Renaud Lavoie a frappé un véritable coup de circuit hier soir à Trois-Rivières. Alors que TVA Sports lançait sa première grande soirée de l'année, le journaliste de terrain a rappelé pourquoi il demeure une carte indispensable pour le réseau sportif québécois.
Lavoie ne regarde pas le match de loin. Il va chercher les histoires, les petits détails, les conversations, les réactions et les moments que le téléspectateur ne peut pas voir à travers une caméra installée à 50 mètres de l’action. C’est exactement ce qui s’est produit hier.
Prenons simplement l’exemple de Cole Caufield. Le jeune attaquant du Canadien s’est retrouvé avec la lèvre coupée après avoir reçu un bâton élevé au visage. Il saignait, il était visiblement mécontent et il est allé se plaindre à l’arbitre Frédéric L'Ecuyer, lui-même un Québécois.
L'arbitre est venu au banc du CH pour envoyer promener Caufield.
Lavoie a raconté ce qui s’était passé entre les deux hommes, précisant évidemment que les propos entendus ne pouvaient pas être répétés intégralement à la télévision.
On se serait cru dans un show de télé-réalité.
C’est exactement le genre de petite scène qui transforme une simple partie de hockey en véritable spectacle. Tu n’es plus seulement en train de regarder deux équipes jouer. Tu as l’impression d’être dans la chambre, sur le banc, dans le tunnel, près des joueurs.
Même chose avec les frères Xhekaj. Pendant la rencontre, Arber et Florian n’ont pas cessé de provoquer Djibril Touré, ce gigantesque défenseur de 6 pieds 7 pouces et 217 livres.
Les échanges verbaux entre les bancs, les petites provocations et le jeu physique ont créé une tension que le téléspectateur pouvait presque sentir.
Encore une fois, Lavoie était là pour mettre des mots sur ce qui se passait. Il ne se contentait pas de dire qu’il y avait de l’intensité. Il expliquait ce qui se disait, qui provoquait qui, comment les joueurs réagissaient et pourquoi la tension montait. C’est une différence fondamentale dans une télédiffusion sportive.
C’est d’ailleurs ce qui distingue Lavoie d’un commentateur assis sur ses lauriers.
Marc Denis (RDS) possède évidemment une grande connaissance du hockey, mais son style est beaucoup plus posé, beaucoup plus calme.
Pour certains téléspectateurs, cette approche fonctionne parfaitement. Mais si ton objectif est de faire sentir au public qu’il est directement au cœur de l’action, Lavoie possède une arme différente.
Il donne l’impression que la partie continue même lorsque la caméra ne filme pas nécessairement ce qui est le plus intéressant.
Une anecdote racontée au bon moment, une réaction d’un joueur, une information obtenue quelques secondes auparavant ou une histoire entendue dans les coulisses peut complètement changer la perception d’une séquence.
Marc Denis est aussi placé entre les bancs. Mais on croit parfois entendre un prof de français nous réciter une dictée.
TVA Sports doit exploiter cet avantage. Renaud Lavoie a toujours été un personnage polarisant. Il y a des gens qui l’adorent, d’autres qui ne peuvent pas le sentir. Il a provoqué sa part de débats, de réactions et de controverses. Mais la réalité humaine est que certaines personnes n'aiment pas les gens talentueux... par jalousie.
La vérité est que Renaud Lavoie mange Marc Denis au petit déjeuner. Hier soir, il a donné une leçon cinglante à RDS.
Il a démontré pourquoi TVA Sports a intérêt à conserver des personnalités capables de créer quelque chose autour du match. Il ne livre pas uniquement de l’information. Il crée une ambiance. Il ajoute du contenu autour du contenu.
Pendant que TVA Sports peut compter sur des journalistes qui vont sur le terrain, qui cherchent les histoires et qui tentent de rapprocher le public des joueurs, RDS continue de miser lourdement sur une formule qui donne parfois l’impression de tourner en rond.
Guy Carbonneau, Vincent Damphousse et plusieurs autres visages établis possèdent une immense expérience, personne ne peut leur enlever ça. Mais l’expérience ne suffit plus nécessairement à elle seule pour retenir une nouvelle génération de téléspectateurs.
Le public veut du rythme, des réactions, des informations exclusives, des anecdotes, des coulisses et surtout l’impression que quelqu’un lui raconte ce qui se passe réellement autour de la glace.
TVA Sports possède avec Renaud Lavoie une pièce importante de ce casse-tête. Le journaliste peut parfois provoquer des réactions très fortes, mais il possède quelque chose que les réseaux sportifs recherchent normalement à tout prix : une personnalité identifiable et une capacité à créer des moments.
Quand Lavoie arrive avec une information exclusive du moment, le téléspectateur sait qu’il ne regardera pas simplement une répétition du point de vue endormant de Denis.
Il risque d’apprendre quelque chose qu’il n’aurait jamais su en regardant la partie seul.
Lavoie ramène le hockey au niveau humain. Les joueurs ne sont plus seulement des numéros sur une feuille de pointage. Ce sont des gars qui parlent, qui se chamaillent, qui se frustrent, qui rient, qui se provoquent et qui vivent des situations parfois complètement absurdes pendant une partie.
Dans un marché où les deux grands réseaux sportifs québécois doivent constamment se battre pour leur pertinence, posséder des personnalités capables d’amener le public directement dans le feu de l’action devient un avantage énorme.
À Marc Denis d'aller chercher son émotion à lui. Sa dictée de français, on n'en veut plus.
