Depuis que Dylan Larkin a demandé une transaction aux Red Wings de Détroit, une réalité saute aux yeux dans la LNH : peu d’équipes possèdent les actifs nécessaires pour répondre aux exigences de Steve Yzerman.
Et plus on analyse le dossier, plus le Canadien de Montréal apparaît comme un joueur sérieux.
On ne dit pas ça seulement parce que Kent Hughes cherche encore son deuxième centre ou parce que Larkin cadre parfaitement avec l’identité rapide et responsable que Martin St-Louis veut imposer depuis son arrivée derrière le banc du CH.
Le CH est dans la favoris pour Larkin parce que Montréal possède exactement ce que Détroit recherche.
Certes, les deux équipes font partie de la même division, mais Steve Yzerman a déjà établi le prix pour son joueur de centre. Et le CH a tout pour le convaincre.
Quand on regarde la banque d’espoirs des Red Wings de Détroit, on comprend rapidement pourquoi Steve Yzerman ne cherche pas un gardien ni un défenseur droitier dans une transaction impliquant Dylan Larkin.
Devant le filet, Détroit est probablement l’une des organisations les plus riches de toute la LNH. Sebastian Cossa, choix de premier tour en 2021, domine encore dans la Ligue américaine et plusieurs le voient comme un futur gardien numéro un. Trey Augustine, vedette de Michigan State, est considéré par certains recruteurs comme ayant même un plafond supérieur à celui de Cossa. L'un des deux sera échangé.
Derrière eux, Rudy Guimond sort d’une saison historique avec les Wildcats de Moncton et Michal Pradel est vu comme un autre projet très prometteur. Quand une organisation possède quatre jeunes gardiens qui attirent autant d’attention, l’idée de recevoir Jacob Fowler dans une transaction devient beaucoup moins séduisante.
Même réalité à droite de la défense. Moritz Seider est déjà établi comme pilier de concession. Simon Edvinsson est en place. Axel Sandin-Pellikka a connu une entrée difficile en Amérique du Nord, mais est encore considéré comme le joyau du système.
Steve Yzerman n’a donc aucune raison de sacrifier Dylan Larkin pour obtenir un autre défenseur droitier dans le package deal. Bref, inutile d'offrir David Reinbacher.
Les informations qui circulent chez les journalistes de Détroit convergent vers la même conclusion. Leur faiblesse se trouve du côté gauche de la défense.
C’est même identifié comme le principal trou dans leur banque d’espoirs.
Dans le top-10 des meilleurs espoirs de l’organisation, un seul défenseur gaucher apparaît véritablement dans les discussions sérieuses : William Wallinder. Un défenseur de 6 pieds 4 qui possède de bonnes qualités, mais dont plusieurs recruteurs voient davantage le plafond d’un défenseur de troisième paire maximum que celui d’un pilier.
Derrière lui?
Shai Buium demeure une interrogation.
Plusieurs autres gauchers sont encore très loin de la LNH.
Pendant ce temps, Nate Danielson progresse au centre. Michael Brandsegg-Nygård, Carter Bear, Dmitri Buchelnikov et Amadeus Lombardi complètent une banque d’espoirs intéressantes au centre, mais rien d'extraordinaire.
Le besoin numéro un est un jeune défenseur gaucher.
Et c’est précisément là que le nom de Kaiden Guhle devient impossible à ignorer.
Guhle est jeune, déjà établi dans la LNH, joue à gauche. Il correspond exactement au type de défenseur que les Red Wings n’ont pas.
Quand on regarde les besoins de Détroit et les actifs de Montréal, il devient évident pourquoi plusieurs commencent à parler d’une transaction construite autour de Kaiden Guhle.
Mais Guhle seul ne suffira jamais pour obtenir Dylan Larkin.
C’est là que le nom de Michael Hage revient constamment.
Le centre du Michigan est devenu l’un des actifs les plus précieux de l’organisation montréalaise. Son profil attire exactement les équipes qui cherchent un jeune centre capable de devenir un joueur top-6 à moyen terme.
Et ce n’est pas un hasard si son nom revient dans pratiquement toutes les discussions entourant Nico Hischier, Robert Thomas ou Dylan Larkin.
Les Devils veulent un jeune centre.
Les Blues veulent un jeune centre.
Les Red Wings voudraient aussi récupérer un élément capable de devenir une pièce importante qui remplace Larkin à long terme.
Hage coche toutes ces cases.
Son développement à l’Université du Michigan lui donne encore davantage de valeur aux yeux de plusieurs organisations.
Plusieurs dirigeants voient en lui un futur centre offensif de premier plan. Au pire, un ailier top-6.
Le fait qu'il joue au Michigan, juste à coté de Détroit, rajoute de l'huile sur le feu. Steve Yzerman a été aperçu à plusieurs reprises en train d'observer les Wolverines la saison dernière.
Voilà pourquoi une structure du genre Kaiden Guhle, Michael Hage et un choix de premier tour commence à circuler dans plusieurs discussions.
Le prix est énorme.
Mais Dylan Larkin n’est pas un joueur ordinaire.
On parle d’un centre qui a dépassé les 60 points à sept reprises dans sa carrière. Un capitaine. Un joueur capable de jouer dans toutes les situations. Un patineur d’élite. Un attaquant responsable défensivement qui peut affronter les meilleurs trios adverses tout en produisant offensivement.
Le genre de joueur qui n’arrive presque jamais sur le marché.
Le Canadien possède aussi un avantage que plusieurs rivaux n’ont pas.
Les Kings de Los Angeles sont intéressés à plusieurs centres disponibles.
Le problème est simple : leur banque d’espoirs au centre est beaucoup moins attrayante. À moins d’inclure Quinton Byfield, ce qu’ils refusent catégoriquement de faire, ils n’ont pas l’équivalent d’un Michael Hage à offrir, ni d'un Kaiden Guhle
Même chose du côté du Wild du Minnesota. Danila Yurov vaut bien moins que Hage et ils n'ont pas de jeune stud comme Guhle à offrir.
Montréal arrive donc à la table avec quelque chose que plusieurs concurrents ne peuvent pas égaler : un jeune centre très convoité et un défenseur gaucher déjà capable de jouer plus de vingt minutes par soir dans la LNH.
Pour la première fois depuis longtemps, le Canadien possède les cartes nécessaires pour participer à une enchère de cette ampleur.
La vraie question n’est plus de savoir si Montréal peut présenter une offre compétitive.
La vraie question est de savoir jusqu’où Kent Hughes est prêt à aller pour enfin régler son problème au centre.
Et si Steve Yzerman va accepter d'envoyer son capitaine chez un rival de division.
Ça va chauffer entre Montréal et Détroit. On est déjà en train de suer.
