Propos honteux de Jeff Gorton: le président n'a aucune excuse
Jeff Gorton. Radio-Canada

Propos honteux de Jeff Gorton: le président n'a aucune excuse

David Garel
Le 2026-09-25

Il faut arrêter de tourner autour du pot : le discours de Jeff Gorton sur la robustesse du Canadien est profondément honteux.

Après tout ce que cette équipe a vécu physiquement dans les dernières séries, après avoir été brassée contre la Caroline, après avoir vu ses petits joueurs être ciblés et son équipe manquer de répondant lorsque le hockey est devenu sale, voilà que le vice-président exécutif vient nous expliquer que Montréal ne peut pas avoir uniquement des joueurs physiques dans son alignement.

Pire encore, il affirme que le CH n’a pas besoin d’une grosse brigade défensive.

Euh, quoi? C’est une blague?

On ne demande pourtant pas au Canadien de remplir sa formation de goons. On demande qu’il y ait suffisamment de joueurs capables d’imposer leur présence lorsque les séries deviennent une guerre de territoire.

Les Panthers ont gagné deux Coupes Stanley consécutives avec une ligne bleue massive. Les Golden Knights ont gagné en 2023 avec une défensive imposante. Il existe évidemment d’autres façons de construire une équipe championne, et la mobilité est devenue fondamentale dans la LNH moderne.

Mais il y a une différence entre comprendre que la vitesse est importante et faire comme si la dimension physique était devenue secondaire.

C’est précisément ce qui inquiète à Montréal. Les Hurricanes ont démontré au printemps dernier qu’une équipe pouvait aller loin avec une défensive davantage basée sur la mobilité, mais le Canadien n’est pas obligé de copier chaque caractéristique d’une autre formation. Il doit construire une équipe capable de survivre à son propre parcours éliminatoire.

Et le souvenir des séries contre la Caroline devrait encore être assez frais pour que personne n’ait envie de refaire l’expérience.

Montréal s’est fait rentrer dedans. Les joueurs du CH ont été épuisés physiquement au fil de la série et Lane Hutson, malgré son talent exceptionnel, a fini par payer le prix de cette usure.

Cole Caufield, lui, avait peur de se casser un ongle dans le coin.

Pendant ce temps, Arber Xhekaj était dans les gradins. C’est exactement le genre de décision qui rend aujourd’hui le discours de Gorton et Hughes aussi difficile à avaler.

Kent Hughes avait déjà donné le ton à L’Antichambre lorsqu’on lui a demandé directement si le Canadien avait suffisamment de « papier sablé ». Sa réponse a été de déplacer la conversation vers la compétitivité.

« On dit papier sablé, mais je pense que c’est plus la compétitivité. Stankoven est 5’6, mais il a du chien, il est tellement compétitif. Lane Hutson peut rentrer dans le coin avec un gars de 6’4 et 230 livres et sortir avec la rondelle. »

Le problème, c’est que personne ne lui demandait si un petit joueur pouvait être compétitif. Bien sûr que oui. Logan Stankoven est un excellent exemple. Lane Hutson peut effectivement gagner des batailles malgré son gabarit. Mais ce n’est pas une réponse à la question. Une équipe peut avoir des joueurs extrêmement compétitifs et avoir besoin, en plus, de quelques gros joueurs capables de rendre la vie infernale à l’adversaire.

Florian Xhekaj devient tellement important pour cette équipe. Mais les dirigeants du CH veulent juste nous préparer mentalement avant de l’envoyer à Laval.

Martin St-Louis lui a dit qu’un bon camp ne suffisait pas. Il devait forcer la note. Florian a répondu qu’il voulait leur forcer la main. Il a ensuite fait exactement ce qu’on attendait de lui : il a frappé, il a patiné, il s’est impliqué, il a joué avec intensité et il a tenté de démontrer qu’il pouvait apporter une dimension que cette formation ne possède pas en abondance.

Puis, quelques jours plus tard, il se retrouve avec le groupe de Laval.

Puis, le lendemain, il s’entraîne non seulement avec le groupe de la LNH, mais aussi sur l’avantage numérique.

On joue avec le mental des partisans. Tout ça en nous disant qu’il faut se contenter une fois de plus… d’une équipe “soft” qui va se faire intimider.

Pendant ce temps, Arber Xhekaj continue de vivre une situation encore plus incompréhensible. On lui reproche ses erreurs défensives, ses pénalités, ses décisions avec la rondelle et ses lacunes dans plusieurs facettes du jeu.

Mais le Canadien possède aussi très peu de joueurs capables de faire ce qu’Arber peut faire physiquement. Il mesure 6 pi 4 po, il joue avec agressivité et sa simple présence peut modifier la façon dont un adversaire entre dans une zone.

Mais comme Martin St-Louis le méprise depuis la nuit des temps, Jeff Gorton vient défendre son coach en affirmant que le CH n’a pas besoin du shérif.

C’est ici que le parcours de Jeff Gorton à New York revient dans la conversation.

Le président du CH a été congédié par les Rangers en 2021 après une période durant laquelle l’organisation considérait que sa reconstruction n’avait pas suffisamment progressé, notamment sur le plan de la composition et de la robustesse de l’équipe.

On trouvait les Rangers… trop soft…

Et voilà qu’il fait la même erreur à Montréal.

Le message envoyé depuis plusieurs semaines est clair : la priorité demeure la vitesse, la polyvalence, la compétitivité et la capacité à jouer avec la rondelle.

Mais lorsque la prochaine série devient une bataille de tranchées, personne ne pourra tenir la tranchée.

Pour une équipe qui prétend vouloir gagner la Coupe Stanley dans les prochaines années, cette mentalité devient inacceptable.

Une mentalité… de perdant…