Triste sortie publique: Virginie Bruneau et Sébastien Delorme ont vécu l'enfer de Kirby Dach

Triste sortie publique: Virginie Bruneau et Sébastien Delorme ont vécu l'enfer de Kirby Dach

David Garel
Le 2026-06-03

Le cas de Kirby Dach et celui de Virginie Bruneau n’ont absolument rien à voir sur le papier.

L’un est un joueur des Canadiens de Montréal critiqué pour ses performances sur la glace.

L’autre est la conjointe d’un acteur québécois connue malgré elle à cause de sa relation avec Sébastien Delorme.

Deux univers complètement différents.

Deux histoires sans lien.

Et pourtant, lorsqu’on regarde ce qui s’est produit dans les deux dossiers, une même question finit par émerger.

Avons-nous un problème collectif avec le bonheur des autres au Québec?

La question mérite d’être posée.

Dans le dossier Kirby Dach, la critique sportive a rapidement cessé d’être uniquement sportive.

Après ses difficultés sur la glace, après ses blessures, après certaines erreurs coûteuses, la situation a dégénéré au point où lui et sa conjointe Jordan Vanderveen ont disparu des réseaux sociaux.

Selon plusieurs témoignages relayés, les attaques ne visaient plus seulement le joueur.

On commentait sa vie personnelle.

On attaquait son couple.

On attaquait sa conjointe.

On attaquait son apparence physique.

On attaquait tout ce qui n’avait plus rien à voir avec le hockey.

Et lorsqu’on franchit cette ligne, on ne parle plus d’analyse sportive.

On parle d’autre chose.

En même temps, une autre histoire secoue le Québec.

Cette fois, il ne s’agit même pas de hockey.

Virginie Bruneau et Sébastien Delorme racontent publiquement l’enfer qu’ils vivent depuis le début de leur relation.

À cause de leur différence d’âge.

Rapidement, les commentaires ont commencé à pleuvoir sous les publications. Certains internautes ont écrit : « Coudon, y est-tu p*dophile? »

D’autres ont demandé si Sébastien Delorme avait « adopté sa blonde en Thaïlande ». Virginie Bruneau a aussi été traitée de « profiteuse », de « toutoune », de « poupée gonflable » et de plusieurs autres insultes visant directement son apparence physique.

Tout ça pour une seule raison : une femme de 26 ans est en couple avec un homme de 55 ans.

Les commentaires sont d’une violence difficile à comprendre.

“Je me suis fait traiter de tous les noms”, a expliqué Virginie Bruneau.

Elle affirme avoir reçu des milliers de commentaires haineux au fil des années.

Dans une entrevue accordée à Patrick Lagacé, elle a reconnu que cette haine avait eu un impact profond sur son estime personnelle.

“Ça m’atteint. Je peux faire semblant autant de fois que je veux de dire que ça ne m’atteint pas, mais la vérité, c’est que ça m’atteint.”

Car derrière chaque publication, derrière chaque photo, derrière chaque commentaire, il y a un être humain.

Exactement comme dans le cas de Kirby Dach.

Virginie Bruneau raconte qu’elle s’est regardée différemment dans le miroir après des années à lire des commentaires sur son apparence physique.

Jordan Vanderveen a vécu des attaques semblables.

Dans les deux cas, des gens qui n’ont jamais rencontré ces personnes se sont sentis suffisamment à l’aise pour juger leur corps, leur apparence ou leur valeur personnelle.

Pourquoi?

C’est la vraie question.

Dans le monde du hockey, on explique souvent cette agressivité par la passion.

Montréal est un marché intense.

Les partisans vivent chaque victoire et chaque défaite comme si leur propre réputation était en jeu.

Mais cette explication ne tient plus lorsque la conjointe d’un joueur devient une cible.

Elle ne tient plus lorsque des messages haineux sont envoyés à des membres de la famille.

Elle ne tient plus lorsqu’on parle du physique d’une personne qui n’a rien demandé.

C'est la même chose pour la pauvre Virginie Bruneau.

Pourquoi une relation entre deux adultes consentants provoque-t-elle autant de colère?

Pourquoi le bonheur affiché d’un couple devient-il un motif d’indignation?

Patrick Lagacé a posé une question intéressante durant son émission.

Pourquoi retrouve-t-on autant de femmes d’âge mûr parmi les personnes qui attaquent Virginie Bruneau?

La jeune femme a répondu avec beaucoup de franchise.

“Ce n’est pas à moi d’éteindre ma lumière pour quelqu’un qui ne sait pas vivre.”

Cette phrase s’applique aussi au monde du hockey.

Ce n’est pas à Kirby Dach de disparaître des réseaux sociaux parce que certaines personnes ne sont pas capables de distinguer une erreur de hockey d’une attaque personnelle.

Ce n’est pas à Jordan Vanderveen de subir des insultes parce que son conjoint a connu un mauvais match.

Ce n’est pas à Virginie Bruneau de cacher son amour parce que des inconnus désapprouvent sa relation.

Au fond, les dossiers Dach et Delorme-Bruneau racontent peut-être la même histoire.

Une histoire où les réseaux sociaux ont donné un mégaphone à des gens qui n’auraient jamais osé prononcer ces mots dans la vraie vie.

Comme l’a rappelé Virginie Bruneau, personne ne se promène dans la rue pour crier des insultes au visage d’un couple.

Personne ne croise un joueur de hockey à l’épicerie pour lui demander de rembourser un pari sportif perdu.

Pourtant, derrière un écran, certaines barrières disparaissent.

Le résultat est toujours le même.

Des humains qui souffrent.

Des familles qui encaissent les coups.

Des gens qui finissent par fermer leurs comptes.

Des couples qui doivent justifier leur existence.

Le Québec n’a pas le monopole de la haine en ligne.

Le problème existe partout.

Mais lorsque deux histoires aussi différentes que celles de Kirby Dach et de Virginie Bruneau finissent par se ressembler autant, il devient légitime de se demander si nous ne sommes pas collectivement en train de perdre quelque chose d’essentiel.

La capacité de critiquer sans détruire.

La capacité d’être en désaccord sans humilier.

Et surtout, la capacité de voir l’être humain avant le personnage public.