Réputation salie par un ancien défenseur du CH: une claque au visage de Kent Hughes

Réputation salie par un ancien défenseur du CH: une claque au visage de Kent Hughes

Par David Garel le 2026-05-12

L’absence de Kent Hughes parmi les finalistes au titre de directeur général de l’année ne fait pas seulement jaser à Montréal. Elle soulève une question beaucoup plus inconfortable.

Et si la LNH venait d’envoyer un message extrêmement clair?

Alors que le DG du Wild, Bill Guerin, le DG des Ducks, Pat Verbeek et le DG de l'Avalanche, Chris MacFarland sont les nominés, Hughes a mordu la poussière.

Il faut comprendre une chose fondamentale à propos du trophée Jim Gregory : ce ne sont pas les journalistes qui votent. Ce ne sont pas les partisans. Ce sont les autres directeurs généraux de la Ligue nationale qui choisissent les finalistes.

Ça change tout.

Parce que sur papier, l’absence de Hughes est difficile à comprendre.

Les Canadiens de Montréal ont accéléré leur reconstruction plus vite que prévu. Ivan Demidov s’est imposé rapidement. Lane Hutson transforme déjà la dynamique de l’équipe et a été signé à rabais. Noah Dobson est arrivé pour solidifier une brigade défensive en pleine transition dans un échange où Mathieu Darche s'est fait volé par le CH. (deux choix de milieu de 1re ronde et Emil Heineman pour un défenseur top 2, ça pue au nez).

C'est ce qui rend l’absence de Kent Hughes encore plus difficile à comprendre. Hughes a quand même bâti une équipe de 106 points, sixième au classement général de la LNH, seulement à la quatrième année d’une reconstruction.

Il est allé chercher Zachary Bolduc et Phillip Danault pour transformer le noyau, a signé Alexandre Texier pour ajouter de la profondeur, puis a sécurisé l’avenir avec des prolongations majeures pour Lane Hutson (8 ans et 8,85 M$ par année) et Mike Matheson (6 ans et 6 M$ par année) à des chiffres qui sont des aubaines.

Et pourtant?

Aucune nomination.

Comme si tout ce qui se passait à Montréal était regardé avec une certaine distance ailleurs dans la ligue.

Évidemment, les partisans crient au vol.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs dénoncent déjà un manque de respect envers le Canadien. Certains soulignent que Chris MacFarland a hérité d’une machine déjà dominante avec l’Avalanche du Colorado et qu'il n'a pas fait grand chose.

D’autres questionnent certaines décisions de Bill Guerin, comme le fait de donner 17 M$ par année à Kaprizov ou d'avoir vidéo le club de ses espoirs pour Quinn Hughes.

Mais la vérité est ailleurs.

Une vérité beaucoup plus dérangeante pour la réputation de Kent Hughes.

Plusieurs DG de la ligue ne le voient tout simplement pas comme le vrai patron du Canadien.

Ouch.

Quand Geoff Molson a amené Jeff Gorton à Montréal avant Hughes, plusieurs avaient déjà l’impression que le vrai architecte serait Gorton. Le cerveau hockey. Le patron de l’ombre. Celui qui pilote les grandes transactions et les vraies négociations pendant que Hughes gère davantage les contrats... comme un agent...

Dans le fond, Hughes est là parce qu'il parle français, contrairement à Gorton.

Le cas de Jonathan Kovacevic est probablement celui qui a fait le plus mal à cette image.

Quand le défenseur a expliqué publiquement que c’était Jeff Gorton, et non Kent Hughes, qui lui avait expliqué les raisons de sa transaction vers les Devils du New Jersey, plusieurs sourcils se sont levés.

Et encore aujourd'hui, L'anvien défenseur du CH jure que c'est Gorton le vrai DG.

« Il restait un an à mon contrat et de leur côté, ils avaient des choix de 1er tour qu’ils essaient de développer. Il n’y aurait pas eu d’espace pour eux.

Jeff Gorton m’a expliqué ça. Je sentais qu’il allait dans cette direction. Je le comprends et je suis reconnaissant qu’il m’ait offert ce nouveau départ. J’aurais pu aboutir à plein d’endroits. Je suis heureux que ce soit ici. »

“Jeff Gorton a pris le temps de m’expliquér tout ça.”

Une phrase cinglante... qui veut tout dire...

Si les joueurs eux-mêmes donnent parfois l’impression que c’est Gorton qui mène les grandes discussions stratégiques, comment les autres directeurs généraux voient-ils vraiment Hughes?

Comme le décideur ultime?

Le fait que ce soit les DG qui votent pour le trophée et que Hughes n'a pas été nominé... veut dire qu'ils négocient directement avec Gorton.

Cela veut dire que Hughes est le visage public d’une structure où Gorton garderait le dernier mot?

Est-ce injuste de réduire Hughes à ça?

Après tout, plusieurs transactions majeures portent clairement sa signature. Son travail de négociation est largement reconnu dans les contrats à rabais de Caufield, Hutson, Matheson, Slafkovsky et compagnie. Plusieurs joueurs ont parlé positivement de sa façon de communiquer et de bâtir des relations.

Mais le trophée du DG de l’année reste un concours de perception autant qu’un concours de résultats.

Quand ce sont tes pairs qui votent, l’image que tu projettes devient énorme.

Si certains DG ont encore l’impression que les grandes décisions du Canadien passent d’abord par Jeff Gorton, ça explique pourquoi Hughes n’obtient pas tout le crédit à travers la ligue.

Au final, une question commence tranquillement à circuler :

Quand les autres DG négocient avec Montréal… ont-ils vraiment l’impression de négocier avec Kent Hughes?

Ou ont-ils l’impression que le vrai pouvoir reste un bureau plus loin?

C’est peut-être injuste.

Mais si cette perception existe réellement, elle pourrait expliquer bien des choses.

Y compris une absence qui, aujourd’hui, ressemble presque une gifle pour l’organisation des Canadiens de Montréal.

Et surtout... une claque au visage pour la réputation de Kent Hughes...