Connor Hellebuyck est allé beaucoup trop loin dans sa technique de mettre la pression sur son DG.
C'est du jamais vu.
Le gardien a vendu sa maison à Winnipeg et affirme qu'il ne retournera plus jamais à Winnipeg de sa vie.
Il faudrait lui rappeler que même s'il est échangé, les chances sont immenses qu'il doive revenir au Manitoba en tant que gardien adverse, mais bon. Le gardien est tellement en colère de ne pas encore avoir été transigé qu'il tombe dans les menaces et les comportements totalement déplacés.
Le dossier le plus chaud de la Ligue nationale est en train de mal tourner. Vendre sa maison et menacer une ville entière, voire une province au complet, manque tellement de classe.
Le gardien de 33 ans a demandé une transaction il y a déjà quelques mois, avant de rendre sa demande publique au mois d’août. Il ne veut manifestement plus poursuivre sa carrière à Winnipeg, malgré le fait qu’il soit sous contrat avec l’organisation pour encore 5 ans.
Et maintenant, le fait d’avoir vendu sa résidence vient ajouter une énorme couche de pression dans un dossier qui était déjà extrêmement délicat.
Peu importe ce geste agressif, les Jets n’ont absolument aucune obligation de l’échanger pour des peanuts.
Darren Dreger l’a justement expliqué : Winnipeg a reçu des offres pour son gardien vedette, mais les propositions reçues jusqu’à maintenant étaient très loin de satisfaire les attentes de l’organisation. Dreger les a même qualifiées de « terribles ». Voilà pourquoi le dossier risque de devenir explosif.
Les Jets ont un gardien de calibre élite.
Un triple vainqueur du trophée Vézina, ancien gagnant du trophée Hart, qui vient de participer à la conquête de la médaille d’or olympique avec les États-Unis.
Et surtout, un gardien qui est sous contrat pour encore plusieurs années à 8,5 millions $ par saison, des peanuts sous le nouveau plafond salarial.
Winnipeg ne veut pas vendre le gardien à rabais.
Et c’est exactement ce qui provoque un affrontement majeur entre le joueur et l’organisation.
Hellebuyck semble prêt à aller très loin pour quitter Winnipeg. Jusqu’où est-il prêt à aller?
Car un joueur sous contrat ne peut pas simplement décider que son contrat ne lui convient plus et partir.
Hellebuyck a signé une entente de sept ans.
Il savait exactement ce qu’il signait.
Il a accepté les conditions.
Et maintenant, il veut sortir.
C’est son droit de demander une transaction. Mais ce n’est pas son droit d’exiger que Winnipeg accepte n’importe quelle offre. Pire encore, il n'est aucunement en droit de manquer le camp d'entraînement quand tu es sous contrat.
C’est là que le précédent Brady Tkachuk devient intéressant, même si les situations ne sont évidemment pas identiques.
On a déjà vu une organisation décider de tenir son bout du bâton dans un dossier où un joueur voulait forcer une transaction. Les Sénateurs avaient fait patienter leur joueur pendant une très longue période avant de finalement régler le dossier.
Les Jets décident de ne pas se faire mettre le couteau sous la gorge.
Et ils ont une raison supplémentaire de résister : ils ont besoin de Hellebuyck pour gagner.
Winnipeg a besoin d’un gardien de premier plan pour tenter de participer aux séries. Les Jets ne vont donc pas se lancer tête première dans une transaction qui affaiblirait considérablement leur équipe simplement pour faire plaisir à leur gardien.
C’est une situation tellement toxique.
S’il refuse de se présenter au camp d'entraînement, il pourrait être suspendu et perdre son salaire pour les matchs auxquels il ne participe pas.
Là, on ne parle plus d’un simple conflit contractuel.
On commence à parler d’un véritable bras de fer.
Josh Morrissey n’a d’ailleurs pas caché sa frustration lorsqu’il a été question de la demande de son coéquipier. Il a passé toute sa carrière avec Hellebuyck et le considère comme un très bon ami, mais il a reconnu que la situation était extrêmement difficile à vivre pour le groupe.
Les Jets doivent maintenant décider jusqu’où ils sont prêts à aller, mais selon ce qui circule, ils sont prêts à suspendre le gardien sans salaire s'il ne se pointe pas au camp.
Est-ce que Hellebuyck est réellement prêt à perdre des millions de dollars pour ne plus jamais jouer à Winnipeg?
Il jure que oui. Hum.
Vendre sa maison, c’est une chose.
Refuser de jouer et perdre son salaire, c’en est une autre.
Hellebuyck a décidé de fermer la porte à Winnipeg.
Maintenant, il reste à savoir qui va cligner des yeux en premier.
