Le dossier Ryan O’Reilly vient de changer de dimension.
Elliotte Friedman vient de remettre le nom du vétéran des Predators directement au centre des discussions. Dans son plus récent 32 Thoughts, l’insider de Sportsnet raconte avoir demandé à deux dirigeants de la LNH quel dossier était, selon eux, sous-estimé ou pas suffisamment discuté actuellement. Les deux lui ont donné exactement la même réponse : Ryan O’Reilly.
Wow.
Toujours selon Friedman, Kent Hughes cherche toujours son deuxième centre.
Le Canadien de Montréal serait bel et bien passé à l’action auprès des Predators de Nashville. Ce n’est plus seulement une question de savoir si Kent Hughes aime le joueur.
On sait depuis longtemps que le centre gaucher intéresse le Canadien. On sait également que Montréal cherche toujours une solution au centre de son deuxième trio.
Maintenant, la véritable question est beaucoup plus concrète : qu’est-ce que le Canadien est prêt à offrir et, surtout, qu’est-ce que Nashville peut encore raisonnablement demander?
Parce que le prix qui avait été évoqué lorsque le dossier a commencé à circuler était complètement différent de celui qui devrait être exigé aujourd’hui.
Pierre LeBrun avait rapporté que si les Predators décidaient de déplacer O’Reilly, il faudrait prévoir un choix de première ronde accompagné d’un espoir de catégorie A pour entrer dans la conversation.
C’était le prix du marché à ce moment-là. Un prix très élevé pour un joueur de 34 ans, mais Nashville avait encore du temps devant lui et O’Reilly représentait une pièce importante de son alignement.
Aujourd’hui, le portrait n’est plus le même.
O’Reilly est plus vieux. Son contrat approche de sa conclusion (agent libre l’été prochain). Il ne représente donc plus un joueur que Nashville peut contrôler pendant plusieurs saisons.
Une équipe qui l’acquiert ne met pas la main sur un centre de 35 ans avec une autre année de contrôle devant lui. Elle obtient un vétéran qui pourrait devenir joueur autonome et qui devra éventuellement décider de son avenir.
Ça change énormément la valeur d’une transaction.
Le CH a encore un trou au centre derrière Nick Suzuki. Michael Hage représente évidemment l’avenir, mais aucun de ces scénarios ne donne à Martin St-Louis un vétéran établi capable de prendre immédiatement des responsabilités importantes dans le top-6.
O’Reilly, lui, pourrait le faire demain matin.
Il vient de connaître une saison de 74 points en 81 matchs. Il a encore gagné plus de 55 % de ses mises au jeu. Il peut jouer dans toutes les situations et il possède une expérience de séries que la majorité des jeunes joueurs du Canadien n’ont tout simplement pas. Son curriculum vitae comprend une Coupe Stanley, un trophée Conn-Smythe et un trophée Selke.
Ce n’est donc pas un joueur qu’on va chercher uniquement pour mettre un peu de leadership dans le vestiaire.
Il pourrait permettre au Canadien de gagner du temps.
Kent Hughes n’a pas nécessairement besoin de trouver aujourd’hui le centre qui occupera le poste pendant les huit prochaines années. Il peut avoir besoin d’un joueur capable de tenir le fort pendant que Michael Hage poursuit son développement et que l’organisation continue de chercher la solution à long terme.
Ryan O’Reilly pourrait être cette transition.
Le fameux choix de première ronde plus l’espoir de catégorie A avait du sens comme prix de départ à l’époque.
Mais plus maintenant.
Le choix de première ronde pourrait encore être sur la table.
Le Canadien possède suffisamment de profondeur pour envisager de sacrifier un choix, surtout si le choix est protégé. Mais le deuxième morceau est beaucoup plus compliqué.
Si Nashville demande David Reinbacher, Jacob Fowler ou Alexander Zharovsky, que Montréal considère comme faisant partie de son noyau futur, Hughes va raccrocher le téléphone.
Mais le Canadien possède des jeunes qui peuvent intéresser Nashville sans toucher aux joyaux de la reconstruction. Oliver Kapanen, Owen Beck, Jayden Struble, Arber Xhekaj, Adam Engström : il y a plusieurs noms qui peuvent entrer dans une conversation.
Imaginez maintenant une offre avec un choix de première ronde protégé et un jeune comme Owen Beck.
Est-ce que c’est suffisant pour Nashville?
Selon les informations d’Elliotte Friedman, les Predators demanderaient plutôt Oliver Kapanen.
Hughes n’est pas chaud à l’idée d’envoyer Kapanen à Nashville selon ce qui circule.
Il est prêt à attendre que le prix commence à descendre.
Le scénario idéal pour Montréal, c’est que Nashville réalise qu’il est préférable d’obtenir un choix de première ronde et un jeune joueur intéressant aujourd’hui plutôt que de conserver O’Reilly jusqu’à la fin de son contrat et de risquer de ne rien recevoir en retour.
Et là, soudainement, le Canadien pourrait avoir une véritable ouverture.
Le téléphone de Kent Hughes est donc ouvert.
Nashville connaît son offre.
Le Canadien connaît son besoin.
Et maintenant, tout dépend d’une chose :
Est-ce que Chris MacFarland est prêt à comprendre que Ryan O’Reilly ne vaut plus le prix d’il y a un an?
