Le malaise à Columbus autour de Kirill Marchenko est en train de prendre une tournure catastrophique... et extrêmement intéressante pour le Canadien de Montréal.
À quelques jours du début du camp d’entraînement, les Blue Jackets doivent déjà composer avec plusieurs dossiers explosifs, mais celui de Marchenko est probablement le plus important pour le marché des transactions.
Son agent a déjà fait savoir qu’il ne voulait pas renouveler son contrat à Columbus après cette saison, et maintenant, les propos de Rick Bowness viennent ajouter une couche de tension supplémentaire.
Le coach des Blue Jackets a rencontré The Athletic avant le début du camp et a été questionné directement sur l’été mouvementé des Blue Jackets, notamment sur les dossiers Zach Werenski, Kirill Marchenko et Adam Fantilli.
Et lorsqu’on lui demande si la situation commence à devenir inquiétante à Columbus, Bowness répond qu’il ne veut pas se laisser distraire. Mais il prononce surtout une phrase qui peut difficilement passer inaperçue lorsqu’on parle de Marchenko :
« Les seuls joueurs que tu veux avoir dans ton équipe sont ceux qui veulent être ici. »
Voilà le fond du problème.
Marchenko a justement fait savoir qu’il ne voulait pas être là à long terme.
La relation entre le Russe et Rick Bowness est déjà horrible.. Selon ce qui circule autour des Blue Jackets, Marchenko n’apprécierait pas du tout le style de gestion de Bowness, beaucoup plus autoritaire et rigide.
Le Russe voudrait davantage de liberté dans son jeu et n’aurait pas apprécié la façon dont l’entraîneur dirige son groupe en fin de saison.
Du côté de Bowness, il a traité Marchenko de "gros soft" publiquement quand l'équipe s'est effondrée en fin de saison pour rater les séries par un cheveu.
Bowness n'acceptait pas que Marchenko refuse de sacrifier son corps, alors que selon le coach, il évitait les contacts malgré son immense gabarit.
Cette tension existe réellement entre les deux hommes et ça ne fait évidemment qu’alimenter son désir de quitter Columbus. Marchenko ne voudrait pas seulement changer d’équipe : il voudrait aussi sortir d’un environnement dans lequel il ne se sent pas à l’aise avec son entraîneur.
C’est aussi pour cette raison que Montréal représente une destination tellement attirante pour Marchenko. Il voudrait jouer pour Martin St-Louis, un entraîneur dont le style est à l'opposé de celui de Bowness.
St-Louis est un ancien joueur qui comprend ce que ça signifie de laisser un attaquant créer, prendre des risques et jouer avec confiance. Il n’est pas dans une approche où le joueur doit constamment être enfermé dans un système rigide et suivre chaque consigne au millimètre.
On parle d'un véritable conflit impossible à gérer pour les Blue Jackets.
Son contrat arrive à échéance après la saison et son agent a déjà indiqué qu’il ne prévoyait pas signer une prolongation avec les Blue Jackets.
On parle donc d’un joueur qui pourrait devenir joueur autonome avec compensation après la saison, alors qu’il vient de connaître une campagne de 27 buts, 40 passes et 67 points en 76 matchs. Il va devenir UFA en 2028.
Columbus possède donc un problème très simple : est-ce qu’on garde un joueur qui ne veut pas s’engager à long terme, pour se retrouver dans le trouble l'été prochain alors que Marchenko pourrait demander l'arbitrage pour s'assurer d'être libre à l'été 2028, ou est-ce qu’on profite de sa valeur maintenant?
Rick Bowness, lui, ne veut pas construire son vestiaire autour d’un joueur qui ne veut pas être là.
Lorsqu’on lui demande s’il a parlé directement à Marchenko de son désir de rester à Columbus, Bowness minimise les discussions :
« Je ne lui ai pas vraiment parlé, seulement brièvement. Un peu. Il a l’air bien. Il se sent bien. Je ne vois rien d’autre que les rumeurs qui puisse m’inquiéter. Si je vois quelque chose qui ne me plaît pas, je vais m’en occuper immédiatement. »
Ouch.
Bowness dit lui-même qu’il ne tolérera pas une situation qui vient perturber son vestiaire. Il a même expliqué qu’il voulait établir une culture précise à Columbus et que les joueurs devaient être pleinement investis dans le projet.
« Nous voulons que les joueurs prennent en charge ce qui se passe ici. Nous voulons qu’ils soient concentrés chaque jour, prêts à être des professionnels et fiers d’être des Blue Jackets. »
Marchenko peut-il réellement être cette personne si son intention est de quitter Columbus? Oh que non.
Et c’est exactement ce qui peut faire exploser son nom sur le marché.
Car pendant que Columbus tente de régler le dossier Adam Fantilli et de tourner la page sur un été catastrophique, le dossier Marchenko demeure suspendu au-dessus de l’organisation.
Les partisans ont déjà vécu le feuilleton Zach Werenski. Ils ont vu leur vedette défensive être liée à une transaction avant que Werenski ne décide de rester. Et maintenant, c’est Marchenko qui refuse de s’engager avec l’organisation.
Bowness tente de calmer le jeu publiquement.
Mais son message est cinglant : il veut des joueurs qui veulent être à Columbus.
C’est exactement le genre de situation dont Kent Hughes doit profiter.
Le Canadien a déjà été associé au dossier Marchenko à plusieurs reprises. Les noms qui circulent autour d’une éventuelle offre sont nombreux : Alexander Zharovsky, Oliver Kapanen, Adam Engström et Kirby Dach ont été évoqués selon les différents scénarios qui circulent.
Montréal aurait également refusé de céder Michael Hage, qui demeure une pièce extrêmement importante aux yeux du Canadien.
Mais ce n’est pas nécessairement le détail le plus important.
Le plus important, c’est que Columbus pourrait finir par avoir besoin de sortir Marchenko de son vestiaire.
Et plus Bowness insiste sur l’importance d’avoir des joueurs complètement investis, plus la situation devient toxique pour le Russe.
Bowness a d’ailleurs été très clair lorsqu’il a parlé de son groupe :
« Nous ne sommes pas ici pour niaiser, croyez-moi. »
Il a aussi prévenu que si les premiers entraînements ne lui plaisaient pas, il était prêt à complètement modifier le camp :
« Si je n’aime pas ce que je vois lors des premières séquences, le camp va devenir beaucoup plus difficile. Je vais changer complètement le camp d’entraînement. »
Marchenko doit se présenter au camp, lui qui déteste son coach.
Ça, c’est le genre de recette qui peut rapidement dégénérer.
À Kent Hughes d'en profiter.
