Offre pour Alexis Lafrenière: le destin de David Reinbacher en jeu

Offre pour Alexis Lafrenière: le destin de David Reinbacher en jeu

David Garel
Le 2026-06-04

Plus les jours avancent, plus plusieurs insiders de la LNH sont convaincus d’une chose : le mystérieux espoir que le Canadien de Montréal aurait été prêt à sacrifier pour Alexis Lafrenière n’était pas un espoir secondaire.

On parle d’un joueur important.

Et selon ce qui circule de plus en plus dans certains cercles de la ligue, plusieurs croient qu’il s’agissait de David Reinbacher.

Lorsque Frank Seravalli a révélé qu’une proposition impliquant Patrik Laine, un espoir et un choix au repêchage avait été discutée avec les Rangers de New York avant la date limite des transactions, plusieurs ont tenté d’identifier la pièce maîtresse de l’offre.

Le nom de Reinbacher revient constamment.

Pourquoi?

Parce que les Rangers n’avaient aucune raison d’accepter un simple choix de 1re ronde et un espoir de deuxième niveau pour un ancien premier choix au total âgé de seulement 24 ans.

Surtout que Patrik Laine était un "salary dump".

Même si Alexis Lafrenière n’est pas devenu la superstar que plusieurs imaginaient à son année de repêchage, il demeure un ailier capable de produire offensivement dans un gros marché, sur un premier trio, contre les meilleurs joueurs adverses.

Ses 24 buts et 57 points cette saison démontrent qu’il conserve une valeur importante à travers la ligue. Surtout qu'il a connu un début de saison atroce.

La question qui divise aujourd’hui les partisans du Canadien n’est donc plus de savoir si Montréal aimait Lafrenière.

La réponse est oui.

Jeff Gorton l’a repêché.

L’organisation connaît le joueur mieux que pratiquement n’importe qui.

Le véritable débat concerne plutôt son contrat.

Et c’est là que plusieurs directeurs généraux deviennent nerveux.

Lafrenière est signé jusqu’en 2032 à un salaire annuel de 7,45 millions de dollars.

Un engagement énorme pour un joueur qui continue de souffler le chaud et le froid.

À certains moments, il ressemble à un ailier de premier trio capable de produire près de 70 points.

À d’autres moments, il disparaît pendant des semaines.

Cette irrégularité explique pourquoi plusieurs équipes hésitent encore à payer le gros prix.

Car si Lafrenière explose offensivement dans les prochaines années, son contrat deviendra une aubaine.

Mais si sa production demeure coincée dans la zone des 50 à 60 points, son entente risque rapidement de devenir un poids financier important.

C’est ce qui rend ce dossier aussi excitant et risqué pour le Canadien.

D’un côté, Montréal cherche activement du talent offensif établi.

De l’autre, Lafrenière pourrait-il s'écrouler chez lui?

La même question que plusieurs se posent aujourd’hui concernant Alexis Lafrenière doit aussi être posée à David Reinbacher.

À quel point le Canadien croit-il réellement qu’il deviendra le défenseur numéro un droitier qu’on lui promet depuis son repêchage?

Depuis son arrivée dans l’organisation, Reinbacher n’a jamais réussi à s’installer durablement dans le portrait à Montréal et est hanté par la non-sélection de Matvei Michkov.

Les blessures se sont accumulées. Son développement a été ralenti. Et chaque fois qu’une occasion importante se présente, une nouvelle interrogation surgit.

Le talent est là, personne ne le nie. Mais on n'a jamais vu son calme avec la rondelle et sa supposée intelligence défensive dans les matchs préparatoires ou lors de son premier match dans la LNH.

Son coup de patin continue de séduire, mais la rondelle est devenue une patate chaude pour lui à Montréal. Reinbacher est-il damné à Montréal? Pourrait-il relancer sa carrière à New York loin de la malédiction Matvei Michkov?

À un certain moment, les projections doivent laisser place aux certitudes. Or, le Canadien est présentement à la recherche d’un défenseur droitier établi malgré la présence de Reinbacher dans son système.

Ce simple fait envoie déjà un message. Si l’organisation était convaincue qu’il est prêt à prendre ce rôle à court terme, pourquoi chercher aussi agressivement une autre solution?

C’est pour cette raison que plusieurs équipes continuent de demander son nom dans les négociations majeures. Reinbacher conserve une énorme valeur sur le marché, mais il demeure un espoir qui doit encore prouver qu’il peut rester en santé, supporter la pression et devenir le défenseur dominant que le Canadien espérait obtenir lorsqu’il l’a sélectionné aussi haut au repêchage.

Dans une transaction pour un joueur établi capable d’aider immédiatement le club à gagner, Kent Hughes pourrait être tenté d’échanger le potentiel contre une certitude.

Sacrifier David Reinbacher, ajouter un choix de premier tour et absorber l’entente de Lafrenière représente un pari gigantesque.

Un pari qui aurait pu transformer l’attaque du Canadien.

Mais aussi un pari qui aurait aussi pu devenir l’une des transactions les plus risquées du règne Hughes-Gorton.

Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que rien n’indique que l’intérêt ait disparu.

Les Rangers continuent d’évaluer leur formation.

Le Canadien continue de chercher des solutions offensives.

Et tant que New York n’aura pas complètement fermé la porte, plusieurs vont continuer de se demander si cette offre est réellement morte.

Ou si elle attend simplement le bon moment pour revenir sur la table.

Car au final, malgré toutes les interrogations entourant son contrat, Alexis Lafrenière demeure exactement le type de joueur qui pousse les dirigeants à prendre des risques.

Jeune.

Québécois.

Ancien premier choix au total.

Et encore suffisamment talentueux pour convaincre une organisation qu’une explosion offensive est toujours possible.

C’est précisément ce qui rend son dossier aussi dangereux… et aussi tentant.