Plaintes envers Stéphane Waite: Cogeco est dans l'eau chaude

Plaintes envers Stéphane Waite: Cogeco est dans l'eau chaude

David Garel
Le 2026-09-15

Stéphane Waite est encore une fois au centre d’une controverse, et cette fois, le problème ne vient pas seulement de ses opinions sur le Canadien.

Le problème, c’est la crédibilité. De plus en plus de critiques circulent concernant ses interventions à Cogeco, et lorsqu’on replonge dans ses anciennes déclarations, un constat devient difficile à éviter : Waite a parfois une mémoire très sélective de ses propos déplacés.

L’exemple le plus récent est celui de Chris Kreider et Carey Price. Pendant des années, Waite a alimenté l’idée que Kreider avait volontairement fait tomber Price en 2014 et que cet incident avait possiblement coûté une Coupe Stanley au Canadien.

Il parlait de cette séquence comme d’un geste qui n’était pas simplement accidentel. Puis, maintenant que les anciennes déclarations ressortent et que les gens lui rappellent exactement ce qu’il disait, changement de ton.

Soudainement, Waite explique qu’il n’a jamais dit que Kreider avait fait ça intentionnellement.

@985fmsports 😬 Stéphane Waite, l'entraîneur de Carey Price à l'époque, est catégorique : si beaucoup de partisans n'ont toujours pas digéré l'incident, l'histoire est bien différente pour Carey Price. Ils n'en ont jamais reparlé. #gohabsgo #chriskreider #careyprice ♬ original sound - 98.5FM Sports

« J’ai jamais dit que c’était intentionnel. J’ai peut-être dit… il y a peut-être un petit peu de semi-intentionnel. »

« Non, je ne l’ai jamais eu au travers de la gorge. »

Pardon? Pendant plus de 10 ans, il est monté au front pour nous dire que Kreider avait fait exprès de blesser Price et que son "ami" Carey ne lui pardonnerait jamais.

Il se permet même de traiter les auditeurs de stupides:

« Moi, je trouve ça stupide, d’ailleurs. »

« Honnêtement, quand j’entends ça, je trouve ça ridicule. Ben non, penses-tu qu’il a eu le temps de dire : “Moi, je vais le blesser, je vais le sortir des séries” quand ça se fait vite, qu’il est en demi-échappée? »

Et il continue de mentir en changeant ses propos:

« C’est drôle parce qu’on nous fait croire dans les médias, dans certains médias, que même Carey l’a eu au travers de la gorge. Carey ne l’a pas eu au travers de la gorge. On a vraiment parlé de ça, de cet incident-là. Jamais, jamais, jamais. »

« C’est quelque chose qui est arrivé dans le fil d’une game de hockey. »

« Moi, je dis tout le temps, c’est pas Kreider, c’est la chute de Kreider qui nous a peut-être coûté une Coupe Stanley. C’est pas Kreider qui est allé intentionnellement. »

Et tout d'un coup, il réalise son mensonge et commence à bégayer:

« La seule affaire que j’ai tout le temps mentionnée, c’est… j’ai jamais dit que c’était intentionnel. »

« J’ai peut-être dit… il y a peut-être un petit peu de semi-intentionnel dans le sens que t’as des spécialistes dans la Ligue nationale qui, quand ils se font pousser ou qui… ils font rien pour empêcher la collision. »

En quelques secondes, le pauvre se contredit et se mêle dans ses histoires.

Et là, évidemment, il faut se poser une question toute simple : pourquoi avoir passé autant de temps à entretenir cette perception si, aujourd’hui, il affirme que ce n’était jamais ce qu’il disait?

Waite ajoute maintenant que tout cela appartient au passé.

« C’était en 2014. Carey n’est plus là. L’entraîneur n’est plus là. Ça fait 12 ans. Le staff n’est plus là. Le DG n’est plus là. L’entraîneur des gardiens n’est plus là. Il n’y a aucun joueur qui n’est plus là. Terminé. OK, c’est réglé. »

C'est loin d'être réglé.

Ce sont justement les anciennes déclarations qui reviennent le hanter.

Et ce n’est pas la première fois que Stéphane Waite se retrouve dans cette situation.

On se souvient de Jonathan Drouin.

Waite avait raconté publiquement des anecdotes concernant l’ancien attaquant du Canadien, notamment en se moquant de sa production offensive et de son comportement dans le vestiaire.

« On faisait même des farces à l’intérieur (de l'équipe). On disait en joke : ‘Voyons, Jo a-t-il une clause dans son contrat qui fait en sorte qu’il n’a pas le droit de scorer ?’ Des fois, il avait des occasions de marquer incroyables. Mais non, il cherchait à passer. On dirait qu’il cherche des chums dans l’équipe. C’était spécial. »

Puis Pierre Gervais avait lui aussi raconté certaines choses concernant Drouin, notamment ses arrivées aux rencontres d’équipe.

