’obsession.
La discipline.
Le besoin maladif de toujours recommencer.
Comme Kobe Bryant.
Le regretté joueur des Lakers répétait souvent que les grands moments ne lui faisaient pas peur parce qu’il avait déjà répété ces gestes des milliers de fois à l’entraînement.
« Je l’ai fait des milliers de fois avant, alors qu’est-ce qu’une fois de plus ? »
C’est exactement l’impression que donne Hutson en ce moment.
Le but en prolongation vendredi n’avait rien d’un coup de chance. Rien d’improvisé. Rien de miraculeux.
C’était le résultat d’un gars qui vit littéralement sur une glace.
Un gars qui est toujours le premier à embarquer à l’entraînement.
Toujours le dernier à quitter.
Un gars qu’il faut pratiquement sortir de la patinoire.
Même après un mauvais match.
Même après une longue séquence.
Même quand tout le monde autour de lui est déjà parti.
Et c’est ça qui impressionne le plus les vétérans du Canadiens de Montréal.
Parce que Hutson a entendu toute sa vie qu’il était trop petit.
Pas assez fort.
Pas assez imposant pour survivre dans la LNH.
On lui répétait constamment qu’un défenseur de ce gabari finirait par se faire exposer.
Surtout, on lui répétait à quel point il avait un lancer... de fillette...
Quand il avait 18 ans, en séries avec les Lakers, Bryant avait complètement raté plusieurs tirs décisifs contre le Jazz de l’Utah. Des tirs tellement ratés qu’ils n’avaient même pas touché l'anneau.
Des “air balls”. Toute l’Amérique du basket riait de lui. On disait qu’il n’était pas prêt. Trop jeune. Trop arrogant. Trop fragile mentalement.
Cette nuit-là, au lieu de se cacher, Kobe est allé s’entraîner pendant des heures au gym dès que l'avion a atterri à À Los Angeles.
C’est devenu toute sa philosophie.
Et c’est exactement ce que Savard voit chez Hutson.
Parce que lui aussi s’est fait ridiculiser pendant des années.
Tout le monde disait qu’il était trop petit.
Qu’il n’avait pas de lancer assez puissant pour la LNH.
Qu’il avait un “tir mou”.
Qu’il allait se faire détruire physiquement chez les professionnels.
Même cette saison, combien de fois a-t-on entendu que son lancer ne faisait pas peur? Que les gardiens voyaient tout venir? Que son tir frappé n’était pas assez lourd?
Et pourtant, quand le match le plus important de sa jeune carrière arrive en prolongation au Centre Bell… il décoche un missile de plus de 90 milles à l’heure pour battre Andrei Vasilevskiy.
Comme si toutes ces heures à pratiquer le même geste venaient soudainement exploser au grand jour.
C’est exactement ce qui faisait de Kobe Bryant une légende.
La fameuse “Mentalité Mamba”.
Cette idée de transformer la douleur, les critiques et les échecs en moteur personnel.
Cette capacité presque maladive à retourner travailler pendant que tout le monde dort.
Que veut dire Maman? Kobe Bryant s'était donné ce surnom pendant la période la plus sombre de sa carrière : le « Black Mamba ».
Au début des années 2000, Kobe était attaqué de partout. Son immense guerre d’ego avec Shaquille O’Neal explosait publiquement. Les Lakers se déchiraient de l’intérieur. Puis il y a eu les graves accusations d'agression sur une jeune employée (19 ans) d'un hôtel au Colorado, qui ont complètement changé la perception publique autour de lui. Kobe dira plus tard qu’il avait alors l’impression d’être attaqué de tous les côtés.
C’est là qu’il a créé son alter ego.
Le “Black Mamba”, inspiré du serpent ultra venimeux aperçu dans les films Kill Bill de Quentin Tarantino.
Pourquoi ce serpent?
Parce qu’il est reconnu pour sa rapidité, son sang-froid et son instinct.
Kobe voulait devenir émotionnellement détaché sur le terrain. Il voulait laisser toute la pression, toute la haine et toutes les distractions à l’extérieur du parquet.
Lane Hutson a le même mentalité de toujours travailler plus fort que les autres.
D’accepter la douleur.
D’utiliser les critiques comme motivation.
De recommencer encore et encore jusqu’à maîtriser un geste parfaitement.
Hutson transforme constamment les doutes en carburant personnel.
Comme Kobe l’a fait toute sa vie.
