Samuel Montembeault rejeté au New Jersey: le DG des Devils sans pitié
Samuel Montembeault et Sunny Mehta. Photos: AP, The Gazette

Samuel Montembeault rejeté au New Jersey: le DG des Devils sans pitié

David Garel
Le 2026-09-22

Les partisans des Canadiens qui rêvaient à une transaction Montréal-New Jersey... peuvent aller se coucher.

Le nouveau directeur général des Devils, Sunny Mehta, vient d’expliquer très clairement sa philosophie devant le filet, et elle permet de comprendre beaucoup de choses.

Mehta ne veut pas investir massivement en actifs ou en argent dans cette position parce qu’il considère que les performances des gardiens sont trop imprévisibles.

Son raisonnement est simple : pourquoi donner des actifs importants ou consacrer une énorme portion de la masse salariale à une position où les performances peuvent varier considérablement d’une saison à l’autre?

Les Devils ont échangé Jakob Markstrom aux Panthers de la Floride, alors qu’il lui restait deux années à son contrat de 6 millions de dollars par saison.

En retour, New Jersey a récupéré Evan Rodrigues, Jesper Boqvist et Ben Steeves, deux joueurs de soutien et un attaquant des ligues mineures. Mehta aurait très bien pu conserver Markstrom (6 M$ par année jusqu'en 2028) et continuer à miser sur un gardien établi, mais il a choisi une autre direction.

Les Devils vont maintenant commencer la saison avec Jake Allen et Nico Daws.

Allen a 36 ans et touchera 1,8 million de dollars cette saison. Daws, 25 ans, possède seulement 55 matchs d’expérience dans la LNH et touchera 1,1 million.

Ce n’est pas exactement le tandem qui ferait rêver les partisans d’une équipe qui aspire aux grands honneurs. Voilà pourquoi les fans du CH priaient pour que Montembeault soit envoyé aux Devils.

Mais Mehta l'avoue: il ne veut rien savoir de transiger pour Sam. Pire encore, il ne le réclamerait même pas au ballottage gratuitement.

« Je préfère ne pas céder d’actifs importants à ce poste parce que les performances des gardiens sont trop fluctuantes », a expliqué Mehta à NHL.com.

Il préfère investir à des positions où les résultats sont plus prévisibles. Il a également précisé que l’échange de Markstrom ne signifiait pas que l’organisation ne croyait plus en lui, mais plutôt que son départ permettait aux Devils de « relocaliser » leurs ressources et de donner une occasion à Daws de faire ses preuves.

Et lorsqu’on regarde ce qui s’est passé dans la LNH récemment, il est difficile de dire que son raisonnement est stupide.

Le dossier Samuel Montembeault a bel et bien été proposé au DG des Devils.

Montembeault gagne 3,15 millions de dollars par saison avec Montréal. Ce n’est pas un salaire astronomique pour un gardien numéro un dans la LNH.

Or, la philosophie de Mehta est de ne pas investir beaucoup d’argent dans cette position. Il a rejeté le CH aussitôt.

Pourquoi payer 3,15 millions à Montembeault alors que tu peux tenter ta chance avec un jeune gardien beaucoup moins cher?

Il faut comprendre qui est Sunny Mehta pour comprendre pourquoi cette décision n’est pas nécessairement surprenante.

Mehta n’a pas été engagé pour gérer les Devils de façon traditionnelle. Avant de devenir un pionnier de la LNH dans le domaine des statistiques avancées, il était notamment musicien de jazz à La Nouvelle-Orléans, joueur de poker professionnel et courtier dans le domaine financier.

Il détient également une maîtrise en sciences des données de l’Université de New York.

Son approche est très différente.

Mehta regarde probablement le poste de gardien comme un investissement comportant énormément de variance.

Un gardien peut connaître une saison extraordinaire et être beaucoup moins dominant l’année suivante. Les blessures, la qualité de la défensive devant lui, les séquences de confiance, le mental et simplement la variance inhérente à la position peuvent modifier considérablement les résultats.

Pourquoi investir énormément dans quelque chose d’aussi difficile à prévoir?

Surtout qu'il a regardé Montembeault comme le pire gardien de toute la LNH la saison dernière. Et surtout, le plus inconstant tellement il est faible mentalement.

Prenons les quatre équipes qui ont atteint les demi-finales d’association la saison dernière.

Les Hurricanes de la Caroline avaient Frederik Andersen comme gardien numéro un. Son contrat ne valait que 2,75 millions de dollars pour une saison. Andersen a raté une grande partie de la saison en raison d’une blessure, mais il a repris son poste en séries avant de finalement céder sa place à Brandon Bussi pour les quatre dernières rencontres de la finale d’association... contre le Canadien de Montréal.

Bussi, 28 ans, n’avait pratiquement aucune expérience dans la LNH avant la saison dernière. Il avait passé les trois années précédentes dans la Ligue américaine avec le club-école des Bruins de Boston.

Son salaire?

775 000 $.

Et il a terminé les séries avec la Coupe Stanley.

Il vient maintenant de signer une prolongation de trois ans à 1,9 million de dollars par saison.

De l’autre côté, les Golden Knights de Vegas avaient investi énormément dans Adin Hill. En mars 2025, ils lui ont accordé une prolongation de 37,5 millions de dollars sur six ans, soit plus de 6 millions annuellement.

Hill n’a même pas disputé un match en séries.

Carter Hart, payé seulement 2 millions de dollars par année, a pris sa place.

Et maintenant, Vegas chercherait à se débarrasser du contrat de Hill.

Voilà qui nourrit la philosophie de Mehta.

L’Avalanche du Colorado a également démontré qu’il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune pour construire un tandem efficace.

MacKenzie Blackwood a été acquis des Sharks de San Jose pour un choix de deuxième ronde et des joueurs de deuxième ordre. Scott Wedgewood a été obtenu dans une autre transaction qui n’a pas nécessité un investissement majeur.

Blackwood avait signé un contrat de cinq ans à 5,2 millions de dollars par année en 2024, mais le tandem occupe seulement 7,75 millions de dollars sur la masse salariale.

Compare cette somme aux équipes qui consacrent plus de 10 millions de dollars à un seul gardien.

C’est précisément le genre de calcul que Mehta semble vouloir éviter.

C’est ici que le cas du Canadien fait jaser.

Jakub Dobeš, payé seulement 965 000 $, a pris le poste devant Samuel Montembeault pendant la deuxième moitié de la saison et en séries.

Montembeault gagnait 3,15 millions de dollars.

Dobeš a donc obtenu l’occasion de démontrer qu’un jeune gardien beaucoup moins coûteux pouvait offrir suffisamment de rendement pour permettre à Montréal de gagner.

Le Canadien vient ensuite de prolonger Dobeš pour trois ans à 5,3 millions de dollars par année

Beaucoup trop d'argent pour le DG des Devils, qui ne donnera jamais autant de "cash" à un gardien, peu importe la montée du plafond salarial.

Les Rangers ont raté les séries avec Igor Shesterkin à 11,5 millions de dollars.

Les Jets ont raté les séries avec Hellebuyck à 8,5 millions.

Les Islanders, les Predators, les Red Wings et les Blues ont également connu des problèmes avec des gardiens très bien rémunérés.

Montembeault... sera rejeté à vie au New Jersey...