Ça chauffe entre Martin Biron et Dany Dubé, qui se répondent du tac-au-tac sur les ondes du 98,5 FM.
L'analyste de Buffalo et celui de Montréal regardent exactement la même série… et arrivent pourtant à deux conclusions complètement opposées.
Ce n’est pas juste une divergence d’opinion normale entre analystes qui sont tentés de supporter leur propre équipe. On sent vraiment de la tension entre les deux hommes sur le réseau Cogeco, alors que l'un détruit les arguments de l'autre... et vice-versa...
Quand on les écoute défendre leur point, on comprend rapidement qu’il y a presque une bataille philosophique sur ce que cette série Montréal-Buffalo représente vraiment.
D’un côté, Martin Biron voit une machine beaucoup plus profonde et structurée du côté des Sabres de Buffalo. De l’autre, Dany Dubé croit que le Canadien possède les bons ingrédients pour faire dérailler cette structure.
Martin Biron, qui connaît Buffalo mieux que personne, ne cache absolument pas sa confiance envers les Sabres. Selon lui, le Canadien n’affrontera pas du tout le même genre d’équipe que le Lightning de Tampa Bay.
Au point de "caller" une victoire des Sabres en 6 matchs.
« Ils savent qu’ils n’ont pas un Anthony Cirelli pour vraiment jouer défensif comme ils l’ont fait contre Suzuki et Caufield. »
Alors les Sabres vont manger le CH... offensivement...
Pour Biron, la série ne se jouera même pas nécessairement autour du premier trio. Selon lui, c’est la profondeur des Sabres qui risque d’étouffer Montréal.
« La profondeur des Sabres de Buffalo… les deux lignes du milieu, les deuxième et troisième trios, vont être meilleures que celles du Canadien. C’est là que la série va se jouer. »
Et quand il commence à décortiquer les affrontements possibles, on comprend rapidement pourquoi il croit autant à Buffalo.
« Si Thompson et Tuch avec Krebs jouent contre Suzuki, ça veut dire que McLeod, Zucker et Quinn vont peut-être jouer contre Evans, Newhook et Demidov. Après ça, tu te ramasses avec Josh Norris… »
Puis Biron a des étoiles dans les yeux en parlant de Zach Benson.
« Benson, c’est un Claude Lemieux. Je te le dis. Je l’ai dit il y a deux ans quand je l’ai vu à l’entraînement. J’avais dit : ce petit maudit-là, c’est un Claude Lemieux. »
« Ce qu’il a fait contre les Bruins de Boston en première ronde, c’est exactement ça. Performance sérieuse. Il est achalant. »
Dans la tête de Biron, Buffalo a simplement plus de vagues offensives capables d’attaquer sans arrêt.
Il voit aussi une équipe des Sabres beaucoup plus mature qu’avant.
Une équipe plus lourde.
Plus disciplinée.
Plus structurée.
Et quand il parle de l’ambiance actuelle à Buffalo, on sent presque l’émotion dans sa voix.
« Une génération de jeunes à Buffalo n’a jamais connu les séries. C’est beau à voir. »
Et c’est là que Dany Dubé arrive pour envoyer promener Biron. Mais tel un serpent, il lance avant tout des fleurs à l'adversaire... avant de l'enfoncer...
Dubéi aussi respecte énormément les Sabres. Lui aussi reconnaît que Buffalo représente un défi beaucoup plus complexe que plusieurs Québécois semblent le croire.
« Les Sabres n’ont pas été intimidés par la robustesse des Bruins au premier tour. »
Dubé insiste aussi sur la qualité défensive de Buffalo.
« Leur brigade défensive est lourde et mobile. »
Il souligne même un détail qui l’inquiète particulièrement :
« Les Sabres ont inscrit 15 de leurs 20 buts à cinq contre cinq au premier tour. »
Et il développe ensuite un point qui revient constamment dans son analyse : l’implication offensive des défenseurs des Sabres.
« Les défenseurs des Sabres ont inscrit six buts en six matchs en première ronde. »
Selon Dubé, la façon dont Rasmus Dahlin, Mattias Samuelsson et Bowen Byram attaquent profondément l’enclave crée un problème très difficile à gérer.
« C’est très inhabituel de voir autant de défenseurs s’impliquer profondément en territoire adverse. »
Mais malgré tous ces arguments favorables à Buffalo, Dubé continue de croire au Canadien.
Pourquoi?
Parce qu’il pense que Montréal possède certains avantages précis qui peuvent complètement faire basculer la série.
D’abord : Jakub Dobeš.
« Dobeš sera meilleur que Lyon. »
Et Dubé rappelle un élément important :
« Lyon n’a pas connu beaucoup de succès en carrière contre le Canadien. »
Ensuite, il revient à un sujet devenu obsessionnel autour de cette série : les mises au jeu.
« Le CH aura l’avantage dans la protection de l’avance en fin de match grâce à la qualité de ses joueurs de centre dans le cercle des mises au jeu. »
Les chiffres qu’il avance sont presque humiliants pour Buffalo.
Sabres :
46,9 % en saison.
43,8 % en séries.
Canadien :
51 % en saison.
56,6 % en séries.
Dubé croit sincèrement que Martin St-Louis peut étouffer certains moments importants grâce à Suzuki, Evans et Danault.
Puis il arrive au cœur du dossier : le réveil offensif du premier trio du Canadien.
« Les meilleurs éléments du Tricolore produiront plus. »
Dubé reconnaît que le trio Suzuki-Caufield-Slafkovsky a été moins dominant que celui de Thompson.
Mais il ajoute immédiatement un bémol important :
« Le Canadien a affronté un adversaire plus dangereux que les Sabres au premier tour. »
Il croit que le retour de Noah Dobson peut changer complètement le portrait offensif du CH.
« Noah Dobson amènera de l’offensive à partir de la ligne bleue, mais surtout de la confiance en zone défensive grâce à son calme avec la rondelle et son efficacité en relance. »
Au final, Dubé voit une série beaucoup plus serrée que Biron.
Il pense que Montréal donnera moins d’espace aux Sabres que Boston.
Il pense que Dobeš peut encore voler des matchs.
Il pense que Suzuki retrouvera plus d’espace offensivement.
Sa conclusion est claire :
« Pour toutes ces raisons : Canadien en six parties. »
Dubé semble un peu trop confiant : cette série n’a rien d’une formalité pour les Canadiens de Montréal.
À Buffalo, plusieurs ont l’impression que leur profondeur va étouffer le CH.
À Montréal, plusieurs croient que Martin St-Louis a trouvé une recette capable de survivre à n’importe quel style de série.
Et quand deux analystes aussi expérimentés arrivent à des conclusions opposées avec autant d’arguments solides… ça dit tout sur le niveau de tension qui entoure cet affrontement.
Notre prédiction? Canadiens en 7.
