Le malaise Chris Kreider commence déjà à Montréal.
Le vétéram a connu une entrée en scène extrêmement inquiétante avec le Canadien. Lent, lourd dans ses déplacements, souvent en retard sur le jeu et visiblement incapable de suivre le rythme, le vétéran donnait parfois l’impression d’être complètement perdu sur la glace.
Certains partisans sont même déjà allés jusqu’à le comparer à Patrik Laine tellement Kreider semblait manquer de vitesse et de réaction dans cette rencontre.
Il faut évidemment éviter de condamner un joueur après un seul match préparatoire, mais quand un attaquant de cette expérience termine la soirée avec zéro point, peu d’impact et plusieurs séquences où il semble avoir de la difficulté à suivre, il est normal que les inquiétudes commencent immédiatement.
Surtout quand c'était contre l'équipe Z des Leafs, avec juste des joueurs de la ligue américaine.
Et pourtant, il y a eu deux magnifiques passes de Kreider qui montrent qu’il possède encore quelque chose. La plus spectaculaire est évidemment cette superbe passe transversale vers Cole Caufield en troisième période, qui aurait pu devenir une mention d’aide si le tir n’avait pas frappé le poteau.
C’est justement ce qui rend sa soirée aussi inquiétante : il peut encore créer une séquence spectaculaire, mais pendant de longues périodes, il donne l’impression d’avoir de la difficulté à participer au rythme général de la rencontre.
Martin St-Louis a évidemment tenté de protéger sa nouvelle acquisition, parlant d’un « match correct » et expliquant qu’il devait simplement s’habituer à jouer avec Nick Suzuki et Cole Caufield.
« Il va falloir qu’il s’habitue à jouer avec ces deux gars-là, mais aussi qu’il s’ajuste à la manière dont on joue. Je ne suis pas inquiet. »
C’est la défense classique d’un entraîneur envers un nouveau joueur : adaptation, nouveaux coéquipiers, nouveau système.
Mais le problème, c’est que Kreider n’a pas seulement semblé en rodage. Il a semblé lent. Très lent. Et lorsqu’un joueur de 35 ans arrive avec la réputation d’un attaquant qui peut encore produire, mais qu’il paraît déjà avoir de la difficulté à suivre les séquences, forcément, les fans commencent à repenser à ceux des Ducks qui disaient que son meilleur hockey était derrière lui.
Une seule rencontre ne permet évidemment pas de confirmer cette impression.
Mais pour une première impression au Centre Bell, disons que Chris Kreider est très loin d’avoir rassuré les partisans du Canadien.
Les murmures ont commencé à circuler dans les gradins du Centre Bell. Il faut se rappeler qu’il y avait déjà eu un avertissement concernant l'Américain.
Pierre LeBrun nous avait refroidis avant même qu’on puisse réellement voir le vétéran avec le Canadien, en rappelant qu’il fallait se demander pourquoi les Ducks d’Anaheim avaient été aussi heureux de mettre fin à leur association avec lui.
Ce n’était pas exactement un cadeau du ciel pour Montréal : Anaheim voulait s’en débarrasser, et LeBrun nous avait prévenu qu'il était fini... à la corde...
Aujourd’hui, après l’avoir vu sur la glace, les murmures commencent à prendre une autre dimension. Kreider a été tellement en difficulté par moments qu’on pouvait entendre les partisans se demander si les Ducks nous avaient refilé un citron.
Le vétéran a encore ses qualités, mais le moteur n’est clairement plus le même. Il a raté des occasions, il a été incapable de suivre certaines séquences et même lorsque Lane Hutson lui a servi une rondelle en or, Kreider n’a pas été capable de terminer le jeu.
Et il y a un autre détail qui n’aide absolument pas son dossier : après cette rencontre, Kreider n’a même pas été rendu disponible aux médias. Dans une première sortie avec sa nouvelle équipe, après une signature qui avait suscité énormément d’attention, son absence devant les journalistes est malaisante.
Chris Kreider a perdu une bonne partie de ce qui faisait autrefois sa force : la vitesse, l’explosivité et cette capacité à arriver lancé dans le territoire adverse.
Il peut encore être utile devant le filet. Il peut encore utiliser son gabarit. Il peut encore créer des jeux. Mais lorsqu’un joueur de 35 ans commence à avoir de la difficulté à suivre le rythme dès sa première apparition au Centre Bell contre une équipe de la ligue américaine, on a des sueurs froides dans le dos.
Patrik Laine sors de ce corps.