« Dans le cas de Jo, je me rappelle qu'il arrivait tout le temps ben serré, tout le temps juste aux rencontres d'équipe et je me rappelle que Claude Julien regardait tout le temps ça. Il arrivait vraiment serré. Dans ce temps là tu cours un peu après le trouble. Donc je ne suis pas vraiment surpris. »

Waite avait ensuite renchéri.

« Je me souviens tellement de Jo, t’as tellement raison Pierre, les gars s’en venaient dans la salle de vidéo et tu voyais souvent Jo rentrer en même temps dans l’aréna, les gars étaient déjà en combine et Jo était habillé en civil et venait dans le meeting parce qu’il venait juste d’arriver. »

Ces déclarations avaient provoqué une réaction extrêmement forte de l’entourage de Drouin. Son agent, Allan Walsh, avait notamment remis Waite à sa place publiquement, lui reprochant de chercher de l’attention en révélant des éléments du vestiaire et en attaquant son ancien joueur. Voici ses propos:

«À quel point c’est triste de voir Stéphane Waite, qui a été congédié du poste d’entraîneur des gardiens du Canadien, être aussi désespéré et en manque d’attention, qu’il doive faire des entrevues en revendiquant ce qui se passait dans le vestiaire du CH et en attaquant différents joueurs. Un vrai professionnel...»

Et aujourd’hui encore, le nom de Drouin revient lorsqu’on parle de la façon dont Waite utilise son passé avec le Canadien pour intervenir dans les médias.

Puis il y a Jakub Dobeš.

Là aussi, la mémoire collective n’a pas oublié.

Waite avait été extrêmement dur envers le jeune gardien. Il l’avait décrit comme arrogant, baveux et trop théâtral. Il avait même expliqué qu’il existait une ligne entre la confiance et l’arrogance et que Dobeš devait faire attention de ne pas la franchir.

« Il y a une ligne entre être confiant et être baveux. Cette ligne-là, il ne faut pas la traverser. À un moment donné, ça va te revenir dans la face. »

Il était même allé jusqu’à évoquer la possibilité que son attitude dérange certains coéquipiers.

« Il y a probablement des coéquipiers qui n’aiment pas ça. Parce qu’à un moment donné, ça crée des étincelles et ça met de l’huile sur le feu. »

Et maintenant?

Après que Dobeš a gagné des matchs, gagné la confiance du public et démontré qu’il pouvait vivre avec cette personnalité particulière, Waite a complètement changé de registre.

Voilà qu’il compare maintenant Dobeš à Antti Niemi et aux Blackhawks de Chicago de 2010, pour le rabaisser encore une fois.

« On a gagné en 2010 avec un gardien recrue et mauvais, Antti Niemi, comme on le fait avec Dobeš. »

Encore une fois : comment est-ce qu’on passe de “attention, il est trop baveux” à “il me rappelle un gardien mauvais qui a gagné la Coupe Stanley parce que son équipe est trop forte” sans jamais expliquer sa pensée, mais en continuant de cracher son venin?

Dobeš, lui, n’a pas changé.

Il parle toujours.

Il sourit toujours.

Il joue toujours avec la même confiance.

Il provoque toujours.

Il continue d’avoir cette personnalité qui dérange certains adversaires et qui plaît énormément à une partie du public montréalais.

C’est Waite qui tombe trop souvent dans le mépris et la haine.

Et c’est précisément ce genre de contradiction qui finit par agacer les auditeurs.

Parce que Stéphane Waite n’est pas un simple partisan qui lance une opinion dans son salon. Il a été entraîneur des gardiens du Canadien pendant plusieurs années. Il a travaillé avec Carey Price. Il possède donc une crédibilité particulière lorsqu’il parle de hockey et de gardiens.

Mais cette crédibilité vient aussi avec une responsabilité.

Quand tu critiques publiquement des joueurs, quand tu racontes des anecdotes de vestiaire, quand tu attaques leur caractère ou leur façon de jouer, tes paroles restent.

Et Internet ne les oublie pas.

C’est pour ça que le dossier Kreider est aussi problématique pour lui.

Pendant des années, le discours était que Kreider avait joué un rôle dans la blessure de Price et que cette chute avait marqué l’élimination du Canadien.

Aujourd’hui, devant les anciennes déclarations qui ressortent, le vocabulaire devient soudainement beaucoup plus nuancé.

« J’ai jamais dit que c’était intentionnel. »

Hum.

Mais le public, lui, se souvient de toutes ces interventions.

Et c’est là que Cogeco se retrouve avec une véritable patate chaude.

Les plaintes et les critiques concernant Waite se multiplient selon ce qui circule, et ce n’est pas uniquement parce qu’il critique le Canadien. Les gens commencent à avoir l’impression qu’il cherche systématiquement la controverse.

Le public québécois a une mémoire.

Et les archives, encore davantage.

Cogeco devra éventuellement décider si cette controverse permanente vaut encore le prix à payer.

Car un ancien entraîneur qui donne constamment l’impression de tirer sur tout ce qui bouge, puis qui change de version lorsque ses anciennes déclarations lui reviennent en pleine face?

Ça finit par lever le coeur.