Perte de patience entre Montréal et Columbus: l'agent de Zachary Bolduc voit rouge

Perte de patience entre Montréal et Columbus: l'agent de Zachary Bolduc voit rouge

David Garel
Le 2026-09-11

Ça commence à sentir la poudre à Columbus… et à Montréal…

Adam Fantilli est toujours sans contrat à quelques jours du début du camp des Blue Jackets et, cette fois, Pat Brisson ne joue plus au petit jeu des réponses diplomatiques. L’agent vedette, qui représente Fantilli mais aussi Zachary Bolduc à Montréal, vient de voir rouge :

« J’ai rien à dire, vraiment. Absolument rien. » Il affirme avoir parlé avec Don Waddell, lui avoir expliqué la position de son client et attendre maintenant que le dossier se règle. Puis il ajoute la phrase qui fait trembler Columbus : « S’il n’y a pas d’entente, il n’y a pas de camp. »

Ouch.

Ça, ce n’est plus une négociation tranquille entre un jeune joueur et son directeur général. Pat Brisson vient de tracer une ligne dans le sable.

Adam Fantilli est le centre numéro un des Blue Jackets, il vient de connaître une saison de 59 points à seulement 21 ans et son contrat recrue est terminé.

Le problème, c’est que le marché a complètement changé sous les pieds de Columbus. Leo Carlsson, sélectionné deux rangs avant Fantilli au repêchage de 2023, a signé une offre hostile de cinq ans et 90 millions $ avec Philadelphie, contrat que les Ducks ont égalé.

Puis Connor Bedard, premier choix de ce même repêchage, a signé cinq ans et 75 millions $ à Chicago. Fantilli se retrouve donc au milieu d’un marché où les comparables sont déjà établis et où son agent a toutes les raisons de vouloir maximiser la valeur de son client.

Don Waddell, de son côté, veut un contrat plus long. Pat Brisson semble plutôt vouloir protéger la prochaine étape financière de Fantilli en demandant un contrat de cinq ans maximum, pour que son client profite de la hausse du plafond salarial.

Et maintenant, les deux hommes se retrouvent avec le chronomètre qui tourne. Waddell disait encore récemment qu’il croyait qu’une entente allait être conclue avant le camp et qu’il espérait réduire l’écart entre les deux camps.

Mais Brisson vient de rappeler publiquement que sans contrat, Fantilli ne sera pas au camp. Le message est clair : il ne veut pas que son joueur embarque sur la glace sans assurance pour ensuite négocier dans l’urgence. Il veut régler les conditions avant que son client accepte de reprendre le travail avec Columbus.

Et pendant que tout le monde regarde Fantilli, il y a un autre dossier qui commence à devenir tendu à Montréal : Zachary Bolduc.

Parce que oui, le même Pat Brisson représente Zachary Bolduc. Et il a affirmé exactement la même chose :

« Pas de contrat, pas de camp. Ils savent notre position. Je n’ai rien de plus à dire. »

Bolduc est lui aussi joueur autonome avec compensation. Son contrat recrue est terminé. Il doit obtenir son nouveau contrat avec Montréal et, selon l’analyse des recruteurs, un contrat-pont de trois ans dans une fourchette d’environ 4 à 4,5 millions $ au total annuel pourrait être logique pour un joueur qui doit encore prouver qu’il a sa place dans le top six.

Pendant que Brisson négocie un dossier majeur à Columbus, Bolduc attend toujours son entente à Montréal.

Et entre-temps, qu’est-ce que le Canadien lui montre?

Le troisième trio.

C’est là que ça commence à faire mal.

Bolduc n’est pas arrivé à Montréal pour devenir un joueur de troisième trio permanent. Le Canadien l’a acquis parce qu’il voyait chez lui un potentiel offensif, de la vitesse, de la robustesse et cette capacité à jouer un style plus lourd. Il a terminé la dernière saison avec 30 points en 78 matchs à Montréal après avoir obtenu 36 points (19 buts) en 72 matchs à Saint-Louis la saison précédente.

Il a également démontré pendant les séries qu’il pouvait jouer avec intensité, aller au filet et contribuer physiquement.

Brisson veut l’assurance que son client puisse se battre pour une place dans le top six et rappelle qu’une combinaison avec Ivan Demidov pourrait lui permettre de retrouver une partie de son instinct offensif.

Mais les premières combinaisons envoyées à Brossard racontent une autre histoire.

Pendant que certains joueurs obtiennent immédiatement une vitrine offensive (Kirby Dach est déjà placé sur le 2e trio au centre de Demidov et Newhook), Bolduc doit regarder les autres se battre pour les meilleures places.

Et pour un joueur qui négocie son prochain contrat, c’est un véritable cauchemar.

Pat Brisson regarde tout ça et on sent la fumée qui lui sort par les oreilles.

Et dans le cas de Bolduc, il y a même une autre couche qui vient rendre le dossier encore plus explosif : les rumeurs de transaction qui l’envoient potentiellement à Columbus.

Imaginez le portrait.

Pat Brisson négocie avec Don Waddell pour Adam Fantilli.

Pendant ce temps, son autre client, Zachary Bolduc, est sous contrat à négocier avec Kent Hughes.

Et voilà qu’on commence à entendre le nom de Bolduc dans des scénarios de transaction impliquant justement les Blue Jackets et Kirill Marchenko.

Ça commence à faire beaucoup de coïncidences et de tensions dans la même pièce.

Si Montréal décidait de placer Bolduc dans une transaction avec Alexander Zharovsky, un choix de 1re ronde et Bryce Pickford afin d’obtenir Marchenko, le sujet viendrait automatiquement sur la table des négociations autour de Fantilli.

Une autre proposition circule qui inclut Bolduc, Zharovsky Engstrom ou Beck et un choix de 1re ronde en 2027:

Columbus cherche de l’aide immédiate. Waddell l’a répété dans le dossier Kirill Marchenko : il ne veut pas simplement empiler des choix et des espoirs, il veut récupérer des joueurs capables de contribuer rapidement.

Bolduc pourrait correspondre à ce genre de profil. Il est jeune, il possède déjà une expérience NHL et il a encore suffisamment de potentiel pour devenir beaucoup plus qu’un joueur de troisième trio.

Ça chauffe à Columbus.

Ça chauffe à Montréal.

Et ça chauffe dans la tête de Pat Brisson. Rarement a-t-on vu l’agent aussi tendu. Il vient de nous sauter une solide coche.

Sagas à suivre.