On peut sentir la tension à des kilomères pour le prochain contrat d'Ivan Demidov.
Pendant que le dossier du Russe commence tranquillement à s’approcher de la table des négociations, un autre nom vient d’envoyer un message qui risque de résonner jusqu’au bureau de son agent, Dan Milstein.
Lane Hutson ne regrette absolument rien.
Et pourtant, si quelqu’un avait des raisons de regarder son contrat aujourd’hui en se demandant s’il a laissé des millions sur la table, c’est bien lui.
Le défenseur des Canadiens de Montréal a accepté une entente de huit ans évaluée à 70,8 millions de dollars, soit un salaire annuel moyen de 8,85 millions.
Un montant énorme pour le commun des mortels.
Mais un montant qui paraît ridicule lorsqu’on regarde ce que Hutson est devenu.
Aujourd’hui, Hutson n’est plus simplement un jeune défenseur prometteur. Il est déjà considéré par plusieurs comme l’un des meilleurs défenseurs offensifs de toute la Ligue nationale. Certains le placent même parmi les cinq plus influents à sa position.
Avec le plafond salarial qui explose et les contrats qui grimpent partout dans la ligue, plusieurs experts croient qu’il aurait facilement pu attendre et aller chercher beaucoup plus.
Certains parlent même de 10 à 12 millions de dollars par année
Pourtant, lorsqu’on lui a donné l’occasion de revenir sur sa décision, sa réponse a été sans équivoque.
“Je ne changerais absolument rien.”
“Je me sens tellement chanceux d’avoir pu régler ça pour longtemps et d’être ici.”
Selon Hutson, tout le monde regarde aujourd’hui les millions qu’il aurait perdus, mais personne ne parle de ce qu’il a évité.
Au début de l'année, les discussions entourant son contrat l’avaient suivi partout au point de le déconcentrer. Chaque point, chaque match, chaque conférence de presse ramenait la même question. Combien va-t-il coûter? Quand va-t-il signer? Est-ce qu’il attend? Est-ce qu’il veut plus d’argent? Hutson a reconnu que cela l'avait affecté.
Dans les coulisses, plusieurs voient ce message comme un conseil adressé à Demidov : règle ton contrat le plus vite possible et concentre-toi uniquement sur le hockey. Quand tu portes le chandail des Canadiens de Montréal, une négociation qui s’étire devient rapidement une distraction quotidienne.
Une déclaration qui risque de faire sourire Kent Hughes.
Mais qui risque aussi de faire réfléchir Ivan Demidov.
Car dans le vestiaire du Canadien, le message est toujours le même.
Les jeunes vedettes acceptent de laisser un peu d’argent sur la table pour permettre à l’organisation de bâtir un aspirant sérieux à la Coupe Stanley.
Nick Suzuki l’a fait.
Cole Caufield l’a fait.
Kaiden Guhle l’a fait.
Juraj Slafkovsky l’a fait.
Puis Lane Hutson vient de réaffirmer publiquement qu’il referait exactement le même choix demain matin.
Le capitaine Nick Suzuki n’a d’ailleurs pas caché son opinion sur ce dossier.
Lorsqu’il a été question de Demidov et de son prochain contrat, Suzuki a pratiquement lancé un appel à son jeune coéquipier.
“Je pense qu’il est vraiment un joueur qui place l’équipe en premier.”
“Je ne pense pas qu’il soit inquiet de l’argent qu’il va gagner.”
“Je pense que le fait que nous ayons tous fait ça pour l’équipe, ça aide énormément.”
Le message est clair.
Dans ce vestiaire, plusieurs leaders espèrent voir Demidov suivre la même route.
Le problème, c’est que Dan Milstein ne voit probablement pas les choses de la même façon.
Car contrairement à Hutson, Demidov se retrouve dans une position où sa valeur pourrait exploser de façon spectaculaire au cours des prochaines années.
Après une saison de 62 points à seulement 20 ans, sans évoluer de façon constante avec Nick Suzuki et Cole Caufield, plusieurs analystes sont convaincus qu’il ne fait que commencer.
S’il produit 80, 90 ou même 100 points dans un avenir rapproché, le prix d’un contrat pourrait complètement changer.
Et c’est précisément ce qui alimente les discussions.
D’un côté, le Canadien rêve d’une entente de huit ans signée rapidement.
De l’autre, l’entourage du joueur sait très bien que la patience peut parfois valoir des dizaines de millions de dollars supplémentaires.
Pendant que Nick Suzuki, Lane Hutson et plusieurs vétérans poussent discrètement vers une entente à long terme, Dan Milstein continue d’observer le marché avec une logique complètement différente.
Lui regarde ce qui s’est passé avec Nikita Kucherov. Il regarde Artemi Panarin. Il regarde les joueurs qui ont maximisé leur valeur au fil des années plutôt que de signer le plus rapidement possible.
Pour un agent comme Milstein, l’objectif n’est pas seulement de signer un gros contrat. L’objectif est de signer le bon contrat au bon moment. Quand le plafond salarial s’apprête à exploser pendant plusieurs années consécutives, les calculs changent complètement.
Tout le monde le sait. Milstrin veut un contrat à court terme pour faire exploser la valeur de son client par la suite.
Mais ce qui rend le dossier plein d'espoir pour Montréal, c’est que Demidov lui-même ne semble pas parler comme un joueur qui prépare une guerre de négociation.
“J’aime la ville.”
“J’aime l’équipe.”
“J’aime tous les gars.”
“Je veux rester ici.”
Puis il a ajouté une phrase qui n’est certainement pas passée inaperçue dans les bureaux du Canadien.
“On s’est dit que c’était important de rester ici longtemps parce que le groupe qu’on a est une équipe de Coupe Stanley.”
“Cette équipe va gagner non seulement une Coupe Stanley, mais plusieurs.”
Lorsqu’on lui a demandé si sa préférence était de signer à long terme dès que possible, sa réponse a été simple.
“Oui.”
Voilà pourquoi cette histoire devient si intéressante.
Le vestiaire pousse dans une direction.
Le Canadien pousse dans une direction.
Ivan Demidov lui-même semble pousser dans une direction.
La seule question qui demeure est de savoir jusqu’où Dan Milstein sera prêt à aller pour défendre la valeur future de son client.
Attention. On parle de l'agent le plus requin de toute la LNH.
Kent Hughes est mieux d'attacher sa tuque avec de la broche.
