Gros malaise à Montréal : Kent Hughes bloque Jacob Fowler
Kent Hughes et Jacob Fowler. Photo: Getty

Gros malaise à Montréal : Kent Hughes bloque Jacob Fowler

William Petit Lemay
Le 2026-09-22

La situation devant le filet du Canadien devient de plus en plus difficile à prévoir. Alors que tout indiquait que Jacob Fowler pourrait prendre une place importante à Montréal cette saison, Samuel Montembeault est en train de compliquer sérieusement les plans de l’organisation.

Le gardien québécois vient de connaître un excellent début de calendrier préparatoire. En deux moitiés de matchs, Montembeault n’a accordé qu’un seul but sur 21 tirs. Sa performance contre les Sénateurs à Trois-Rivières, devant une foule qui l’a chaleureusement accueilli, vient donc changer le portrait.

Kent Hughes avait pourtant été clair : le Canadien ne voulait probablement pas commencer la saison avec trois gardiens.

Le directeur général avait expliqué que le fameux ménage à trois pourrait exister pendant le camp, mais qu’il ne devait pas devenir une solution pour la saison. Cette décision semblait ouvrir une porte importante à Fowler, qui possède encore la possibilité d’être envoyé à Laval sans passer par le ballottage.

Le problème, c’est que Montembeault n’est pas en train de disparaître.

Au contraire, il fait tout ce qu’il peut pour convaincre Martin St-Louis de lui redonner le poste d’adjoint à Jakub Dobes. Son été de préparation avec Marco Marciano et Dale Labans porte déjà ses fruits, alors que le gardien de 29 ans veut prouver que sa dernière saison difficile ne représente pas son véritable niveau.

Cette situation place Fowler dans une position beaucoup plus délicate...

Le jeune gardien avait terminé la dernière campagne dans la LNH et avait même accompagné le Canadien pendant les séries. Il était devenu le gardien auxiliaire de Dobes pendant le parcours éliminatoire, ce qui lui avait permis de prendre une longueur d’avance dans la hiérarchie.

Aujourd’hui, cette avance n’est plus aussi évidente.

De plus, il y a un détail particulièrement intéressant à ne pas oublier : lorsque le Canadien s’est déplacé à Trois-Rivières, Montembeault et Dobes étaient les deux gardiens retenus, tandis que Fowler est demeuré à Brossard avec Kaapo Kahkonen.

Deux scénarios peuvent expliquer cette décision.

Le premier est très simple : Montembeault est réellement en train de gagner son poste. Une bonne fin de calendrier préparatoire pourrait convaincre l’organisation de lui donner une nouvelle chance derrière Dobes, pendant que Fowler retournerait à Laval pour poursuivre son développement.

Le deuxième scénario est plus stratégique.

Le Canadien pourrait vouloir exposer Montembeault à suffisamment de matchs pour augmenter sa valeur sur le marché des transactions. Le marché des gardiens est particulièrement compliqué en ce moment. Plusieurs équipes disposent déjà de leur tandem et les blessures sont souvent nécessaires avant qu’une véritable ouverture apparaisse.

Dans cette perspective, conserver Montembeault quelques semaines ou quelques mois pourrait donner davantage de temps à Hughes pour trouver une solution.

Cette stratégie aurait toutefois une conséquence directe pour Fowler.

Le jeune gardien pourrait devoir patienter encore, même après avoir démontré qu’il pouvait évoluer dans la LNH. Dobes serait alors le numéro un à Montréal, Montembeault son adjoint, tandis que Fowler deviendrait le gardien principal du Rocket avec Kahkonen comme partenaire potentiel.

Pour Dobes, la situation est tout aussi intrigante. Après avoir gagné son duel contre Ottawa à Trois-Rivières, il doit maintenant composer avec une compétition qui refuse de disparaître.

Le plan de Hughes n’est donc pas nécessairement en train d’échouer, mais il pourrait devenir beaucoup plus compliqué que prévu.

Si Montembeault continue de jouer comme il le fait actuellement, le directeur général pourrait avoir intérêt à conserver cette option.

Pour Fowler, cette décision signifierait simplement qu’il devra attendre encore un peu.

Le véritable suspense se trouve désormais devant le filet : Hughes devra choisir entre miser sur la continuité, protéger le développement de Fowler ou utiliser Montembeault comme monnaie d’échange lorsque le marché se réveillera.

Pour l’instant, le Québécois refuse de lui faciliter la tâche.