Ouch. Celle-là, elle va faire mal à Montréal.
Brendan Gallagher vient de raconter sa version de son départ du Canadien et a décidé d'attaquer directement Kent Hughes.
Il vient tout simplement de remettre en question la version qui avait été présentée au public quelques mois plus tôt.
On se souvient tous de la sortie de Gallagher à la fin de la dernière saison. Il avait été profondément émotif devant les médias, avait parlé de son désir de continuer à jouer et avait clairement ouvert la porte à un départ.
Il pleurait toutes les larmes de son corps:
La réaction avait été immédiate : Gallagher voulait une transaction. Son agent avait ensuite obtenu la permission de discuter avec d’autres équipes et le Canadien avait finalement trouvé une entente avec Vancouver. À l’époque, Kent Hughes présentait son départ comme une demande venant d’abord du vétéran.
Mais Gallagher vient maintenant raconter une histoire... qui traite Hughes de menteur...
Dans une entrevue accordée à Thomas Drance (The Athletic), Gallagher explique qu’il n’était pas à la recherche d’une porte de sortie de Montréal. Il voulait rester. Il voulait continuer à faire partie du groupe. Il voulait aider.
« J’ai connu tellement d’années incroyables à Montréal et je ne cherchais pas à partir. Je voulais en faire partie et aider. J’ai fait ce qu’on me demandait en tout temps. Il y avait de la frustration et tout ça, mais j’étais engagé. Je faisais partie de l’équipe. »
« Et maintenant, cet été, on m’a demandé de ne plus en faire partie. »
Voilà.
Pas besoin que Gallagher prononce le nom de Kent Hughes.
Pas besoin qu’il dise directement que le directeur général lui a menti.
Le message est clair comme de l'eau de roche.
Le Canadien avait volontairement donné l’impression que Gallagher avait lui-même atteint le point où il voulait regarder ailleurs.
Montréal avait utilisé son émotion pour manipuler la réalité.
Ce n’est pas lui qui se serait présenté à Kent Hughes en disant : Je ne veux plus être ici.
C’est plutôt l’organisation qui lui aurait fait comprendre : Nous ne voulons plus vraiment que tu sois ici.
Et lorsqu’un joueur qui a passé 14 saisons dans la même organisation raconte ça quelques mois après son départ, il est impossible de ne pas avoir des sueurs froides dans le dos.
Gallagher cherche à incendier le Canadien.
« Ils ne voulaient plus de moi. Alors tu cherches une situation où tu peux aller avoir du plaisir à jouer, avoir du plaisir sur la glace, où ta famille est bien installée et où tout est simplement parfait. »
La sortie de Gallagher a pour but de se venger, car il s'est senti trahi.
« J’aime l’équipe, j’aime cette ville et je voulais faire partie de ce que ce serait. »
Ça devient malaisant.
Le Canadien pouvait respecter Gallagher et vouloir lui donner le choix de partir.
Gallagher pouvait aussi comprendre que l’organisation ne voulait plus vraiment de lui et accepter de chercher une nouvelle équipe.
Mais la façon dont Gallagher raconte maintenant la séquence donne clairement l’impression qu’il n’était pas celui qui poussait pour sortir de Montréal.
Aujourd'hui, il voulait que cette histoire devienne une véritable guerre publique.
Et jure qu'il ne fait plus de cauchemars en pensant à Kent Hughes.
« Je ne suis pas amer à propos de quoi que ce soit. Je suis simplement excité pour cette année. »
Mais il en profite pour régler tous ses comptes.
Il parle de son utilisation honteuse par Martin St-Louis.
Il revient sur le fait qu'on l'a rejeté des séries.
Il critique la façon dont son départ a été géré.
Il accuse l'organisation d'avoir menti de manière tellement subtile.
Gallagher avait été bouleversé par son utilisation durant les séries et par le fait d’avoir regardé une grande partie du parcours depuis les gradins.
Sa déclaration avait créé une onde de choc dans l’organisation et plusieurs joueurs avaient eux-mêmes été surpris par la tournure des événements.
À partir de ce moment-là, le dossier Gallagher était devenu public et tout le monde pensait que c'était lui qui avait exigé un échange.
Le dossier aurait pu se terminer là.
Une légende du Canadien quitte Montréal de son plein gré.
Une nouvelle aventure commence à Vancouver.
Tout le monde tourne la page.
Mais Gallagher vient de la rouvrir.
« Je ne cherchais pas à partir. »
Il sent que sa réputation a été salie.
Brendan Gallagher n’est pas n’importe quel ancien joueur.
C’est l’un des visages les plus importants du Canadien de la dernière décennie.
Il a porté ce chandail pendant 14 saisons.
Il a joué malgré des blessures.
Il a accepté différents rôles.
Il a traversé la reconstruction.
Il ne pardonnera jamais à Kent Hughes d'avoir menti à son sujet.
