Samuel Montembeault retourne chez lui: difficile de ne pas penser à la suite

Samuel Montembeault retourne chez lui: difficile de ne pas penser à la suite

André Soueidan
Le 2026-09-20

Samuel Montembeault va retourner dans un endroit qui lui rappelle ses débuts au hockey… au moment même où son avenir avec le Canadien de Montréal n’a jamais paru aussi incertain.

Lundi soir, Montréal affrontera les Sénateurs d’Ottawa au Colisée Vidéotron de Trois-Rivières dans le cadre du match de Kraft Hockeyville, une soirée organisée pour célébrer Saint-Boniface, communauté gagnante du concours.

L’aréna de Saint-Boniface ne pouvait toutefois pas accueillir la rencontre en raison de sa capacité et de contraintes logistiques.

Pour Montembeault, le décor sera donc différent, mais le symbole demeure puissant.

Natif de Bécancour, le gardien a grandi à une trentaine de minutes de Saint-Boniface et possède même une maison à cinq minutes de l’aréna.

« Ma conjointe et moi, on vient de ce coin-là. On a une maison à cinq minutes de l’aréna. L’été, chaque fois que je conduis, je passe devant. Ce sera vraiment spécial de jouer un match là-bas », a raconté Montembeault.

Le Québécois a aussi replongé dans ses souvenirs de jeunesse en racontant qu’il avait disputé plusieurs matchs à cet endroit, avec une anecdote qui a fait rire tout le monde lorsqu’il s’est souvenu qu’il y avait parfois de la glace… en dehors de la glace.

Une façon bien à lui de se rappeler les conditions plutôt modestes de l’époque.

La scène pourrait simplement être celle d’un joueur heureux de revenir dans son coin de pays. Sauf qu’à Montréal, impossible de regarder cette histoire sans penser à ce qui se passe actuellement devant le filet.

Quelques jours avant ce retour aux sources, Montembeault savait déjà qu’il devait se battre pour conserver son poste.

Kent Hughes a été très clair: le Canadien est prêt à commencer le camp avec trois gardiens, mais il ne veut probablement pas amorcer la saison avec trois hommes devant le filet.

Jakub Dobeš et Jacob Fowler font partie de l’équation, et seul Fowler peut être envoyé à Laval sans passer par le ballottage.

Autrement dit, Montembeault joue avec une réalité que les émotions de cette soirée en Mauricie ne peuvent pas effacer.

Peu importe l’accueil qu’il recevra, peu importe les souvenirs qui reviendront lorsqu’il regardera cette patinoire où il a joué enfant, une décision importante l’attend au bout du chemin.

Martin St-Louis, de son côté, répétait après le dernier match préparatoire que les joueurs doivent être placés dans différentes situations afin de pouvoir être réellement évalués.

Pour lui, les répétitions et l’expérience permettent aussi aux jeunes joueurs de réduire leur stress et de gagner en confiance.

Le principe s’applique particulièrement bien au dossier de Montembeault, même si St-Louis ne parlait pas directement de lui dans cette portion de son point de presse.

Le gardien de 29 ans n’est plus un jeune espoir que l’organisation doit simplement découvrir.

Le Canadien connaît ses qualités, connaît ses difficultés et sait surtout ce qu’il est capable de faire lorsqu’il joue avec confiance.

La saison 2025-2026 a toutefois compliqué sérieusement son dossier, au point où Dobeš a fini par prendre le contrôle de la situation et où Fowler a obtenu une place importante dans la deuxième moitié de la campagne et durant les séries.

Après sa rencontre hier, Montembeault a d’ailleurs reconnu à quel point ce retour au jeu comptait pour lui.

« Ça fait du bien. Ça faisait tellement longtemps que je n’avais pas joué. La dernière fois, c’était à la date limite des échanges l’an dernier. Je suis vraiment heureux. J’étais nerveux avant le début du match. »

Le gardien venait donc de retrouver la glace après plusieurs mois d’attente, avec toute la pression qui accompagne actuellement sa situation devant le filet.

Difficile de demander meilleur moment pour commencer à reprendre confiance.

Voilà pourquoi cette soirée à Trois-Rivières pourrait prendre une saveur particulière.

Montembeault va retrouver une partie de son passé pendant que son avenir demeure suspendu quelque part entre Montréal, Laval et une éventuelle transaction.

Le hockey est parfois cruel de cette façon: tu peux revenir presque chez toi, devant les gens qui t’ont vu grandir, tout en sachant que ton prochain arrêt pourrait être ailleurs.

Pour Montembeault, le message demeure pourtant simple.

Profiter du moment, jouer son match et continuer à donner des raisons à Kent Hughes de le garder dans la conversation.

Il retourne chez lui… mais la vraie question est maintenant de savoir où il reviendra après le camp.

À suivre…