Les Hurricanes de la Caroline viennent de soulever la deuxième Coupe Stanley de leur histoire.
Pendant que Rod Brind’Amour et ses joueurs célèbrent, une pensée risque de hanter Montréal pendant très longtemps.
Les Canadiens de Montréal étaient beaucoup plus proches de renverser cette série que plusieurs veulent bien l’admettre aujourd’hui.
Oui, la Caroline était la meilleure équipe.
Oui, les Hurricanes ont fini par démontrer pourquoi ils étaient une machine de hockey capable d’aller jusqu’au bout.
Mais l’histoire aurait pu basculer complètement.
Dans le deuxième match de la finale d’association, le Canadien était à un seul but de quitter la Caroline avec une avance de 2-0 dans la série.
Deux à zéro.
Pas un match nul.
Pas une série égale.
Une avance de deux victoires à zéro contre l’équipe qui vient maintenant d’être sacrée championne de la LNH.
Quelques centimètres. Un rebond différent. Une décision différente. Une exécution différente.
Toute la trajectoire des séries pouvait changer.
Le troisième match est tout aussi douloureux à revisiter.
Le Canadien croyait avoir pris les devants avant qu’un hors-jeu vienne tout annuler.
Encore une fois, le scénario n’était pas loin de tourner en faveur de Montréal.
Même dans ce troisième affrontement, les Canadiens de Montréal se sont retrouvés à quelques secondes d’une victoire qui aurait complètement transformé l’ambiance de la série.
Aujourd’hui, les Hurricanes soulèvent la Coupe Stanley.
Aujourd’hui, plusieurs regardent le résultat final et concluent que la Caroline était dans une autre catégorie.
La réalité est un peu plus complexe.
Les champions sont souvent passés à quelques détails de l’élimination.
Cette année n’a pas fait exception.
Pendant que la Caroline célèbre, une autre séquence revient constamment dans la mémoire des partisans montréalais.
La prolongation du 2e match.
Le revirement d’Oliver Kapanen.
La décision de Martin St-Louis.
C’est probablement la décision qui va poursuivre l’entraîneur pendant tout l’été.
Et peut-être pendant beaucoup plus longtemps.
La question demeure toujours la même.
Pourquoi Oliver Kapanen?
Pourquoi lui?
Pourquoi au début d’une prolongation aussi importante?
Martin St-Louis avait passé toutes les séries à raccourcir son banc lorsque les matchs devenaient serrés.
Nick Suzuki doublait souvent ses présences.
Cole Caufield revenait rapidement.
Jake Evans obtenait davantage de responsabilités.
Phillip Danault était utilisé dans toutes les situations.
Lorsque les enjeux augmentaient, Martin St-Louis s’appuyait presque toujours sur ses vétérans et ses joueurs de confiance.
Puis, au moment le plus important de la saison, cette logique a disparu.
Le trio de Kirby Dach, Oliver Kapanen et Zachary Bolduc connaissait pourtant une soirée extrêmement difficile.
La quatrième ligne passait son temps à défendre.
Les Hurricanes dominaient territorialement.
Le momentum appartenait déjà à la Caroline.
Malgré tout, ce trio saute sur la glace.
Quelques secondes plus tard, Kapanen commet un revirement coûteux.
Nikolaj Ehlers complète le jeu.
Au lieu de mener 2-0, la saison s'est terminée ce soir-là.
Aujourd’hui, avec la Coupe Stanley dans les mains des Hurricanes, cette décision paraît encore plus lourde de conséquences.
Car ce n’était pas seulement un but en prolongation.
C’était peut-être le moment qui a fait basculer toute la route vers la Coupe Stanley.
Les partisans peuvent accepter une défaite.
Ils peuvent accepter qu’une meilleure équipe gagne.
Ce qui est beaucoup plus difficile à accepter, c’est l’impression qu’une décision évitable a contribué à changer le destin d’une série.
Voilà pourquoi le dossier Oliver Kapanen continue de faire autant réagir.
Voilà pourquoi son nom revient constamment dans les discussions de transactions.
Et voilà pourquoi plusieurs partisans refusent encore aujourd’hui de tourner la page.
Quand les Hurricanes soulèvent la Coupe Stanley, ils rappellent indirectement aux partisans montréalais à quel point leur équipe était proche d’un exploit qui paraissait impossible il y a encore quelques mois.
Un but.
Une prolongation.
Une décision.
Parfois, toute l’histoire d’une saison tient à si peu de choses.
