Indignation à Brossard : le CH ferme le complexe d’entraînement pour Kaiden Guhle

Indignation à Brossard : le CH ferme le complexe d’entraînement pour Kaiden Guhle

David Garel
Le 2026-09-04

Le Canadien de Montréal vient de transformer une simple inquiétude autour de Kaiden Guhle en véritable malaise.

Depuis mardi, les images parlent d’elles-mêmes. Kaiden Guhle a d’abord été aperçu seul sur la glace, en survêtement, pendant que ses coéquipiers s’entraînaient normalement en équipement complet.

Le lendemain, il n’a pas patiné avec le groupe et a plutôt observé ses coéquipiers du banc. Jeudi, son absence de la glace a continué d’alimenter les interrogations à quelques jours seulement de l’ouverture officielle du camp d’entraînement.

Personne ne connaît officiellement la nature exacte du problème. Le Canadien n’a annoncé aucune blessure. Renaud Lavoie a toutefois tenté de rassurer les partisans jeudi matin en expliquant qu’il n’y aurait pas énormément de craintes à l’intérieur de l’organisation, tout en prenant soin de ne pas banaliser la situation.

Mais voilà que le Canadien semble maintenant avoir choisi une autre stratégie.

Fermer les portes.

Ce matin, l’entraînement au Complexe CN s’est déroulé à huis clos. Les partisans qui voulaient venir voir leurs joueurs ont perdu leur accès. Les représentants des médias et les créateurs de contenu qui se présentent régulièrement à Brossard pour filmer les séances et informer les amateurs ont également été tenus à l’écart.

Il devient très difficile de ne pas faire le lien avec Kaiden Guhle.

Pendant des années, ces entraînements informels ont permis aux partisans de s’approcher de leur équipe. Le Complexe CN devient alors un endroit vivant. Les amateurs peuvent voir Nick Suzuki, Cole Caufield, Ivan Demidov et les autres joueurs se préparer pour la saison. Les médias peuvent observer les groupes, les nouveaux visages, les absents et l’évolution des joueurs.

C’est précisément ce qui s’est produit cette semaine avec Guhle.

Les gens ont vu.

Les blogueurs ont filmé.

Les journalistes ont rapporté ce qu’ils avaient sous les yeux.

Et soudainement, les portes se ferment, ce qui crée l'indignation chez les fans et les médias.

Le problème, c’est que le Canadien ne peut pas faire disparaître une histoire simplement en empêchant les gens de regarder la glace.

Cette décision risque de créer exactement l’effet inverse de celui recherché.

Maintenant, les partisans vont se demander : qu’est-ce que le Canadien ne veut pas que nous voyions?

Nous sommes au début septembre. Le camp d’entraînement officiel n’est même pas encore commencé. Les joueurs patinent volontairement et préparent leur saison. Les règles entourant la convention collective limitent d’ailleurs les activités officielles avant l’ouverture du camp : les entraîneurs n'ont pas le droit d'être sur la glace.

Pourtant, on se retrouve aujourd’hui avec un entraînement fermé au public et aux observateurs.

Pourquoi?

Si Kaiden Guhle est simplement en train de suivre un programme personnalisé, pourquoi cette soudaine nécessité de mettre la séance à huis clos?

Le Canadien a parfaitement le droit de protéger ses joueurs. Personne ne demande à l’organisation de publier le dossier médical de Kaiden Guhle sur Internet. Une blessure demeure une information privée et une organisation professionnelle a le droit de gérer la santé de ses athlètes avec prudence.

Mais fermer complètement les portes alors que tout le monde vient justement de remarquer que Guhle ne s’entraînait pas normalement, c’est une décision qui nourrit inévitablement les soupçons.

À Montréal, lorsqu’on essaie soudainement de contrôler une histoire, l’histoire devient encore plus grosse.

Kaiden Guhle n’est pas n’importe quel joueur. Son historique de blessures est déjà suffisamment inquiétant pour que la moindre absence attire immédiatement l’attention. La saison dernière, il a notamment subi une intervention chirurgicale pour réparer une déchirure partielle du muscle adducteur après avoir été écarté du jeu.

Genou, cheville, commotion, Guhle a été blessé absolument partout.

La décision de fermer le Complexe CN aujourd’hui ne rassure absolument personne.

C’est une catastrophe sur le plan des communications.

Le Canadien de Montréal est suivi par une armée de partisans. Les gens veulent voir leur équipe. Ils veulent assister aux entraînements. Ils veulent filmer leurs joueurs et partager leur passion. Les sites indépendants et les médias présents à Brossard ne sont pas les ennemis de l’organisation. Ils contribuent à faire vivre quotidiennement l’intérêt autour du Canadien.

Les mettre dehors parce qu’une situation devient embarrassante est une mauvaise façon de gérer la réalité.

La honte.