Alexander Zharovsky commence à vivre le côté beaucoup moins glamour du métier de hockeyeur : les rumeurs de transaction.
Depuis des semaines, son nom se retrouve dans différents scénarios de transactions impliquant le Canadien.
Toronto pour Knies, Columbus pour Marchenko, Detroit pour Larkin : son nom aurait circulé dans plusieurs discussions et dans différents montages de transactions. On parle de choix de première ronde, d’Adam Engström, de combinaisons impliquant plusieurs actifs.
Le problème pour Zharovsky, c’est qu’à force de le proposer partout, le marché commence à se demander pourquoi Montréal veut autant s’en débarrasser.
En attendant, Knies a été échangé à Columbus pour Marchenko. Double défaite pour Kent Hughes.
Et pendant ce temps, le début de saison de Zharovsky dans la KHL ne fait absolument rien pour calmer les discussions autour du kid. Zharovsky connaît un début de campagne beaucoup plus tranquille que la saison dernière.
Après 10 matchs, il affiche un but et 5 passes, dont 2 mentions d’aide secondaires, pour 6 points. Son unique but est même venu dans une séquence catastrophique, alors que le gardien adverse s’était complètement aventuré à l’extérieur de son filet.
Au moins, il a effectué une passe magique aujourd'hui:
Le talent est toujours là, mais le fameux Zharovsky explosif de la saison dernière n’est pas encore revenu.
Dire qu'on certains le comparaient à Ivan Demidov.
Ivan Demidov est arrivé à Montréal et a immédiatement montré qu’il était capable de changer un match. Zharovsky, lui, est encore dans une phase où il doit prouver qu’il peut devenir ce genre de joueur. Son début de saison en Russie n’est pas catastrophique, mais il ne fait certainement pas monter sa valeur.
Et c’est là que les rumeurs deviennent dangereuses pour lui. Quand un jeune espoir est proposé dans transaction après transaction, sa valeur ne reste pas automatiquement intacte.
Les autres équipes savent que Montréal tente de l’utiliser comme monnaie d’échange. Elles savent également que Michael Hage est un joueur que plusieurs formations convoitent davantage.
Detroit, notamment, aurait de l’intérêt pour Hage si Larkin accepte d’inscrire les Red Wings sur sa liste d’équipes potentielles. Le marché parle. Et pour l’instant, il parle davantage de Hage que de Zharovsky.
Le Canadien aurait pourtant essayé de construire des offres intéressantes autour de Zharovsky. Un choix de première ronde par-ci. Deux choix par-là. Adam Engström ajouté au montage. Des combinaisons avec Kirby Dach ou Oliver Kapanen pour tenter d’aller chercher un joueur établi.
Zharovsky a été placé dans suffisamment de scénarios pour que son nom commence à être connu partout dans la LNH. Sauf que Montréal se heurte constamment au même problème : les équipes veulent les meilleurs actifs du Canadien, et Hage fait partie de ceux qu’elles demandent.
Pendant ce temps, Zharovsky doit gérer une autre réalité : son rôle à Salavat Ioulaïev Oufa. Son équipe est meilleure cette saison et fait partie des puissances de la KHL, ce qui peut réduire certaines occasions offensives dont il profitait l’an dernier.
Il joue toujours plus de 13 minutes par match, comme la saison précédente, mais son influence sur les rencontres n’est pas la même. Il doit retrouver son rythme.
Et imaginez la pression. Tu sais que ton nom circule dans les bureaux de plusieurs directeurs généraux de la LNH. Tu sais que ton équipe actuelle pourrait être temporaire. Tu sais que Montréal te place dans des packages pour tenter de réaliser une grosse transaction. Puis tu retournes sur la glace et tu dois simplement produire, comme si rien ne se passait.
Zharovsky n’est évidemment pas fini. Dix matchs ne déterminent pas la valeur d’un jeune joueur. Mais le timing est mauvais. S’il veut redevenir une véritable monnaie d’échange premium pour Kent Hughes, il doit commencer à produire.
Chaque but, chaque grosse performance et chaque séquence dominante en KHL peuvent faire remonter sa valeur. À l’inverse, chaque semaine tranquille donne encore plus de poids aux équipes qui préfèrent demander Hage.
Le Canadien veut faire une grosse transaction? Parfait. Mais il va falloir que Zharovsky recommence à jouer comme le jeune joueur que Montréal avait suffisamment aimé pour le sélectionner.
Pour l’instant, le marché lui envoie un message assez clair : Hage attire les appels, Zharovsky attire les discussions. Et la différence entre les deux pourrait finir par coûter cher au Canadien.
