Owen Beck n’a plus d’avenir à Montréal.
Il faut commencer à se rendre à l’évidence : le joueur de centre-plombier est en train de devenir un joueur de la LNH qui n’a simplement pas de place à Montréal.
La situation est horrible pour Beck parce que le jeune centre continue de faire exactement ce qu’on lui demande lorsqu’on lui donne une chance.
Samedi soir, il a encore été l’un des meilleurs joueurs de son groupe. Il a remporté 9 de ses 13 mises en jeu, soit 69 %, il a travaillé sans relâche en échec avant et il a été responsable défensivement. Martin St-Louis lui-même a reconnu qu’il avait très bien joué, qu’il avait été visible et physique.
« Je trouve qu’il a très bien joué, a estimé son entraîneur. Il a été visible, il a été physique… Ça fait juste trois jours que le camp est commencé, mais à date, il fait du bon travail. »
Mais voilà le problème : ça ne suffit pas.
Sur papier, le Canadien possède déjà trop de centres et trop d’attaquants sous contrat pour lui garantir une place. Et même lorsqu’un joueur comme Beck livre une excellente performance, il ne semble pas y avoir de chaise qui l’attend à Montréal.
Même en tant que réserviste.
Beck n’est pas un joueur qui ne mérite pas la LNH. Au contraire. Il possède exactement le genre de qualités qui permettent normalement à un jeune centre de gagner sa place : mises en jeu, responsabilité défensive, intelligence, travail acharné et capacité à jouer dans les trois zones.
Il lui manque peut-être le petit côté spectaculaire qui attire immédiatement l’attention, mais il fait les petites choses qui font gagner des matchs.
Et pourtant, Montréal continue de lui fermer la porte car l'organisation n'a tout simplement pas besoin d'un autre plombier.
Le Canadien l’a déjà envoyé à Laval par le passé, et il a encore été rappelé durant la dernière saison. Maintenant, avec la formation qui s’est encore renforcée, son chemin vers Montréal devient encore plus étroit.
Pour ne pas dire impossible.
Et il y a cette fameuse transaction avec les Islanders à l'été 2025 qui rend la situation encore plus difficile à avaler.
Montréal a finalement obtenu Noah Dobson en envoyant Emil Heineman et les choix de première ronde 16 et 17 aux Islanders. Owen Beck ne faisait pas partie de la transaction finale.
Tout le monde sait que Beck a été proposé au départ, mais Mathieu Darche n'en voulait pas. Il a demandé Heineman.
Quelle humiliation pour le jeune centre.
Car il y a une différence entre ne pas avoir suffisamment de place dans ton équipe et constater que ton propre club t’utilise comme monnaie d’échange dans des discussions sans parvenir à convaincre l’autre formation de te vouloir.
Beck semble maintenant être devenu le fameux « throw-in » dans les discussions récentes du Canadien sur le marché des transactions.
Il aurait fait partie de plusieurs scénarios explorés par Montréal : dans les discussions avec Columbus pour Kirill Marchenko, mais aussi dans des offres concernant Dylan Larkin à Detroit.
Le Canadien continue de considérer Beck comme un actif échangeable, mais sans lui donner pour autant une véritable place dans sa propre formation.
On le garde sous la main, on l’ajoute à des packages, on l’utilise pour améliorer une offre, mais on ne va jamais lui ouvrir la porte à Montréal.
À ce stade, le meilleur service que le Canadien pourrait rendre à Owen Beck serait tout simplement de l’envoyer ailleurs.
Mais le pauvre retrouve dans une situation où son meilleur moyen de faire monter sa valeur serait justement de jouer régulièrement dans la LNH.
Mais Montréal ne lui donne pas cette possibilité.
C’est un cercle vicieux.
Tu ne joues pas assez, donc tu ne peux pas démontrer ta valeur. Tu ne peux pas démontrer ta valeur, donc tu deviens plus difficile à échanger. Et pendant ce temps, d’autres jeunes prennent les places devant toi.
La question à un million de dollars: pourquoi son agent ne demande-t-il pas une transaction?
À un certain moment, il faut penser au joueur.
Owen Beck a besoin de jouer.
Il a besoin d’une équipe qui va lui donner 12, 13, 14 minutes par soir, des mises en jeu importantes, du désavantage numérique et la possibilité de démontrer qu’il peut devenir un centre régulier de la LNH.
À Montréal, cette porte est fermée à vie.
Quel domage.
Le pire scénario pour Beck, ce n’est pas nécessairement de commencer à Laval. Le pire scénario, c’est de passer une autre saison à être assez bon pour qu’on ne puisse pas l’abandonner, mais pas assez prioritaire pour qu’on lui fasse une véritable place.
Il risque de devenir ce joueur pris entre deux mondes : trop bon pour être considéré comme un simple espoir, mais pas suffisamment valorisé pour devenir un membre régulier du Canadien.
Et là, son agent doit regarder la situation et se poser une question très simple :
À quoi bon rester à Montréal si le Canadien n'a pas de place pour lui?
Beck va devoir penser à sa carrière avant de penser à son attachement au Canadien.
Et s’il continue de performer comme il l’a fait samedi soir sans que sa situation change, il deviendra de plus en plus difficile de lui demander de patienter.
Owen Beck est un joueur de la LNH. Mais peut-être que son avenir dans la LNH ne sera tout simplement pas à Montréal.
